En attendant (car j'attends ;)) ...
Je n'avais pas compris que tu me demandais des références de ce côté-là. ;-)
Vincent m'a devancé sur ce terrain dans son message du 29-07-2012 à 12:17, mais je vais tâcher de préciser le fond de ma pensée.
Mes propos s'appuient sur un constat un peu ancien, celui que j'avais fait quand j'ai commencé à m'intéresser à ce qui s'écrivait à propos de Tolkien, à l'époque de la sortie en salles des films de P. Jackson. À cette époque - il y a une dizaine d'années, déjà -, il n'y avait pas encore beaucoup d'études (aisément accessibles) à lire en français... à part le livre de Vincent, bien sûr (Tolkien : Sur les Rivages de la Terre du Milieu). Les autres livres disponibles étaient en anglais, et à l'époque un des ouvrages qui revenaient le plus souvent dans les résultats de recherche était Tolkien : Man and Myth, a Literary Life de Joseph Pearce, publié en 1998, et apparemment assez largement diffusé en territoire anglophone, d'après ce que j'ai cru comprendre (je peux évidemment me tromper). Le peu que j'en ai lu en ligne, et les critiques dont l'ouvrage a fait l'objet, ne m'ont pas donné envie de m'intéresser à la démarche de cet auteur, qui m'a paru pour le moins... très orientée.
Je précise, comme Vincent avant moi, qu'il ne s'agit pas pour moi de blesser qui que ce soit dans ses convictions, mais j'avoue que l'approche - essentiellement chrétienne, il faut bien le dire - d'un Pearce m'a paru problématique, pour reprendre le vocabulaire diplomatique de Vincent. Je m'étais dit, à l'époque, que si tous les livres censés être sérieux sur Tolkien étaient orientés de cette manière, je n'étais pas sûr d'avoir envie de m'intéresser davantage audit Tolkien après avoir découvert son œuvre de fiction quelques années plus tôt (j'ai lu pour la première fois The Hobbit en 1998).
Je conçois tout-à-fait que le fait que Tolkien était un catholique pratiquant puisse avoir une importance certaine pour comprendre sa façon de penser et son œuvre, mais j'avoue être franchement perplexe quand je vois que certains auteurs sont tentés d'exclure a priori toute autre approche de l'œuvre de Tolkien qui ne serait pas avant tout, voire exclusivement, centrée sur la religion, voire plus précisément sur la religion dont ils se réclament. La vision de Pearce est celle d'un essayiste catholique, mais je peux également citer un autre exemple plus récent, que Didier et moi avons eu l'occasion d'évoquer sur le forum de Tolkiendil, il n'y a pas très longtemps : The Battle for Middle-earth : Tolkien's Divine Design in The Lord of the Rings de Fleming Rutledge, paru en 2004. Là encore, on a affaire à une lecture très orientée de la fiction tolkienienne, de la part d'une théologienne épiscopalienne américaine dont certaines des interprétations du texte, pour le peu que j'en ai lu, ne peuvent honnêtement que laisser quelque peu perplexe : http://forum.tolkiendil.com/thread-6592.html
Encore une fois, je ne conteste évidemment pas que l'on puisse étudier Tolkien sous l'angle du religieux, mais il me semble que les approches dont je viens de parler ne sont guère compatibles avec ton image très intéressante d'une "« architectonique » globale des thèmes et des disciplines" qui fait que des points de convergence peuvent se faire jour naturellement et sans problèmes entre plusieurs approches faites avec des méthodes différentes, comme Isengar et toi-même l'avez tous les deux souligné avec justesse.
Bien évidemment, toute étude n'a pas forcément vocation a être accessible à tout le monde, quel que soit le talent d'écriture de l'auteur pour exposer clairement son propos, ou l'aptitude du lecteur à saisir rapidement la portée dudit propos.
La clé me semble être le rejet de l'exclusion d'autrui a priori, sous prétexte qu'autrui ne ferait pas de la recherche de manière identique à soi.
Je n'aime pas beaucoup ce regard extérieur parfois caricatural que l'on porte encore trop souvent sur ceux qui s'intéressent à Tolkien, ce regard qui donne d'eux une image au mieux de "doux dingues" hors de réalités, au pire de gens un peu sectaires censés fonctionner en termes d'"initiés" et de "non-initiés".
Je n'aime pas beaucoup non plus, de façon générale, les approches élitistes, qu'elles soient ou non assumées, car ces approches supposent que certaines personnes seraient faites pour être a priori plus "intelligentes" que d'autres, ce qui est absurde dans la mesure où, du reste, on confond trop souvent culture et intelligence.
