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Colloque Tolkien près d'Amiens (juin 2008)
#54
Hello Séb' ! Contente de te voir parmi nous, et soit le très-bienvenu !
(Je signale aussi que Séb' est Belge. Le peuple le plus valeureux d'après César. Ou il ne sait pas, finalement, d'entre les Gaulois et les Belges qui est le plus valeureux, mais en tout cas on est aussi fous les uns que les autres. Enfin, ceci pour dire que la Belgique compte un jrrvfiens de plus ;)).

Bon, concernant mon compte-rendu... je le fais version moot ou bien ? ça risque d'être long... Allons, je fais un mix.
Arrivée donc pour moi le vendredi soir au camping Les Etangs de Blangy-sur-Bresle (ça sent la France profonde ;)). Humidité absolue, chaleur relative. Plus que relative, même. Carrément absente, surtout. Donc réveil (si on peut appeler "réveil" ce qui suit une nuit à très peu dormir) tôt matin, pour aller aux conférences du samedi.
Chouette château, mais les conf' ont lieu dans un pavillon sous les arbres, à côté de la roseraie... ousqui fait froid (en réalité, j'ai passé les 3/4 du week-end à grelotter ;)), mais le cadre est beau. Tilkalin m'ayant lancé, voyant les poly distribué "Tiens, ça parle de Tuor", je me suis ruée dessus comme un Hobbit sur une omelette aux champignons / un Nain sur un monceau d'or / un Elfe sur des framboises (rayez les mentions inutiles) (heu, ruée sur les poly, je précise. Faut que je me méfie de vos doubles niveaux de lecture foireux ;)).

Nota : j'ai surtout écouté, moi aussi, ce qui me parlait, et à ça il faut ajouter que je ne suis pas universitaire du tout (en plus, mes études n'avaient rien à voir avec la littérature, ni les sciences humaines, ou pas trop du moins... donc, même si je me corrige, certaines notions étaient de trop haut vol pour moi).

C'était donc la conférence d'un certain Sébastien Marlair, "les chemins de la TdM". "Je te remercie beaucoup pour ta conférence très éclairante sur ce thème", dirait une universitaire. Bon, je n'en suis pas une, donc j'ai trouvé ça très bien. 20 minutes, c'est trop court, parce que c'est un thème qui mérite une symphonie (comme beaucoup d'autres, d'ailleurs ;)). En bref résumé, si j'ai bien compris : il y a deux modes de narration chez Tolkien, un basé sur le processus d'écho, et un autre sur la perspective. L'écho, c'est donc l'évocation d'évènement antérieurs, que le lecteur ne connait pas forcément (on retrouve ça dans Bilbo, où les "querelles" Nains/Elfes sont évoquées, alors qu'à l'époque, aucun lecteur ne pouvait savoir de quoi il parlait. C'est l'exemple qui m'était venu, mais Sébastien a beaucoup parlé de Tuor, donc j'étais contente :)). La perspective consiste, elle, à montrer les lieux/évènements/ce qui fut, ce qui est, et ce qui n'est pas encore arrivé, sous des angles différents. Les deux combinés donnent une très grande profondeur, et donne toute une dimension, une "sensation de possibles à l'intérieur du roman".
J'écourte vraiment, mais comme on a le conférencier sous la main : pourquoi ne pas ouvrir un fuseau dans le Légendaire, et lancer une discussion ? On y sera plus à l'aise pour discuter ;)
Enfin, en tout cas, j'ai bien aimé (y'avait du Tuor dedans en plus :)), et ta prestation était claire, bonne intonation, vivant.

Ensuite, c'était l'intervention, je crois, de madame Birks, Tolkien et Lewis, deux approches du thème de la tentation. Alors que Tolkien a élagué toute allusion au christianisme dans son oeuvre, Lewis fait carrément l'inverse (la dame était fan de Lewis. Moi pas des masses, j'ai été vite refroidie par les quelques lectures que j'ai pu faire, donc j'ai surtout prêté attention à la partie Tolkien, et beaucoup moins à la partie Lewis que j'avais plus de mal à suivre). Le Mal chez Tolkien (et Lewis) est une infection et défiguration, incapable de créer (j'ai noté là : cf. Yyr et Marrissement d'Arda pour pouvoir du Melkor. Mais j'ai souvent noté "cf jrrvf", alors que les universitaires ne nous connaissaient que rarement). Elle a fait mention de Saint Augustin et du désir "désordonné", contre la "marche du monde" qui serait voulue par Dieu (et là j'ai noté : cf. Tilkalin, Aule et création des Nains, contre Melko et pervertissement des Enfants) (du coup je ne sais plus vraiment ce qu'elle a dit à propos de ça, mais il y a à creuser dans la direction Sub-Création/Hommage à Dieu (dans la trame de la Grande Musique), et Marrissement (cacophonie). L'arme privilégiée du Mal est le désespoir, une ante-Espérance, qu'on retrouve chez Theoden quand il est sous la coupe de Grima, chez Saruman, et chez Boromir (mais pour lui il y a rédemption). Et Denethor, plus flagrant encore, mais je ne sais plus si elle l'a cité. Le mal agit donc en décourageant l'attente et la résignation. Mais la sollicitude bienveillante d'Eru qui qui pardonne et encourage s'oppose à la volonté d'asservissement du Melkor.

