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Le Saule et le Bouleau - et le Chêne aussi : quelques arbres vieil-anglais
#10
Linguistique et Littérature à Oxford


(1/6)

CARPENTER, Humphrey, J.R.R. Tolkien, A Biography, HarperCollins, 2002, 384 p.
CARPENTER, Humphrey, The Inklings, HarperCollins, 2006, x+287 p.
DROUT, Michael D. C., « J.R.R. Tolkien’s Medieval Scholarship and its Significance », Tolkien Studies, vol. IV (2007), pp. 113-176.
DURIEZ, Colin, J.R.R. Tolkien and C.S. Lewis, The Story of a Friendship, Sutton, 2005, 243 p.
FITZGERALD, Jill, « A “Clerkes Compleinte”: Tolkien and the Division of Lit. and Lang. », Tolkien Studies, vol. VI (2009), pp. 41-57.
SHIPPEY, Tom, « Fighting the Long Defeat: Philology in Tolkien’s Life and Fiction », dans Roots and Branches, Walking Tree Publishers, Cormarë Series no11, pp. 139-156.
TOLKIEN, J.R.R., « Chaucer as a Philologist: The Reeve’s Tale », Tolkien Studies, vol. V (2008), pp. 109-171.
TOLKIEN, J.R.R., « Discours d’adieu à l’université d’Oxford », dans Les Monstres et les critiques et autres essais, Bourgois, 2006, pp. 277-296 = « Valedictory Address to the University of Oxford », dans The Monster and the Critics and other essays, HarperCollins, 1997, pp. 224-240

Oxford avant Tolkien :

[citation=Fitzgerald, p. 41-42]« It is hard to tell if the Lit. and Lang. feud had a distinct origin. In The Rise of English Studies (1965), D. J. Palmer documents that as far back as 1887, the split between philology and literature was, in reality, a split between those who studied the literature of the Middle Ages and those who read classical and modern literature. As for the anxiety surrounding language studies, one extreme of this attitude is expressed by John Churton Collins: “An English school will grow up, nourishing our language [42] not from the humanity of the Greeks and the Romans, but from the savagery of the Goths and Anglo-Saxons. We are about to reverse the Renaissance” (Palmer 101). Attitudes such as this one were not uncommon, and only forced philology into a category that grew increasingly synonymous with the pejorative connotations of the “dark ages” in the following decades. Yet, despite all the apparent drama, professors like D. B. Monro [1836-1905], W. P. Ker [1855-1923], Henry Nettleship [1839-1893], and C. H. Firth [1857-1936] were actively concerned about giving equal weight to both language and literature. Nettleship published a pamphlet arguing that “whatever temporary misunderstandings may arise between them [philology] is a necessary adjunct to the study of literature” (Palmer 104). His argument fell on deaf ears, however, and was shortly followed up by [J. C.] Collins’ rebuttal titled, “Philology versus Literature.” [1848-1908]
In 1905, W. A. Raleigh [1861-1922] and A. S. Napier [1853-1916] oversaw a structural reorganization of the English School at Oxford with the intention of keeping Lit. and Lang. from being exclusively identified with medieval and modern periods respectively. Their system aimed to provide English majors with something equivalent to modern “concentrations.” The reform proposal, known as “bifurcation,” allowed separate schemes for those perusing language study and “those who chose to specialize in literature (the great majority)” (Palmer 128). It was submitted in 1905, and subsequently passed in 1906 (129). But questions over how to balance Lit. and Lang. never went away entirely. By Tolkien’s time, lines had been conspicuously drawn. »[/citation]

La version métaphorique de Tolkien :

[citation=MCE, p. 284-285]« Ce qu’on appelle l’anglo-saxon (…) manifeste les qualités et les caractéristiques qui sont toujours restées depuis une composante permanente de l’anglais. Par conséquent, il requiert au moins une connaissance directe de la part de tous les étudiants sérieux en langue et en lettres anglaises. Jusqu’à présent, l’École d’Oxford a toujours reconnu cette exigence, qu’elle s’est efforcée de satisfaire.
À une telle échelle, les divergences d’intérêts ou en tout cas les écarts de compétences sont inévitables. Mais les difficultés (…) ont été embrouillées par l’émergence de deux figures légendaires, les diablotins Lang et Litt, comme je préfère les appeler, puisque les termes de langue et littérature, bien que nous ayons coutume de les malmener, ne devraient être ainsi déshonorés. La mythologie populaire semble croire que Lang est sorti d’un œuf de coucou pondu dans le nid, où il prend trop de place et vole ses vermisseaux au poussin Litt. Certains croient que le coucou, c’était Litt, disposé à expulser son compagnon du nid ou à s’asseoir dessus. Ils sont davantage soutenus par la véritable histoire de notre École, mais aucune de ces deux légendes n’est fondée.
Dans un bestiaire reflétant davantage la vérité, Lang et Litt apparaîtraient comme des frères siamois, Jekyll-Hyde et Hyde-Jekyll, indissociables depuis leur naissance, avec deux têtes mais un seul cœur, tous deux en bien meilleure santé lorsqu’ils ne se disputent pas. Du moins cette allégorie se rapproche-t-elle davantage de notre ancien statut : Il sera exigé de chaque candidat qu’il fasse preuve de connaissances satisfaisantes des deux parties de la question et il sera accordé à chacune d’elles un poids égal lors de l’examen.
La nature des “parties” devait être déduite de la dénomination de l’École que nous portons encore : L’École de langue et de littérature anglaises, (…).Langue et littérature apparaissent comme des “parties” d’un seul sujet, ce qui était assez inoffensif et assez exact (tant que “parties” signifiaient, comme il se devrait, aspects et manifestations), et dont chacune, ayant un “poids égal” dans l’ensemble de la [285] question, n’était normalement ni exclusive de l’autre, ni la propriété exclusive de tel ou tel érudit, ni l’unique objet d’un programme d’études donné.
Mais hélas ! “Parties” suggérait “partis” et trop nombreux furent ceux qui prirent parti. Et c’est ainsi qu’entrèrent Lang et Litt, compagnons de nid mal à l’aise, chacun essayant de s’accaparer davantage du temps des candidats, quoi que les candidats puissent penser. »[/citation]
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