26-03-2002, 14:47
Il faut etre prudent dans la facon d'apprehender le personnage de Samwise, moins demeure qu'il n'y parait. Je ne crois pas, contrairement a toi, qu'il soit completement inconscient de ce qui l'attend en Mordor. Par exemple, s'il s'attache apparemment de maniere ridicule a ses ustensiles de cuisine, c'est moins, a mon avis, une preuve d'inconscience qu'une tentative garder des reperes, une forme d'espoir symbolique et typiquement hobbitesque.<br>Bien sur, Frodo a une plus grande conscience, mais ne nions pas pour autant le fait que Sam sache qu'ils vont serrer la pince (voire la faux) a la camarde. <br>Bien sur, il s'en rend compte plus tard que Frodo mais le fait qu'il agit et pense longtemps en negation de la mort (contrairement a Frodo) peut etre apparente a cette fuite qu'on reproche a la fantasy et que Tolkien en reponse rapproche a celle du prisonnier qui s'evade. Sam a cet "escapisme" qui semble stupide, mais qui est cette source de vie et de pragmatisme que Frodo n'a pas. Il y a evidemment l'influence de l'anneau qui rend Frodo inactif (Sam le nourrit, et meme le dirige jusqu'au dernier moment sur Mount Doom comme un aveugle) mais ce n'est pas seulement ca. <br>Le soulevement de la Comte, montre combien Frodo est un idealiste, qui ne comprend pas la situation lorsqu'il preche la non-violence impossible. Des les premiers chapitres du livre I,avant le commencement de son initiation, Frodo est un hobbit qui se situe plus du cote de l'esprit que de l'action. Sa noblesse n'en est que plus claire, car comme tu le dis c'est au prix de grand efforts qu'il se nomme au conseil d'Elrond, puis sur les rives de l'Anduin. Car la grandeur d'ame n'est pas dans la tentative d'une chose, mais dans la capacite a sa realisation - et en l'occurence, sans Sam il ne serait pas alle bien loin et, je ne suis pas loin de penser que l'avis de Tolkien sur son choix de partir seul lors de la dissolution de la communaute soit proche de celui sur Beorhtnoth: heroisme inutile et dangereux. <br>Ensuite, je ne partage pas ton avis quanD tu imputes a Sam une plus grande receptivite au pouvoir de l'anneau. D'abord, ils sont en Mordor, et tout particulieremnt a Cirith Ungol, lorsqu'il le decide de le prendre et donc en ce lieu sa force corruptrice est decluplee, et la tentation de l'utiliser pour echapper au danger est plus grande qu'ailleurs. <br>Puis, si l'on asssite a la scene assez loufoque de Sam s'imaginant en maitre du monde a la place de Sauron, il ne faut pas oublier qu'il saura ne pas le passer a son doigt lors d'un moment crucial ou l'Oeil pourrait le decouvrir.<br>Loin de moi l'idee de ne pas reconnaitre l'immense merite de Frodo, mais je considere qu'ils possedent tout deux une grandeur d'ame (effectivement noblesse serait plus propre a Frodo) quoique distincte l'une de l'autre. Frodo a le sens des responsabilites mais pas du tout le temperament heroique. Qu'il ne soit pas considere en heros a son retoour de la Comte est symptomatique: il n'est pas un heros dans le sens conventionnel, epique, du terme. Il est un heros de valeur, et qui plus est de valeur d'un monde a venir. A mon sens si l'on peut retrouver le syncretisme dont parle Cedric pour le Silmarillion dans le SdA, c'est par exemple dans le traitement des personnages: Frodo serait porteur de la noblesse "chretienne" avant l'heure, Sam celui de la grandeur paienne nordique et Aragorn un trait d'union entre ces deux traditions, un personnage qui a la maniere d'Arthur (mais seulement en terme de "valeurs") mele christianisme et paganisme. Tout ceci est certes schematise mais je suis justement en train de le developper dans mon memoire, arguments a l'appui que je n'ai pas le temps de donner ici (oulala! il se defile le Cirdan!...). <br>Mais je soutiens l'idee que Sam SAIT la mort lui aussi, sans quoi son heroisme et sa volonte de se sacrifier pour Frodo n'aurait aucune reconnaissance possible du point de vue spirituel, ce que je trouve tres dur et inevisageable. <p>Cirdan

