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Bilbo le hobbit au cinéma
#23
Hello!<p>Hyarion, merci pour ta réponse. Effectivement j'ai été assez imprécis dans mes termes, mais je dois dire que c'est beaucoup plus facile de préciser maintenant que j'ai ta réponse ;-)<p>Je dois dire pour commencer d'une façon un peu personnelle que ce qui me passionne en art et plus particulièrement en littérature c'est d'essayer d'en avoir une approche globale à tous les niveaux; c'est à dire de situer les oeuvres dans leur époque, par rapport aux autres époques, de les comparer en externe (influence, style, vie des auteurs) pour essayer, au delà d'une lecture purement interne, de saisir, disons, leur "respiration". Pour moi l'Art est quelque chose qui engloberait l'âme des époques et des sociétés, les mélangeant allègrement sans se préoccuper de leur appartenance originelle. Bien entendu c'est quelque chose d'assez hasardeux qui risque souvent de me faire fabriquer un écrin artificiel (tiens justement) pour les oeuvres, construisant entre elles des ponts qui n'existent pas ou les catégorisant de façon un peu leste. Enfin, pour être plus précis, ma période de prédilection, c'est à dire celle à propos de laquelle je picore des images et des mots un peu partout, va de la moitié du XIXème à 1945 (mes connaissances artistiques après cette date sont proches du néant, sauf en cinéma). <br>Maintenant, j'ai employé le terme "ringard" en ce qui concerne la première vague (selon le terme de Sprague de Camp) de la fantasy, l'opposant au "moderne". Pour ce qui est de ce dernier terme, je l'avais employé sciemment pour éviter le terme "contemporain" mais comme le montre ton message, le mot "moderne" peut tout et rien dire. Je vais donc essayer de préciser. <br>Je dois reconnaître avoir une sorte d'obsession baudelairienne de la modernité. La modernité serait ce qui synthétise, quintessence, emporte le passé et lui rajoute quelque chose qui est à la fois neuf et irrémédiablement essentiel une fois apparu. Pour l'évaluer, avoir du recul est bien entendu nécessaire (et je dirai même, quand tu dis préférer les auteurs du passé, que c'est paradoxalement un bon moyen pour ne lire que des modernes, qui sont en général ceux qui restent ;)) C'est ici qu'on peut distinguer "moderne", un état permanent et absolu (Horace, Ovide et les protégés de Mécène sont modernes, et le seront toujours) et "contemporain" qui est un état déjà passé une fois qu'on l'a dit (pour être un peu lyrique ;)) Le moderne dont je voulais parler se référait au moderne né à l'époque d'Howard et de Weird Tales. "Ringard" à l'inverse désignerait les oeuvres qui, au moment de leur création, ne se proposent pas d'aller vers autre chose que ce qui existe déjà. <br>Je réalise en verbalisant mes idées qu'on pourrait, pour nuancer, plutôt parler de "tendance". Je me dis aussi que trouver un terme moins péjoratif que "ringard" serait une bonne idée. Mais j'aime la sonorité du mot ;-)<br>En ce qui concerne Howard, on pourrait déjà noter que, tout comme Lovecraft, il doit sa postérité, pour une bonne part, à ses éxégètes et amis. Le jugement du temps qui passe est donc en partie faussé. Cela dit c'est aussi le cas pour Kafka ;-) Bref! Mon hypothèse est que le premier mouvement de l'heroic-fantasy était ringard dès le moment de sa création, c'est à dire l'expression d'une littérature dont les références imaginaires sont bloquées à la fin du XIXème siècle. Howard écrit à la même époque qu'Hemingway, Pound, Céline, Hesse, Joyce! Je cite là des canons mais c'est pour montrer le décalage. Bien entendu, on peut être un ovni dans son paysage littéraire, mais ce n'est pas le cas de Howard. Il est le produit d'un héritage fantastique auquel il n'apporte pas grand chose. <br>Maintenant, qui a demandé à un écrivain d'apporter quelque chose à quoi que ce soit? Le procédé de création se fait indépendamment de tout cela. Howard explique qu'il se demande si l'écriture de Conan n'est pas le fait de quelque procédé surnaturel, comme si les aventures lui étaient soufflées. A vrai dire je ne prétendais pas porter de jugement en employant le terme "ringard" mais plutôt établir une sorte de classification. D'autant que comme peut-être on peut le voir j'apprécie cette littérature et son histoire (surtout, peut-être). Quel intérêt alors? Et bien si je me souviens bien ;) ce qui a précédé tout cela, nous parlions cinéma. <p>Pour ce qui est de Conan, le film, je n'ai vu que celui de Milius, donc c'est bien de lui dont je parle - je n'ai donc aucune circonstance atténuante quand j'emploie le mot nanar ;) Je veux bien admettre que le film forme une construction esthétique totalement cohérente, et qu'il constitue une expérience originale au niveau cinématographique, mais là où le bât blesse c'est justement au niveau de sa matière de base (Howard) et l'heroic-fantasy des années 20 ne pouvait je crois déboucher que sur ce que j'appelle un nanar, pas tant au niveau de la forme technico-cinématographique (pour le nanar : réalisation minable et décor cheaps, ce qui ici n'est pas le cas) mais bien au niveau du fond -inhérent évidemment à l'oeuvre traitée (gros nichons, héros-primate à musculature débordante l'empêchant de manier son épée correctement - si, si - manque de dialogues, etc ) La soupe de mains même si c'est une bonne et belle soupe de mains ça reste une soupe de mains! Bordel Hyarion, une soupe de mains! ;-) <p><small> >>>Lambertine : et toi tu sais très bien que les elfes du Seigneur des Anneaux le sont, détachés des réalités matérielles! Ils se barrent tous vers l'Ouest, ils sont déjà en train de fader. Enfin... je joue pas ma mauvaise foi, les Moriquendi sont nettement moins détachés que les Eldar ;-)</small>
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