04-06-2002, 19:00
Tu as raison Cicou ;-), Les Deux Tours et Le Retour du Roi éclairent et justifient le personnage de Boromir. Il n'empêche que le Boromir de La Commmunauté de l'Anneau m'a toujours semblé inachevé. J'aurais aimé voir ce qu'un Dostoievski, ou un Shakespeare, aurait fait de lui. Je crois que c'est une question de sensibilité. Je suis moins sensible que toi à la "joy of battle", la dureté, qu'on perçoit chez Boromir, à qui je demandais anachroniquement d'être un personnage de roman du 19e siècle, d'être plus faible, plus incertain dans ses choix qu'il ne l'est ("plus humain" disais-je, ainsi dans le film de PJ lorsqu'il enseigne l'escrime à Merry et Pippin). Imagine, Balzac écrivant un "Boromir Réconcilié", cela aurait été beau! Tolkien lui-même a parlé de Boromir comme représentant l'homme à venir dans une lettre si je me souviens bien, et ce n'était pas, dans le contexte, un compliment.<p>Mais, si je regrette de ne pas avoir vu plus d'état d'âme chez le Boromir de Tolkien, c'est donc qu'il m'a touché, et c'est là le point important. C'est la marque d'une vraie grandeur chez un personnage de roman que le lecteur lui demande de réaliser la promesse qu'il pressent en lui; ainsi nos deux points de vue se réconcilient. :)

