Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Bilbo le hobbit au cinéma
#37
Je prends un peu ce fuseau en train et dans le désordre, mais je ne peux pas laisser passer cela: <small>Il n'y a qu'à lire les opinions de Lovecraft (vous me direz que ce n'est pas un vrai auteur d'heroic fantasy, mais il est représentatif des fournisseurs de Weird Tales comme Howard) sur la littérature et la peinture contemporaine - des années 10, 20, 30</small><p>Je m'insurge contre le préjugé consistant à assimiler l'oeuvre de Lovecraft à la littérature des pulps dans leur immense majorité; en effet, si la plus grande partie des textes publiés dans <i>Weird Tales</i> notamment sont d'une très pauvre qualité littéraire (E. Hoffmann Price, Seabury Quinn et consorts), on ne peut pas en dire autant de la plupart de ses textes dont la publication dans ce magazine (sauf pour les premières années) reste toute relative et entachée de nombreux refus de la part e l'éditeur; de plus à quelques exceptions près (comme <i>Herbert West réanimateur</i> qui peut en partie se lire comme une autoparodie) il n'a jamais dévié de ses préoccupations esthétiques (proches de la citation de Wilde plus haut) et de l'idéal de la presse amateur, refusant de se plier aux diktats des magazines pour être publié à tout prix (tout en reconnaissant lui-même avoir subi l'influence néfaste du style des 'pulp writers' malgré qu'il en eût)<p>Concernant son refus de la modernité: en effet ses conceptions littéraires (sauf dans le domaine du fantastique) dénotent un conservatisme certain, en particulier son goût pour le XVIIIe siècle que sa poésie reflète sans conteste...d'un autre côté, il professait une grande aversion pour la littérature et l'esthétique victoriennes, ou pour le roman historique à la Scott ou Dumas.<br>Mais il est faux de dire qu'il se désintéressait complètement de la littérature de son époque au point de la rejeter en bloc, même si ses opinions sont dans l'ensemble assez peu favorables; sa réaction face au poème <i>The Waste Land</i> de T.S. Eliot (parangon de la modernité s'il en fût) est assez cinglante, avec l'écriture d'une satire intitulée 'Waste Paper: a poem of profound insignificance'; malgré tout il appréciait Proust, au moins les 2 premiers volumes de la traduction anglaise, et il considérait Yeats comme 'probably the greatest living poet'...<br>Pour finir, dans une lettre datant de 1923, il affirme: "I have a high respect for these moderns as philosophers and intellectuals, however much I may dismiss and disregard them as artists. T.S. Eliot himself is an acute thinker - but I do not believe he is an artist. An artist must always be a child...and live in dreams and wonder and moonlight. He must think of the lives and colours of things - of life itself - and never stop to pick the glittering fabric to pieces. Alas! <u>Who ever caught and dissected the sunset gold without losing it?</u>"<p>Bref je me suis un peu étendu sur ce point (peut-être hors de propos et de proportion), mais je me sens obligé de rectifier certaines erreurs de jugement assez répandues sur un sujet qui m'est sensible.<p>Par ailleurs concernant le sujet principal du débat, Howard et ses adaptations (à moins que ce ne soit l'adaptation de Bilbo...c'est un peu confus!)<br>Je tiens tout de même à le distinguer de ses collègues, ne serait-ce que pour le cycle de Conan; je crois qu'on peut lui rendre cette justice, surtout quand on lit ses textes débarrassés de l'encombrante glose rajoutée par Sprague de Camp et consorts, de s'être exprimé avec une sincérité dont témoigne, entre autres, sa correspondance avec Lovecraft - ce qui n'exclut pas les scories stylistiques dues essentiellement au support de publication.<br>Le personnage de Conan lui-même est largement plus complexe que sa caricature, y compris dans sa représentation filmique (je renvoie de mémoire, ne l'ayant pas sous la main pour le moment, à l'article de Jacques Goimard sur le sujet dans <i>Critique du merveilleux et de la fantasy</i> chez Pocket)<p>Sur le film (le premier en tout cas) je suis globalement d'accord avec les opinions précédemment exprimées de Hyaron et autres, tout en le plaçant moins haut que le cycle écrit sur tous les plans à l'exception de l'apport indéniable de Poledouris; c'est d'ailleurs pratiquement la seule BOF que je possède indépendamment du film et que j'écoute régulièrement <SMALL>(l'autre étant le travail de Morricone sur 'Le bon, le brute et le truand', mais c'est une autre histoire)</SMALL><p>I.
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)