11-01-2003, 00:09
De bien belles images de paysages néo-zélandais, si belles d'ailleurs que je me pose la question de savoir si elles ne sont pas exagérément trop passées sous le filtre du numérique (ben si, voyons). Le must du film demeure la dimension schizophrénique de Sméagol Gollum, si bien exploitée, si bien respectée, que ce personnage digitalisé est le plus humain de tous, le plus convaincant.<p>Mais cette adaptation n'est pas du tout en phase avec ma vision personnelle et mon imaginaire intérieur et ne répond donc pas à mes attentes :<p>Car le traitement qu'ont fait subir P.J. et ses scénaristes aux Livres III et IV du "Seigneur des Anneaux" est ce qui m'apparaît comme étant un VERITABLE MASSACRE, un grand DETOURNEMENT de l'essence fondamentale du récit grandiose de Tolkien.<p>Je dois admettre qu'il est fort difficile d'adapter un tel mastondonte littéraire (pour moi c'est une erreur), pressions de la production et demande du public obligent; et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle le film en souffre. Je suis prêt à pardonner certaines omissions ou rajouts, mais je ne suis pas du tout réceptif à la façon dont le scénario conditionne le récit à devenir un ramassis de clichés de mise en scène. Le film développe un discours primaire, sans aucune subtilité, redondant parfois. La structure du récit cinématographique des "Deux Tours" est baclée, dispersée : demeure une confusion entre les différentes temporalités du récit (que Tolkien, lui, a su maîtriser).<p>Le traitement des personnages, à l'exception de Gollum, vire au GROTESQUE : Gandalf nous fait le remake de "l'Exorciste" en Rohan, Faramir est un décérébré, pâle copie de Boromir, Arwen et Elrond sont indigestes, inutiles et ennuyeux, Gimli est le clown de service, Legolas devient un surfeur crâneur d'Elf Beach qui n'a d'intensité que son regard aux sourcils froncés de lapin mixomatosé, Aragorn est le super héros de service qui nous fait le saut de la mort, Pippin et Merry glandouillent puissance 10 en forêt de Fangorn et j'en passe...<p>Enfin, et cela finit par achever le film, P.J. et ses scénaristes se sont permis de rajouter des scènes ennuyeuses qui alourdissent considérablement le récit et le stéréotypent. Par dessus, vous ajoutez une mise en scène ampoulée, poussive qui tend à rendre les faits du récits ostentatoires et vous avez au final un hamburger pauvre et indigeste.<p>Je n'aimais déjà pas le 1, mais le 2 a finit par me convaincre que le premier opus était le meilleur et m'a également convaincu de ne pas aller voir le 3.<p>P.S. : Sachez, tout de même, que ce deuxième volet a été trouvé si minable qu'il n'a pas donné envie, à certains profanes, de lire "le Seigneur des Anneaux"... Effet inverse du 1 ?

