23-11-2006, 01:28
Adoncques, Guillaume Piedbleu, rebaptisé dorénavant Pied Bleu tout court, d'ailleurs... !<br>Pied Bleu, dont nous avons pu mesurer l'étendue des impressionnantes connaissances ainsi que la portée d'une réflexion sérieusement menée au travers de ses deux précédents messages... Eh bien, ce Pied Bleu, nous l'appellerons, finalement, Gurth, pour ne pas perdre en chemin celui qui ne serait que peu familier du ci-devant forum.<p>Gurth, donc, dont nous avons pu mesurer etc., veuillez agréer mes sentiments, etc. aussi.<br>Bref, comment peux-tu, mon cher Gurth, t'enfermer dans une vision si superficielle du film de Milius qui constitue le sujet du présent débat, alors que tu sembles disposer de toutes les clés nécessaires à une analyse plus objective et poussée d'une oeuvre dont tu n'as apparemment pas saisi toutes les subtilités ?<br>Conan, barbare, donc héros-primate sur les bords, certes ! Mais au-delà, tout un personnage ! La beauté du film est scellée, dissimulée par la violence et les clichés apparents auxquels tu sembles t'être arrêté... voilà qui est bien regrettable !<br>Pour autant, cela n'invalide pas le vocable "nanar" que tu as, lui, fort bien associé à ce film. Mais ce n'est pas un nanar aussi terne que tu nous l'as décrit, non... C'est une oeuvre, pourrait-on dire, à la beauté elle-même nanarisante. C'est de là aussi que participe l'idée des dialogues extrêmement réduits. La force de l'image et de la musique n'en est que plus percutante... L'ambiance est alors rendue à merveille, c'est un fait. C'est un style cinématographique, disons, qui fait d'autant mieux ressortir le côté nanaresque parfaitement assumé du film.<p>La musique, disais-je... et le grand nom qui lui est associé, Basil Poledouris. Courbettes, révérences, oraisons, louanges, fleurs sur la tombe, tout ça... Ok.<br>N'empêche, quoique dépassant de loin la soupe de Shore, cette musique s'embourbe quelque peu dans des thèmes servis parfois lorsque le silence aurait été tout autant appréciable. Pas vraiment complètement pompier, non, mais parfois, manquant de subtilités dans les nuances et le style, sombrant, à de rares endroits, à la limite de l'insipide (heureusement, c'est vraiment très rare, l'ensemble demeurant bien plus appréciable, tout de même). <br>Cela rejoint sans doute ce que tu évoquais quant à la nanardise, "inhérente à l'oeuvre traitée", disais-tu fort justement. La musique en fait sans doute en bonne partie les frais, car elle participe de ce processus créateur de l'oeuvre cinématographique, et en tant que telle, elle est étroitement liée au fond.<p>Néanmoins, malgré ces notables défauts formels que nous avons évoqués (et quoique clairement assumés), il serait bon que tu tentes une nouvelle vision de cette oeuvre afin dépasser la description que tu nous en as livrée à l'issue de ton dernier post, davantage digne d'un Connard le Barbant que de l'oeuvre de Milius...<p>Et puis, qui sait, une soupe de mains, c'est peut-être excellent, finalement...<p>C.

