24-12-2001, 09:41
Pour reprendre les propos de Cirdan, il faut effectivement souligner que la scène du pont de la Moria est superbement rendu, et qu'il ne faut pas non plus pousser Gandalf dans le précipice (ou mémé dans les orties, c'est au choix :))). Certes, l'enchaînement d'actions aurait nécessité une pause méritable pour la mise en scène de ce passage (et triple fois oui : on se serait bien passés de 5 minutes de fight session avec un Dûm-Troll :))). Mais il faudrait vraiment cracher dans la soupe pour réfuter l'atmosphère très Moria du rendu final.<p>Je ne suis par contre pas d'accord avec ce que vous dites de Galadriel. L'inconscient du lectorat de Tolkien a toujours trop tendance à voir la Dame de Lorien comme une gentille fleur des champs à robe blanche et boucles d'or. Il faut quand même remettre les choses dans leur contexte : Galadriel est un chef de guerre Noldo, et d'une rancune absolue envers ses ennemis (Feanor, par exemple). Tolkien précise à plusieurs reprises dans des écrits annexes (comme les CLI), combien Galadriel désirait établir un royaume Elfique sur la Terre du Milieu, et combien la puissance du Maître Anneau l'attirait. A cet égard, on ne peut pas taxer Jackson de se fourvoyer au sujet de Galadriel. Maintenant, comme le dis Cirdan, chacun aura une lecture différente du SdA, mais il me semblait important de préciser certains détails (Hey, Peter, t'as vu comme je défends bien ta baraque ??? :)))). Il reste que pour moi, le passage de la Lorien du texte d'origine noie un peu le poisson et que trop de falbalas tue l'effet Reine Noldo (Grishnakh, espèce d'hérétique !!! :))). Mais Tolkien prit parti dans le SdA de se pencher (et avec raison !) sur d'autres thèmes, comme le relationnel des personnages.<p>Reste qu'effectivement, la scène de bandeaux acceptés par tous n'eût pas manger de pain et aurait eu beaucoup d'impact en terme de mise en scène (à l'instar de la relation Gimli / Galadriel... mais peut être que Jackson trouvait ça crade un truc entre un nain et une noldo... heu je m'égare :))).<p>Pour en venir à Nasmith, même s'il n'a pas été présent sur le tournage, on sent la volonté de Jackson de s'inspirer de l'iconographie de l'illustrateur canadien (on le voit à plusieurs reprises). Je pense que sur ce point, Jackson a fait du Jackson : qui aurait pu rendre comme lui l'effet saisissant de voir sur un écran la transposition fidèle les travaux d'Alan Lee, John Howe ou même, de manière latente, Ted Nasmith !? On peut peut-être lui reprocher de ne pas assez coller aux illustrations de Tolkien (mais Tolkien lui-même avait une vision très spéciale de son univers, et je pense qu'en dehors des radicalistes de l'oeuvre, le public de Tolkien a une vision plutôt Alan Lee et John Howe).<p>(personnellement, j'adore les illustrations de Tolkien, très proche d'un Edward Gorey, ou même des travaux de Burton, bref, une sorte de précurseur avant-guardiste du symbolisme naïf en illustration, alors que ce n'était pas là son talent principal, toujours bon à préciser... quel surhomme !).<p>A noter que le Sauron Silmarilliesque du début est repris trait pour trait d'une illustration de Howe, représentant justement la scène d'Isildur ceindant la main du Seigneur de Mordor. (et ce à quoi je dis : chapeau bas, Monsieur Jackson, car vous montrez que Sauron prenait autrefois corps et qu'il n'est plus à présent qu'un esprit, un oeil). J'ai entendu de bien mauvaises langues prétendre qu'il s'agissait là d'une hérésie. Je leur conseille la relecture des CLI :))).<p>Dans l'ensemble, Jackson tire son épingle du jeu, et les discussions de ce forum l'attestent, c'était une entreprise difficile et délicate. Et oui, Jackson ne s'est pas moqué de Tolkien, on sent un profond respect pour l'Oeuvre (peut être est-ce justement là le défaut de la mise en scène, trop illustrative). Il reste encore deux opus à Jackson pour recadrer certains détails (et pour sûr il saura lesquels, m'est avis que son équipe va activement lire les critiques et s'attacher à corriger le tir).<p>Vivement la suite en tous cas ! :)))<p>* Grishnakh *

