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Contes et métamorphoses
#21
Melilot "L'intérêt, ici, c'est qu'on a une inversion du motif : des hommes-cygnes au lieu de femme. Mais comme tu le signalais, laegalad, ce sont des hommes ensorcelés. Les femmes-oiseaux, jusqu'ici, sont fées."
Hm, les femmes-cygnes allemandes, c'est des princesses, pas des fées ;)

Pour ce que tu disais des inversions il me semble qu'il y a un conte japonais La femme-grue qui fait également une inversion: c'est l'histoire, si je me souviens bien, d'une grue qui se transforme en femme pour pouvoir vivre avec l'homme qu'elle aime. Mais avec le temps cet homme devient cupide, et veut devenir de plus en plus riche, alors elle l'aide à confectionner de belles étoffes, en lui demandant juste de ne pas entrer dans la chambre ou elle travaille la nuit. L'homme ne pense plus qu'a la richesse, et la femme-grue dépérit... Une nuit il entre dans la chambre, et la voit, transformée en grue, qui arrache son plus fin duvet pour faire les étoffes qu'il vent si cher. Meurtrie par sa trahison, je crois qu'elle s'envole à jamais...
C'est donc une grue qui se transforme en femme, et non une femme ensorcelée ou une fée.


J'ai trouvé la référence d'un autre livre qui pourrait être utile, mais je ne sais pas ce qu'il vaut, mais je donne le nom au cas ou quel qu'un l'aurait sous la main: Des Belles et des Bêtes. Anthologie de fiancés animaux, Collection Merveilleux n°23, par Fabienne Raphoz, Corti, 2003, et on en parle ici, avec quelques textes sur cette thématique.


Et puis, en bonus tout spécialement pour Agnès :) :
Le cygne rouge, conte indien (nordaméricain) d'une femme-cygne. Je préviens, ça va être un peu long.

C'est l'histoire de trois jeunes orphelins, qui deviennent malgré leur statut tous trois de bons chasseurs. Pour pouvoir se confectionner de grands carquois, ils partent chacun à la chasse pour pouvoir utiliser la peau de l'animal qu'ils abatteront.
Le plus jeune, Adjibwe, a beaucoup de chance, car peu avoir quitté ses frères il tue un grand ours. Tandis qu'il enlève la peau de l'ours, une créature rouge le survolle, et il entend un chant qui l'attire au bord du lac. Là il aperçoit un magnifique cygne rouge, qu'il tente immédiatement d'abattre, mais il gaspille en vain toutes ses flèches, sans même blesser l'oiseau. Il retourne alors chez lui chercher les flèches restantes de ses frères, mais là aussi il rate sa proie. Il se souvient alors que son père leur avait laissé trois flèches magique dans son sac-médecine. Il s'en va les chercher et, alors que les deux premières manquent leur but, la troisième atteind le cygne à la gorge. L'oiseau s'envole, la flèche dans la gorge, vers le soleil couchant, et Adjibwe, poussé par la peur de la réaction de ses frères lorsqu'ils constateront la disparition des flèches magique, le suit dans l'eau. Il récupère ainsi deux des flèches, et décide de partir à la recherche du cygne rouge pour reprendre la troisième.
Il marche longtemps à travers forêts et prairies, monts et vallées. Le lendemain il arrive en vue d'une ville, et on l'amène devant la tente du chef. Celui-ci, impressionné par le jeune homme,le marie à sa fille (l'a rien contre, l'Adjibwe, la femme étant si belle ;)) Le lendemain son épouse lui indique la direction qu'a prise le cygne. Il arrive dans une seconde ville le soir, et il devient à nouveau l'époux d'une jeune demoiselle encore plus belle que la précedente, qui lui indique également le lendemain la direction de l'envol du cygne.
Il reprend donc son voyage, et arrive le soir devant la cabane d'un vieux sorcier, qui le prévient des dangers de sa quête, dont nul n'est encore revenu. L'histoire se répète jusqu'au troisième sorcier qui lui raconte que ce cygne est la fille ensorcelée d'un grand homme-médecine, dont on a volé par ruse le scalp-wampun (Me demandez pas ce que c'est, c'est Agnès la spécialiste des indiens ;)) et a donc promis la main de sa fille, le cygne rouge, à celui qui le délivrerait, ce que personne n'a pu faire. Adjibwe par contre y arrive, en se changeant en colibri pour distraire les détenteurs du scalp, puis en insecte pour détacher et emmener le scalp. Il ramène celui-ci à l'homme-médecine, qui lui donne sa ravisante fille, sous forme humaine ;) comme épouse.
Le jeune indien s'en retourne donc chez lui, avec des cadeaux des trois sorciers, et récoltant au passage ses deux épouses précédentes, qu'il offre ensuite à ses frères. Mais après quelques temps ceux-ci le jalousent parce qu'ils veulent posséder la femme-cygne, mais leur ruse pour l'éliminer échoue, il les tue et vécu heureux...

Voilà, un peu long, mais je pouvais pas trop faire de lien vers la version web, elle est en allemand ;). Par contre, le fait d'être cygne et femme a l'air d'être le statut "normal" de la jeune fille, elle n'appartient visiblement pas à un autre monde. Mais sans doute qu'Agnès comprendra bien mieux que moi ce compte, et ptêt que tu pourrais nous l'expliquer un peu, du point de vue des mythologies indiennes, s'il entre dans la thématique de se fuseau...

Et maintenant je file au lit... aah, j'ai l'impression que c'est sur un certain article que j'aurais dû travailler jusqu'à c't'heure, avec un homme-lion paléolithique, et pas une femme-cygne indienne... tout ça c'est la faute d'Agnès, toujours là à m'attirer vers ici ;)

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