Ensuite, "Narcissisme et spiritualité dans la poétique du sujet Tolkien", de C. Chelebourg. Homme très sympathique, qui s'est intéressé aux mécanismes de l'imaginaire qui régissent l'oeuvre de Tolkien. Il a parlé de la théorie de l'imagination (cf. subcréation, Faerie. cf. aussi, c'est moi qui ai noté, l'essai sur Smith : "Faerie = Imagination" = "Love"). Il faut que le monde soit autonome MAIS différent du monde primaire, et surtout que ce soit VRAI. Cependant (re-cf Aule et la Création des Nains), l'acte de subcréation est une louange à la Création, non une moquerie : le Créateur a créé le Monde, le sub-créateur le qualifie. L'acte d'invention/d'écriture serait donc, pour Tolkien, une prière.
Le conférencier s'est aussi attaché au problème de l'allégorie, notant malicieusement que, lorsque le terme était employé dans une acception qui gênait Tolkien, il la mettait entre guillemets, ce qui n'était pas le cas quand le terme désignait l'allégorie au sens qui lui plaisait. Pour Tolkien, la meilleure allégorie (la seule), est la vie réelle ; par conséquent, une histoire ne peut être crédible que si elle est allégorique.
Citant la Lettre 306 où Tolk. utilise l'allégorie de l'Arbre comme image du développement naturel de l'homme/Faerie/Eglise, il vient à la question "Pourquoi écrire" : la littérature serait un constat serein du Mal, un rempart de la Foi, une façon de revenir au Bien initial sans se laisser perturber par le constat du Mal (c'est ce malaise qu'avouait Christopher, je crois, dans cette lettre, et qui a mené Tolk. à développer cette image).

En discussion a été lancé "Il faudrait étudier la figure de l'Arbre chez Tolkien"... ;)


Ensuite, F. Guglielmo Spirito, un religieux à la prestance incroyable (vous voyez Sean Connery jouer Guillaume de Baskerville dans le Nom de la Rose ? Ben voilà), a présenté "Gandalf the Wiser". Je n'ai pas pris de notes, puisqu'on avait le texte anglais (bonne idée, Vincent :)). Très intéressante étude de la figure du Sage, ce qui fait de lui un Sage, et sur l'aspect paternel de Gandalf. Et sur la cérémonie du couronnement (c'était en question, pas dans l'étude, à la réflexion...) : Gandalf couronnant Aragorn passe, en quelque sorte, le relai. D'ailleurs, il n'assumera plus la fonction du sage qui vient réparer, puisqu'il laissera les Hobbits nettoyer la Comté tout seul, pendant qu'il ira boire un pinte chez Bombadil ;)

Après... je n'ai pas du prendre de notes. Comme le programme était perturbé, je ne sais plus l'ordre... J'ai mes notes sur "l'Héroïsme chez Tolkien" de Cirdan qui se promènent, c'était ce jour-là... en tout début d'après-midi ? Une étude sur l'héroïsme dans le SdA et dans Farmer Gilles of Ham, qui tourne l'héroïsme en dérision. Les héros sont nobles : Gilles est fermier, par exemple. GoH (j'abrège son nom ;)) est un Picaro (mais il ne se déguise pas en Joyeux Turluron ;)) : il aime boire, est motivé par l'appât du gain et est soucieux de sa réputation.

J'ai un trou temporel, parce que on arrive au soir, je n'ai pas raconté la visite du château en début d'aprèm' (pendant laquelle Isengar et Tar Palantir sont arrivés... à l'heure ;)), et on repart déjà manger, toujours au Petit Belloy mais cette fois pour le banquet (foie gras à l'orange confite, sauce à l'orange, briochette tiède, cuillère de compote de rhubarbe rouge, sel cristal et cinq baies. Tournedos plus ou moins saignant avec un fagot de julienne de carottes, fromage et assortiments de bouchées pour le dessert. Le vin ne s'appelait pas Lance de Fer mais le nom ressemblait ;)). Fous rire à notre tablée, où nous avait rejoint Alain -- qui en a profité pour vendre trois exemplaires de son livre à trois malheureux convives :p :D L'ambiance était beaucoup plus sérieuse aux autres tables ;)
Rentrée très tard ou très tôt, c'est selon, on a réussi à se caser dans la tente sans craquer la toile, et à dormir un brin avant le lendemain.

Et la suite à demain, parce que j'ai du sommeil à rattraper, une lessive à étendre, une vaisselle à faire, etc, etc :D

S.

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