18-06-2002, 14:14
gaston>>>Je me trompe peut être mais si ta position est "si tu savais ce que je sais..." ou "il y a un bon cinéma et un mauvais cinéma" ou "il y a un cinéma pour l'élite et un pour les autres", alors on se s'endendra sans doute jamais.<p>Mon post, sans doute écrit trop rapidement, pouvait paraitre un peu condescendant c'est vrai. Je vais donc tâcher de préciser ce que je voulais dire. Le cinéma hollywoodien est une industrie et comme telle, il se plie aux impératifs commerciaux qui lui sont propres. Il produit donc majoritairement aujourd'hui des films à effets spéciaux destinés au public adolescent, qui forme maintenant 70% du public aux Etats-Unis (contre sans doute 30% dans les années 50). Partant, les scénaristes au lieu de faire l'effort d'approfondissement des psychologies des personnages, et de strucure, nécessaire à la réalisation d'un bon film, cherchent davantage à construire des films mettant en avant la qualité des effets spéciaux (lesquels en prenant une grande partie du temps de metrage laissent moins de place pour d'autres aspects). Tu me pardonneras le schématisme de tout cela. <p>Cela ne revient pas à vouer aux gémonies le cinéma populaire, pour lequel je n'ai aucun mépris. J'ai vu les films que tu cites, et j'ai pris beaucoup de plaisir à les voir. Je n'ai pour ma part jamais trainé dans la boue un film, et les critiques volontairement méchantes que l'on peut lire parfois dans la presse m'ont toujours désolé. Mais, il est inexact de dire que tout se vaut, ou qu'aucun film ne peut être légitimement critiqué parce qu'il trouvera nécessairement son public. C'est une prime accordée à la facilité. Dire que les Bronzés est un film aussi bien filmé que Citizen Kane, qui a les dialogues d'Annie Hall ou la profondeur philosophique du Septième Sceau n'a aucun sens. Les Bronzés, cela distrait, et cela s'oublie, on n'y trouve ni grandeur, ni ambition, ni sens de la beauté, rien qui s'apparente à l'art. "C'est rigolo", comme on dit: Est-ce que cela suffit pour en faire un grand film? Je ne crois pas. Il y a des canons narratifs en matière cinématographiques qui sont les mêmes en réalité que ceux dévoilés au début du siècle. Certaines personnes souhaitent classifier des films selon ces canons artistiques, et donc porter nécessairement un jugement, d'autres préfèrent ne voir des films que pour se divertir, c'est tout aussi digne, mais que ces-derniers laissent les premiers procéder à leurs qualification sans les traiter d'élitistes. Donc, oui, je crois qu'il y a "des bons et des mauvais films", et dire le contraire me paraitrait une énormité (tu mettrais sur un même plan The Scorpion King et Le SdA?)<p>Tu dis tenir à ta position "par respect pour le cinéma dans sa diversité et pour son public". Et c'est là où se situe notre point de désaccord. En vertu du même respect que tu invoques, je souhaite au public de meilleurs films parce que je ne crois pas qu'il faille se satisfaire de ce qu'une comédie grand public par exemple (cf Asterix et Cléopatre) soit filmée comme une série de sketchs télévisés. Je préfère que le cinéma soit tiré par le haut. Et ceci n'est en rien contradictoire avec l'éclectisme que je pronais. Ce qui me gêne dans ton explication du tout subjectif, c'est que tu l'uses à l'effet de nier toute pertinence à n'importe quelle critique, comme si la critique n'était pas permise au nom d'une hypothétique égalité des goûts et des points de vue. Là encore excuses-moi si je schématise, mais c'est l'impression que tu m'as donné jusqu'ici. Or, cette explication n'ouvre la voix à aucune réflexion, c'est pour cela que je la qualifiais de "stérile" (sans intention de te vexer). Les critiques ont un égo? Sans doute, comme tout un chacun, mais est-ce vraiment capital? Lorsque le critique écrit au service d'une sincérité vraie, sans doute vaut-il mieux se pencher sur les films critiqués que sur l'égo du critique. Le sujet devrait être le cinéma, pas l'égo du critique, à moins de faire l'impasse sur toute réflexion et tout débat.<p>Enfin, en parlant de Scooby-Doo (va donc lire les critiques sur rotentomatoes.com) et de ses épigones, ce n'est pas à l'âge du public que je me réferrais, mais à la qualité du film. Princesse Mononoke et Le Voyage de Chihiro sont des films d'animation superbes, et c'est à ce niveau que je voudrais voir les films pour enfants, pas à celui de Scooby-Doo. Le cinéma, américain en tout cas, n'a pas diversifié sa production à destination de publics différent, il a augmenté le nombre et rabaissé la qualité des films produits, c'est tout.<p>>>>La nostalgie d'un age d'or s'applique à de nombreuses périodes de l'hisoire du cinéma.<p>C'est inexact, gaston. Bon, j'arrête, et puis mon post est bien assez long et confus comme cela. :)

