23-11-2006, 01:07
Juste vite fait une réaction à chaud pour la défense de Conan, le film.<p>Pour moi Milius transcende le ringardisme Howardien (même si Howard est sympa à lire,vite fait, il décolle pas franchement du type roman de gare, on est assez d'accord à ce niveau). Or doncques même si il y a un certain creux contextuel du au texte Howardien, Milius a su le gonfler du lyrisme nécessaire pour en faire une saga dans le sens noble du terme. <br>Après tout, les épiques originels ne sont pas nécessairement plus riches au niveau narratif, les sagas médiévales sont même, pareillement, truffées des clichés de l'époque. Mais elles possèdent un souffle atemporel (moderne donc ?) qui les sort de leur contexte et qui fait qu'elles ont une capacité de survivance supérieure aux ringardismes des textes de fantasy de base. Ce pour diverses raisons, à travers leur lyrisme d'une part _ce qui rejoint ta citation d'Oscar, on peut raconter la même histoire de façon plus ou moins captivante_ , d'autre part à travers leur rythme et surtout leur actualité "trans-historique", je dirais. <br>Pour moi, le Conan de Milius atteint ce niveau. Malgré l'histoire simple dont il s'inspire, sa quête datée et ses clichés propres à l'époque qui l'a vue naître, le film de Milius, en mélangeant simplicité héroïque, décadence et lyrisme flamboyant, nous plonge dans un univers à la fois palpable et féérique, à la fois mythique et prosaique. Et de fait, le corps trop musclé gênant les mouvement de Conan, au demeurant héros invicible contribue à ce mélange saisissant de ce qui est familer et de ce qui l'idéalise.<br> Je ne me suis jamais aussi bien immergé dans des films de fantasy qu'Excalibur ou Conan, parcequ'ils possèdent ce côté à la fois cru et à la fois baroque, qui laisse le motif de l'irréel, du merveilleux s'imiscer à travers des portes encore entr'ouvertes de notre propre monde "sensible". Et je pense que c'est cette impression de familiarité, d'intimité presque, avec les héros, qu'on retrouve dans l'Iliade ou Gilgamesh et qu'on sans doute perçu, à l'époque ceux qui se sont les premiers laissés charmer par la lyre des bardes. <p>Ce, au contraire des films actuels à l'esthétique trop soignée, aux détails ultra lèchés, qui ferment totalement le passage au réel. J'avais été agréablement surpris à l'époque par "l'échine du diable" de del Toro, justement parcequ'il avait su ancrer son film fantastique dans l'atmoshpère opressante et nauséabonde d'une guerre d'Espagne essouflée. Je n'ai pas encore vu le labyrinthe de Pan, j'espère y retrouver ce même mélange si caractèristique qui m'avait tant séduit à l'époque.<p>.S qui devrait finir son site et ses mails au lieu de poster.

