Je suis resté quelques jours sans jrrvf, et vous m'avez manqué ;-)
Je vois que mon soi-disant "démenti" sur le Château n'a pas fait sensation... éh éh... tant mieux ! N'empêche, quand
... moi je pense que ça aurait été moins confortable mais beaucoup plus excitant !
Par ailleurs, je n'en reviens pas de la connaissance des plantes de Laegalad... je suis baba ! Il faudra que tu m'apprennes un jour... car mon ignorance en ce domaine est une perpétuelle frustration... :D
Bonjour à Cleindori/Marie ! Ça m'intéresserait de savoir à quoi tu fais allusion pour Arwen, parce que là, j'ai dû manquer le coche... et puis ça permettrait de s'échauffer un peu jusqu'à ce qu'on se sente apte à lancer des fuseaux sur les interventions...
Pour la question d'Isengar et de Forfirith, à propos de la phrase "le film a au moins le mérite de prendre Tolkien au sérieux, ce qu'il craignait de ne pas être", je crois pouvoir vous aider, en rappelant d'abord qu'il s'agissait d'une intervention et non pas de l'exposé d'Isabelle Pantin lui-même (comme on le voit dans le compte-rendu), et que l'intervention était de moi si je ne me trompe... Dans le compte-rendu, c'est la syntaxe de la deuxième partie de la phrase qui peut perturber (mais on ne peut pas tout faire dans un compte-rendu déjà si admirable ;-) ) !
L'idée était toute simple... Je recadre d'abord en rappelant que, pour ma part, j'ai d'abord découvert les films avant l'oeuvre de Tolkien elle-même, que le premier volet est pour moi un chef d'oeuvre, ne serait-ce que cinématographique, malgré son côté franchement néo(zélandais-)holywoodien, que je suis d'abord entré en contact avec la Terre du Milieu de cette façon-là (et ça ne veut pas simplement dire "grâce au film, j'ai lu le livre") et que j'ai été assez surpris de découvrir que, outre un esprit critique toujours en éveil et très sain, les spécialistes de Tolkien, qu'ils soient forumeux tolkiendili ou universitaires, se positionnaient très largement contre le film, et ne lui concédaient généralement que ce que lui concède son succès populaire. Je m'arrête là, je sais que c'est un autre sujet, et je suis d'ailleurs en train d'explorer, patiemment, les longs échanges qui existent sur ce thème sur jrrvf depuis de nombreuses années !
Toutefois, j'ai été très intéressé par l'argument d'Isabelle Pantin par rapport au film, pour laquelle, d'une part, ce qui frappait en premier lieu est que "le film aurait pu être bien pire" ; et par ailleurs, que le problème était plutôt une trop grande volonté de fidélité au livre (ce n'est pas, me semble-t-il, ce qu'on dit d'habitude), qui avait pour effet de correspondre à une "poétique du collage" chez Jackson (&Walsh & Boyens), relevant d'une logique cinématographique mécaniste très ingénieuse, alors que la poétique de Tolkien n'était pas, fondamentalement, mécaniste mais organique, avec cette manière géniale de se laisser guider par l'intuition et par ce qui pousse de soi-même dans le récit ("The tale grew in the telling..." par exemple).
Or, s'en est suivi, notamment du côté des excellents forumeux présents, une critique en règle du film qui semblait mettre tout le monde d'accord, alors même que, selon moi, Isabelle Pantin avait eu l'élégance d'être au-dessus de ce débat. Du coup, voyant qu'on retombait plutôt dans l'argument "le film aurait surtout pu être meilleur !", j'ai voulu ajouter un argument simple, mais basique, à l'idée que "le film aurait pu être bien pire"... et je m'explique enfin sur la phrase "le film a au moins le mérite de prendre Tolkien au sérieux, ce qu'il craignait de ne pas être" :
J'ai souligné que Tolkien, au fond, ne s'était jamais opposé aux adaptations, théâtrales, radiophoniques, cinématographiques (à titre de scripts), en tant que telles, pas plus qu'aux traductions, et il savait que celles-ci entrainaient nécessairement des réductions et des infidélités, mais par contre, il a toujours discuté et suivi vigoureusement toutes les adaptations, avec comme principe que le minimum était que ces adaptations le prennent au sérieux, fassent preuve d'un véritable travail, et respectent les choix de l'auteur, en tout cas tant qu'il n'y a pas de nécessité à faire autrement. Or cela est vrai dans le détail comme pour l'entreprise globale. Et si, en ce qui concerne le détail, je pense que le film est plus que discutable, et c'est là que l'esprit critique en éveil des tolkiendili est précieux, par contre, l'entreprise générale me parait avoir largement "pris Tolkien au sérieux", "pris le Seigneur des Anneaux au sérieux" et fait preuve d'un véritable travail.
Voilà, j'ai triché et me suis permis de développer largement plus ;-)
Donc, une réécriture de mon intervention donnerait :
"Le film a au moins le mérite de ne pas prendre l'oeuvre de Tolkien à la légère, et c'est le minimum que Tolkien demandait à toutes les adaptations : qu'elles le prennent au sérieux".
Séb.

