15-10-2002, 12:13
voilà une fois de plus matière à réflexion!<br>Vinyamar, c'est quand même curieux comme, quand tu parles du film, je finis par me demander si nous avons vu le même ;-)<p>Tout d'abord, je suis d'accord avec Romaine sur le fait que le procédé même de l'article est un peu douteux. Il y a à mon avis une double surinterprétation dans ce propos: d'une part sur la catholicité du SDA (indéniable, mais certainement pas visible "à l'oeil nu", si je puis dire), d'autre part sur l'aspect "paganisant" du film. <br>Surtout, je pense, contrairement à toi, que le film est empreint d'une religiosité fort intéressante, et qui ne vire pas du tout à mes yeux au néo-paganisme. de toutes manières, la récupération celto-mystico-occultico-païenne de Tolkien n'a pas attendu le film pour exister, et je ne pense pas que le film puisse lui donner réellement des éléments supplémentaires. PJ donne aux rôles une humanité encore accentuée par rapport aux personnages de Tolkien (à l'exception notable de Galadriel - que, cependant, je n'ai jamais pu rapprocher de la vierge Marie, ni par moi-même, ni même après que Tolkien me l'ait soufflé...), et leur cheminement personnel, déjà visible dans la Communauté (avec évidemment le magnifique rôle de Boromir) et qui est sans doute appelé à être marqué dans les deux volets suivants, a des accents chrétiens. La figure christique de Frodo me paraît plus directement visible dans le film que dans l'oeuvre originale - même si une minorité de spectateurs la verra ainsi, mais ce n'est pas la faute du réalisateur. <br>En discutant avec des spectateurs qui ne connaissaient pas l'oeuvre, il est frappant de constater qu'une des scènes qui les a le plus marqués est la discussion entre Frodo et Gandalf dans la Moria, sur le fait que Bilbo n'a pas tué Gollum: l'argumentation sur la pitié, qui a des accents chrétiens ceux-ci très visibles, touche indéniablement le spectateur - là encore, la majorité y verra sans doute uniquement la part fondamentalement humaniste de l'oeuvre, mais le réalisateur, qui reprend extrêmement fidèlement le texte de Tolkien (même s'il le déplace), n'y est pour rien. La grille d'analyse chrétienne d'une oeuvre correspond à une culture qui est désormais loin d'être majoritaire et accessible à tous. ça n'enlève rien à la beauté du fond :-)<br>Enfin, je n'ai pas du tout interprété la scène du Conseil d'Elrond comme toi, mais plutôt comme Salinoc.<br>