Il y a des gens qui ont des connaissances et qui n'en font rien, sinon éventuellement raconter qu'ils sont des gens importants par les connaissances qu'ils ont (je ne vise personne ;-)...). Et il y a aussi des gens qui n'ont pas forcément de connaissances exhaustives, de diplômes habilitant à la recherche (ici en littérature, notamment), de compétences "officielles", mais qui n'en sont pas moins intelligents et capables de faire quelque chose de leur capacité de raisonnement, y compris éventuellement sur le terrain de "ceux qui savent" sur un sujet précis. Il me semble que c'est le cas dans le champ des études tolkieniennes : lorsque Vincent évoque, dans Tolkien aujourd'hui, de mystérieux "contributeurs" issus de la société civile, dont notamment un avocat, un professeur de classes préparatoires scientifiques et des ingénieurs, on pourrait se demander à quoi tout cela rime... mais quand on connait un peu le milieu, et un peu les travaux produits par les individus en question, on ne peut que se rendre compte que la situation n'a rien d'anormal. ;-) Par contre, si quelqu'un me disait quelque-chose du genre "je suis un initié de la communauté des initiés, et c'est pour cela que je comprends Tolkien", là, j'estime que ce ne serait pas très normal, et qu'il ne pourrait pas, de mon point de vue, y avoir un échange intéressant avec cette personne, quelle que soit l'étendue de ses connaissances sur Tolkien.
Donc, "non" au nivellement par le bas, mais "non" également à la tentation d'être hermétique, pour reprendre ton expression. :-)
Ceci étant dit, je suis évidemment d'accord avec toi lorsque tu écris "À chacun de faire un effort pour lire comme pour pouvoir être lu." : je crois que c'est effectivement la moindre des choses à faire, d'un côté comme de l'autre. :-)
Je m'en souviens très bien, pour ma part, de ce mot "aware", et du concept d'awareness associé à Jean-Claude Van Varenberg, évoqué en son temps dans un article d'Outre-Quiévrain dont la lecture en ligne m'a marqué... ;-) Quand je pense que tout est parti du simple fait qu'un acteur belge d'origine bruxelloise, depuis longtemps expatrié aux États-Unis d'Amérique, rencontre simplement des difficultés à retrouver les mots de sa langue maternelle pour s'exprimer lorsqu'il revient en territoire francophone... et que tout cela a été tout bêtement monté en épingle par une société médiatique trop souvent en mal d'inspiration... je me dis que c'est surtout cela qui est risible... ;-)
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ce n'est pas ce qu'a fait le Dr. Guedeney, qui prend plutôt le SdA comme un "répertoire" illustrant plusieurs cas de figures ; mais examine aussi la réception par le lecteur, et ses émotions.
Je n'ai fait, en fait, que reprendre l'expression figurant dans le résumé de l'article de Nicole Guédeney sur le site Cairn.info, déjà mentionné plus haut dans le présent fuseau... mais je reconnais que ladite expression est maladroite par rapport au contenu effectif de l'intervention de N. Guédeney, pour ce que j'ai pu en suivre via le site de gazouillis.
À propos de gazouillis, il me semble qu'ils ont tendance à se raréfier un peu, en ces derniers jours du colloque... ;-)
Néanmoins, pour ce mardi, je retiens ceci :
#JRRTC on reprend avec Bozzeto « "Le Hobbit" un livre mal-aimé
Harmonia Amanda @Harmonia_Amanda
#JRRTC texte mal aimé car difficile à classer, peu de travaux y sont consacrés.
Oui, c'est vrai, The Hobbit est un livre plutôt mal-aimé, et les études concernant ce roman sont en effet peu nombreuses, ce qui est bien dommage.
#JRRTC VF nous présente la nouvelle traduction du Hobbit par Daniel Lauzon
Tolkiendil @tolkiendilfr
#JRRTC VF cite David Bellos, Le Poisson et le Bananier à propos de la difficulté d'une retraduction
Tolkiendil @tolkiendilfr
#JRRTC nous découvrons les premières phrases du Hobbit ainsi que les nouveaux noms des chapitres
Tolkiendil @tolkiendilfr
#JRRTC Nous savions que Baggins devient Bessac, et nous découvrons : la Pierre Arcane pour Arkenstone et Fendeval pour Rivendell
Tolkiendil @tolkiendilfr
#JRRTC vous pourrez donc découvrir en septembre prochain Thorin Lécudechesne
Tolkiendil @tolkiendilfr
#JRRTC Devinez les nouveaux noms français des trolls ?
Ma foi, je ne sais pas quels peuvent être ces nouveaux noms français des trolls... mais j'aimerai bien savoir, pour ma part, comment Daniel Lauzon a traduit le mot "hobgoblin", par exemple... ;-)
Merci encore pour le partage.
Amicalement,
Hyarion.

