22-12-2001, 18:31
Bonjour à tous, c'est mon premier post sur ce forum que je me contentais jusque là de lire de temps à autre.<br>Bon c'est bien simple, moi je n'espère qu'une chose, c'est que Jackson sorte direct en dvd la version longue director's cut (et je suis sûr que dans sa tête, il avait prévu un film de 3h30). Tenu par la durée de trois heures, il a voulu rester fidèle au bouquin en en restituant toutes les grandes étapes (hormis Bombadil, mais bon, c'est un choix intelligent, tout comme les aménagements qu'il a opéré par ci par là, comme le double judas à la porte de Bree, ou la scène où l'on voit Boromir entraîner les Hobbits à l'épée, ce qui légitime un peu plus leur capacité future au combat). Et ce sont évidemment les scènes qui traitaient des rapports entre les personnages qui ont été sucrées. <p>C'est pourquoi le passage de la Lorien est si mal amené et autant expédié (les noms ne Galadriel et Celeborn ne sont même pas mentionnés !). C'est pourquoi on a un peu l'impression d'un collage répétitif de séquences d'actions pas toujours bien reliées entre elles (et là, le film ne restranscrit pas le sens de la durée qui se dégageait du livre). Si bien que certains personnages sont vraiment inintéressants (Legolas, terne au possible malgré d'impressionantes qualités guerrières). La constitution de la Communauté est trop vite traitée. Un spectateur non-lecteur ne comprendra pas qui sont ces gens, d'où ils viennent et pourquoi ils se joignent au groupe (surtout pour Legolas, Gimli et Boromir). Il aurait au moins fallu qu'Elrond, dont le côté "sage que tout le monde écoute" n'est pas assez accentué, mentionne la nécessité du secret et de la rapidité, ce qui aurait légitimé la constitution d'un groupe réduit. Et qu'il dise au moins pourquoi la Communauté serait de 9, et non pas de 6 ou de 12 (neuf Marcheurs contre les neuf Esprits Servants de l'Anneau). Ca prend 30 secondes de métrage en plus et renforce considérablement la cohérence narrative du film. <br>Bref, tout a été comme enlevé de sa chair. Il ne reste que l'os.<p>Il aurait fallu plus de scènes relationnelles pour faire vraiment exister les personnages (en dehors d'Aragorn, Gandalf, Boromir et à la rigueur Frodon, les autres sont assez caricaturaux), permettre au spectateur de digérer l'action pure avant qu'elle ne recommence et aussi de communiquer ce sens primordial de la durée et de la distance (là on a l'impression qu'ils font Comté-Hamon Hen en 5 jours. La grande hétérogénéité des paysages fait un peu penser à un copier-coller ; Jackson ne maniant pas très bien l'ellipse). <p>Il y a aussi quelques autres trucs aussez regrettables : <br>- effets spéciaux furieusement kitch qui font basculer ponctuellement le film dans le ridicule qu'il s'efforçait d'éviter par son approche réaliste du merveilleux (cf possession de Bilbon, Galadriel tentée par l'anneau). <br>- mouvements de caméra acrobatiques qui éloigne le film de ce même réalisme (cf les plongées à répétition dans les mines d'Orthanc, impossible à réaliser dans le réel et renvoyant ce qui est filmé à sa condition de maquette, d'effet spécial-gadget. Décomposer ces scènes en plusieur plan fixes auraient dix fois plus servi le propos de Jackson). <br>- la musique parfois assez agaçante (cf la ritournelle qui revient dès que les Hobbits occupent l'écran, ou encore les violons à la sortie de la Moria, alors qu'une scène sans musique et où l'on aurait entendu seulement les pleurs des personnages aurait été beaucoup plus forte) <p>Mais bon, les décors tuent (Comté, Orthanc, Fondcombe, Moria : wouah !), l'interprétation est franchement bonne (McKellen rend Gandalf attachant, Mortensen arrive à faire passer toute la fragilité et les doutes d'Aragorn par son regard, Ian Holm instille une certaine truculence à Bilbon), et quoi qu’en disent certains, le troll des cavernes arrache tout (un des seuls moments où Jackson n’est pas brouillon dans la représentation des combats) !!! Vivement la version longue (avec hectolitres de sang à la clef)!!!<br>

