Bon, en fait, je soupçonne qu'il devait aussi avoir derrière la sempiternelle question : où créera-t-on des postes ? C'est un excellent combustible (et des plus renouvelables).
Mais je m'empresse de dire que c'est ce que j'ai compris, pas forcément ce que Shippey a voulu signifier. Parce qu'en toute franchise, The Road to Middle-earth est écrit pour quelqu'un du sérail, avec pas mal d'allusions, de références, de citations hors contexte qui sont parfaitement opaques pour nous autres pauvres amateurs - qui plus est d'un autre pays. La première fois que je l'ai lu, j'en ai retiré l'impression qu'il y avait sans doute là maintes remarques intéressantes, mais que je n'en avais pas saisi grand' chose ; je l'ai relu plus tard avec une connaissance plus approfondie de Tolkien, et j'ai été sans doute moins perdu, mais ça me reste une forêt touffue et mal explorée.
Dommage, car j'ai confusément l'impression qu'il y a là quelque chose d'important dans la formation esthétique et le projet artistique de Tolkien. Quelque chose qui ressort dans ses Lettres ou dans certaines de ses prises de position les plus tranchées, par exemple quand il écrit dans la préface à la deuxième édition du Seigneur des Anneaux :
[citation]Some who have read the book, or at any rate have reviewed it, have found it boring, absurd, or contemptible; and I have no cause to complain, since I have similar opinions of their works, or of the kinds of writing that they evidently prefer.[/citation]
Là, j'ai l'impression d'entendre, sous le professeur, l'ancien rugbyman :-)

