01-04-2002, 16:32
Ah bah tiens, content d'avoir du feed-back ! <br>Alors comme ça, tu trouves que mes éloges sont démesurés Cirdan ? Comme j’ai opté pour une approche résolument analytique, dois-je en déduire que tu considères que j’ai cédé aux sirènes de la sur-interprétation ?!...<br>(pour ceusses qu'ont pas lu ma critique, rendez-vous sur www.la-peniche.com, rubrique Artelio cinéma ; le titre c'est "Réflexions sur le Sda" à ne pas confondre avec une autre critique qui n’est pas de moi) <br>Tu admettras ami charpentier que malgré la tonalité certes très positive de ma critique, je pointe de manière objective nombre de carences (certaines, exprimées dans des notes, n’ont pas été retenues sur le site). Je ne crois pas être particulièrement excessif en soulignant un travail de grande qualité. Le sous-titre "analyse à la gloire de PJ" est une sorte de boutade. Ne crois pas que je sois aveuglé au point de me faire l'hagiographe sans recul de PJ. Je ne me suis attaché qu’à un aspect particulier de l’adaptation : le traitement des personnages, comme je le spécifie en intro. Et pour moi, c’est un des aspects qui, quand on creuse un peu la signification de certaines scènes ajoutées par PJ, montre avec éclat son intelligence dans la compréhension de l’œuvre et dans sa restitution à l’écran (au travers d’un subtil réseau d’éléments signifiants). <br>S’il est un point où Jackson est franchement le moins attaquable c’est bien celui-là. Mais tu vois, si j’avais décidé de m’attacher plus spécifiquement au traitement de l’espace et de l’éclairage par exemple, j’aurais été carrément plus sévère (retourne donc sur le forum du site où je démonte par exemple la scène sur Amon Sul que, d’un point de vue cinématographique, je trouve carrément naze à cause de sa banalité).<br>Apparemment l’analyse assez poussée que j’ai faite du traitement de ce perso par PJ ne t’a pas convaincu puisque tu trouves toujours le Gondorien caricatural. Il m’avait pourtant semblé avoir mis à jour des lignes de forces objectivables. J’ai beau être moi aussi un Tolkiendil, je me suis efforcé de me débarrasser de ma subjectivité.<br>Lorsque tu dis que la scène de l’Anneau ramassé par Boromir dans la neige « enfonce des portes ouvertes a l'usage des demeurés qui n'auraient pas encore compris qu'il allait faillir » tu te fourvoies, car rien jusqu’ici ne permet de dire qu’il va faillir. Tu raisonnes en lecteur de Tolkien et ne tiens pas compte des gens qui ne connaissent rien à l’histoire. Or, dans ma critique j’ai tenté d’inclure cette dimension qui impose une autre approche (relis ce que je dis sur l’interprétation erronée du spectateur non connaisseur sur la dispute Legolas-Gimli au Conseil d’Elrond, mauvaise interprétation que ne corrige malheureusement pas PJ plus loin dans le film – une partie du développement qui était une note a été tronqué par le rédac’ chef).<br>Vois-tu, les réticences de Boromir au Conseil en ce qui concerne la destruction de l’Anneau ne laissent pas présager son désir pour l’objet. Dans l’esprit du spectateur vierge il s’agit plutôt d’une division politique quant aux moyens de mener la lutte contre l’Ennemi. Et pour lui, si Boromir l’a mauvaise c’est tout simplement parce qu’il doit mettre en veilleuse ses prétentions (à ce stade le spectateur vierge aura compris qu’il est fier, mais absolument pas qu’il trame une trahison – chose qui advient d’ailleurs plus tard dans le livre, après la Lorien comme je le dis dans mon article).<br>En réalité, lorsque je parlais de l’incapacité de Boromir d’accepter les réalités susceptibles d’entrer en conflit avec ses conceptions propres, c’est-à-direce que j’ai appelé « l’inutilisabilité irréductible de l’Anneau », il y avait ici aussi une note qui renvoyait à cette scène sur le Caradhras. <br>Plus que pour signifier la trahison de Boromir, cette scène a très clairement pour but d’approfondir un peu plus son caractère. En ce sens elle n’est absolument pas inutile. Sean Bean à travers ses propos montre sa puérilité incrédule (ne pas admettre la réalité : oui un si petit objet a un terrible pouvoir qui le rend inutilisable), et son jeu (le spasme facial) le pouvoir de fascination que l’objet exerce sur lui. La scène nous informe donc de manière vraiment pratique sur la puissance néfaste de l’Anneau. Ce qui donne l’idée d’une possible trahison rampante ce sont les réactions très tendues de Frodon et Aragorn qui soulignent le danger qui émane de Boromir.<br>Franchement, je ne vois pas en quoi il est caricatural. Cette scène, avec celle devant l’épée brisée, et celle où il se confie à Aragorn en Lorien – toutes trois inventées par Jackson – sont à mon sens fondamentales. Elles renferment de véritables éléments signifiants. Ne serais-tu pas resté à la surface des choses ami Cirdan (pour un Elfe ça la fout mal !) ?!<p>

