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thèse
#24
Relisant le Seigneur des Anneaux ces temps-ci (histoire de vérifier que l'enchantement reste le même), je tombe en arrêt devant le miroir de Galadriel, et me rappelle soudain l'existence de ce fuseau.

Où en est alors ta thèse Aiwendil ? Est ce toujours d'actualité ? Je n'ai nul désir d'abreuver les élites du peuple de références littéraires que mes lointaines années de khâgne (rah lointaines... Pas tant que ça mais quand même) ont abandonnées sur la route de la vie professionnelle.

Non, un témoignage, une expérience vécue...
Dans ce pavé que je lis en un seul volume (édition collector svp), une phrase, quelques mots à peine retiennent mon attention et ces mots sont si évocateurs que des années après avoir lu le SDA pour la première fois, c'était cette image là très précisément qui me revenait en mémoire. Amusant comme, au milieu de ces centaines de pages, une ligne parvient à quitter le texte pour transcender l'histoire...

Voilà les phrases coupables :

Tolkien a écrit :
La vision changea alors. Brève et petite, mais très vivante, il apercut l'image de Bilbon en train d'aller et de venir nerveusement dans sa chambre. La table était couverte de papiers en desordre; la pluie battait les vitres.

Pourquoi a t-elle eu autant de poids dans mes souvenirs du livre ? Je ne sais pas, mais il me semble encore à la relire que je vois l'image de Bilbon, aller et venir dans sa chambre alors que la pluie bat les vitres.

En fait, Bilbon est là hors de l'histoire; un peu comme le lecteur. Et son image ici nous renvoie à notre image à nous, dans notre chambre encombrée par le papier - le livre.

Mais c'est surtout la pluie battant les vitres qui me fascine, me pousse à savourer chaque mot. La pluie qui bat les vitres, est une image si banale, si morose aussi... la pluie autour de la chambre, arrêtée par les vitres, le monde triste et gris qui frappe à notre fenêtre, que l'on peut voir mais qui ne nous touche pas... la pluie battant les vitres.

Effet de profondeur aussi : le miroir permet de voir une fenêtre...
Effet de surprise : comment, nous étions dans un monde si enchantée, et soudain nous assistons à cette scène si banale : la pluie frappant des vitres...

Les mots sont si simples, banals comme la réalité qu'ils décrivent. Et pourtant, la poésie de cette image est si puissante qu'elle parvient à focaliser mon imagination. Pourquoi ? C'est au contraire banal, morose, tristement réaliste.

N'est-il pas paradoxal de se souvenir, dans une oeuvre faisant la part belle à la féérie, d'une image au contraire aussi... terre-à-terre ? Mais j'ai le sentiment que dans ces quelques mots justement se cache un grand mystère du livre, peut-être la magie de l'écriture de Tolkien qui me fascine tant. En tout cas, leur puissance d'évocation est tout à fait surprenante.

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