30-08-2001, 02:36
Sans vouloir réduire P. Jackson au rôle de tâcheron laborieux s' évertuant à concillier impératifs économiques et attentes esthétiques, on peut émettre quelques doutes sur la profondeur d' analyse que suggère l' édito de Semprini...! Je crains fort que l' ami PJ, en nous montrant, entre autre, Saruman déchaînant les éléments sur nos sympathiques héros, ne fait qu' appliquer les vieilles recettes du cinéma de genre...!<br>Je me suis étonné, ailleurs, du nombre relativement important de lecteurs qui voyaient, dans le SdA, un roman d' aventure, d' ou le constat, maint fois affirmé, de la soit-disant " lenteur " des premiers chapitres...C' est manifestement la vision que PJ a privilégié, avec son cortège d' événements et de personnages manichéens: le Bon, le Méchant, le Traitre, le Rigolo...ad nauséam !<br>Se basant sur la supposée incompréhension d'un public " pokémonsterisé ", il articule le récit sur un canevas simpliste, voire primaire: question / réponse, effet / cause, pourquoi / parce que...Opposant la certitude au mystère, PJ a choisi de MONTRER...!<br>Là où Tolkien met en scène quelques orcs, un troll, terrifiants, par leur apparition soudaine, PJ choisit de les faire " voler "...! Là où la Compagnie pressentait l'ombre menaçante de Sauron, PJ nous montre les gesticulations météorologiques d'un magicien haineux...!<br>Et dans ce contexte, le Mal ne peut être que lourdement défini, désigné, dénoncé...Porteur de stigmates joailliers, de symboles oculaires dûment référencés ! Il ne faudrait pas que l' on puisse avoir le moindre doute sur l' identité des coupables ! Que tout cela corrobore la vision " classique " du Mal dans le cinéma américain n' est que bonus, si je peux dire...!<br>Bien entendu, le cinéma n' est pas la littérature, et on peut comprendre que PJ n' ait pas choisi d' illustrer le SdA sous le prisme de Vincent Ferre, mais un peu de subtilité et de finesse n' aurait pas fait de mal...<br>TB

