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Quel réalisateur pour le Seigneur des anneaux ?
#57
Je ne suis pas un ennemi de ce film; il m'a plu, et esthetiquement j'ai eu quelques grands moments d'emotions. <br>Mais prenons un sujet different du traitement des personnages pour commencer (j'y reviens juste apres), et qui me semble symptomatique des defauts et qualites du film, en l'occurence le passage de la Moria: la premiere partie est magnifique, et je ne puis que constate combien les effets speciaux peuvent etre bien utilises pour nous donner une idee de la grandeur de ces Mines mythiques, de l'importance "culturelle" du lieu. Mais, alors que je me regalais jusqu'au moment ou Pippin fait tomber le squelette dans le puis, voila que tout degenere d'un seul coup, que le charme se brise, car en dix secondes, nous ne somme plus dans le SdA, mais dans la Momie: entre un troll dont le combat soporiphique nous eloigne de l'esprit middle-earthien et surtout - pis que tout - les orques qui descendent du plafond dans leur surnombre tout a fait Hoywoodien, pour entourer nos heros, avant de se barrer a l'approche du Fleau de Durin, je decroche, car ca heurte mon sens de l'esthetique, tout comme cette scene ou il doivent sauter d'un escalier qui s'effondre sur laquelle je n'aurais pas cracher dans un Indiana Jones, MAIS justement il ne s'agit pas d'Indiana Jone, et le SdA est une oeuvre de plus de sobriete (et qui rehausse en cela les veritables moments d'action dramatique; chez PJ, bien que la scene du pont soit tres reussi, que Gandalf prend reelement une grande dimension et que le Balrog soit tout-a-fait magistral, l'exces d'action inutile qui precede ne donne pas la place qu'elle merite a cette fameuse scene - topos de la peinture tolkienienne s'il en est, comme les Pietas ou Madone col Bamnino pour les peintres de la renaissance italienne). En fait, j'aurait pu me douter que l'action allait etre demesure des l'entree, car la scene du lac, ou une simple tentacule eut ete beaucoup plus terrifiante que le monstre-poulpesque de PJ, est corrolaire de ce defaut tres frequent chez les cinematographe: Montrer, la ou on pourrait evoquer. Le non-dit a une force qui peut pousser l'atmosphere a une acmee de terreur ou de splendeur contenu - des gens aussi differents que Mallarme, Lovecraft ou Tolkien le savaient et l'utiliserent chacun a leur maniere. Chez les cineastes, un Fritz Lang ou un Hitchcock (ou encore Sergio Leone dant Il etait une fois l'Amerique) surent utiliser cette idee dans un cadre cinematographique.<p>C'est vrai que ta critiques evoque des defauts plus que je ne le laisse entendre, et je m'en excuse, mais c'est la simple idee que l'on puisse considere la psychologie des personnage plus reussie que dans le livre qui m'a laisse sans voix, et m'a fait repondre de maniere trop emotionelle.<p>Revenons donc aux personnages. L'affiche donne le ton. C'est razmatazz et compagnie, les persos, ordonnes autour de Frodo Gandalf et Aragorn, fixent le spectateur dans une pose compressee qui semblent les rendre clos sur leur propre valeur, independants de l'existance de la Terre-du-Milieu en dehors de l'anneau. Je trouve que c'est trop peu.<p>Tu parles de la scene ou Boromir fait tomber les troncons de Narsil... Je ne trouve pas qu'elle soit une invention d'une finesse redoutable, car elle montre trop clairement sa rivalite a Aragorn. Et puis, il est dommage qu'e le spectateur lambda ne puisse comprendre ce que signifie cette eppe pour Aragorn (apres cette scene, elle ne redevient qu'une epee comme les autres). Mais, comme je te le dis, je ne trouves pas que PJ aye mal traite Boromir, et j'aime tout particulierement la fin ou il prend une dimension tragique qui rejoind parfaitement la maniere dont je lisais le personnage. Beaucoup de ce que tu dis n'est pas faux, mais il me semble simplement que si j'ai sous-estime le traitements des personnages dans le film, peut-etre, as-tu toi-meme sous-estime le traitement qu'en fait Tolkien a l'origine.<p>Frodo, par exemple, n'a pas du tout la profondeur du personnage de Tolkien, car on ne sens pas l'evolution du personnage. Il pleur sans arret, mais c'est pas la facon la plus subtile de mettre en valeur ses souffrances interieures beaucoup plus contenues et indirectement evoquees chez Tolkien. Rappelons aussi qu'il a cinquante dans le livre au moment ou l'aventure commence. PJ continue a privilegier les amalgames Hobbits/Enfants, alors que le livre place principalement l'immaturite chez Pippin (Merry, par exemple est beaucoup plus reflechi des le debut). S'il faut souligner une invention de PJ qui a une certaine pertinence (c'est certes de la surinterpretation, mais une adaptation n'a pas a s'en cacher), en depit de ce defaut, c'est la scene ou Pippin et Merry se devoile aux orques pour laisse Frodo partir. La maniere prete a sourire, car elle les infantilisent encore dans l'attitude, mais c'est aussi une marque de l'evolution des personnages - le fait qu'ils sont pres a se sacrifier pour leur quete. Neanmoins, c'est un peu tot, et l'evolution est plus lente et veritablement "initiatique" chez Tolkien (pour Pippin et Merry elle demarre vraiment a la rencontre des Ents puis surtout dans leur services respectifs a Denethor et Theoden - avec une rechute entre les deux passages marquant le caractere de l'evolution, lorsque Pippin se laisse tenter par le Palantir). <p>PJ caricature l'intervention indirecte de certains personnages aussi - je pense evidemment a l'emprise de Saruman sur le Caradhras.<p>Enfin, nous sommes d'accord, Gimli est une catastrophe, et la pour caricature, il y a caricature, car le Nain, paradoxal, ce sentimental au verbe courtois lorsqu'il s'adresse a Galadriel et qui pleur en quittant la Loriewn, est reduit au banal Nain de l'Heroic Fantasy la plus archetypale - bourrin et comique. Je gage que nous n'aurons pas droit a son autre grande preuve de viruotsite verbale dans les Deux Tours lorsqu'ils evoquent la vision des cavernes cachees derriere le gouffre de Helm a Legolas dans une langue poetique, impropre aux Nains. Certes, on me rabache qu'il s'agit d'un personnage secondaire et que PJ ne pouvait pas tout developper, mais il aurait pu utiliser les cinq minutes de combats avec le troll, ou de l'escalier qui s'ecroule pour evoquer les sentiments de Gimli pour Galadriel...<br>Pour finir sur un point positif, je ne cacherais pas que j'aime particulierment le personnage de Gandalf.<p>Cirdan (plus Shipwright que Charpentier...n'en deplaise a Pierre Alien)<p>
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