29-12-2002, 16:34
Il est évidement permi à tout le monde d'exprimer son avis, même ceux qui pensent que leurs interlocuteurs sont "égoistes et ingrats" parce qu'ils ne se sont pas forcés à aimer ce qui leur a déplu. Mais l'argument de la somme de travail des réas est déplacé. Ce n'est pas parce que l'auteur a travaillé longtemps que son oeuvre est plus digne d'intérêt (et réciproquement). Un croquis effectué en quelques minutes sur une marge est parfois bien plus agréable à l'oeil qu'un tableau classique monotone qui a demandé une année de travail à son auteur. Et ce n'est pas en sachant que tel film conceptuel contemporain italien promu au festival de Cannes a demandé beaucoup de travail et de réflexion à son auteur qu'on va tout à coup cesser de s'endormir devant.<p>Je ne me considère pas comme un ingrat, d'abord parce que j'ai "remercié" Jackson de la seule manière par laquelle je peux le toucher (à moins qu'il ne lise ces fuseaux), à savoir en payant ma place de cinéma. Et s'il est de bon ton de faire croire que le cadeau de Noël de Tante Ursule nous a fait plaisir, je ne vois pas pourquoi je serai tenu de faire la même chose avec un réalisateur néo-zélandais qui n'a jamais entendu parler de moi. <p>De surcroit, Edoras en sait quelque chose, n'ai-je pas souvent venté le travail des technicients et artistes sur ce film ? N'est ce pas moi qui, en réponse à Tar Palantir qui disait que Serkis était nominé aux Oscars, ai rappellé l'importance des infographistes à qui Gollum "a du coûter de nombreuses nuits blanches" ?<p>Je ne me considère pas comme un "égoïste" parce que je ne cherche pas à imposer mon avis à d'autre, seulement à le dire. Et si l'interprétation de la liberté d'expression est pour Edoras de ne pouvoir dire que du bien de ce qu'on n'aime pas, elle me rappelle certains régimes politiques propagandistes. Je trouve que le plus égoïste, dans cette histoire, serait Jackson lui-même, qui cherche à remanier les idées d'un autre pour les accorder aux siennes propres; et à vendre son film plutôt qu'à faire connaitre l'oeuvre du Maître. <p>Pourquoi je (nous ?) commence(ons) par dire ce qui me déplait ? D'abord parce que c'est ce qui est majoritaire, dans mon cas. Quand on dit "j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle", par laquelle est-il coutume de commencer ? Par ailleur, les gens qui travailent dans les milieu artistiques comme les effets spéciaux le savent : ce qui est raté sera tout de suite repéré par le public, alors que ce qui est réussi sera destiné à n'être que percu inconsciemment par le public à qui cela paraîtra naturel.<p>De nombreuwses personnes ici (dont je crois faire partie) savent "rechercher le pourquoi", autres que Dwarven Avenger dont, contrairement à d'autres, la facon d'exprimer ses opinions est aussi respectable que ses opinions elles-même. Mais ce n'est pas en sachant, disons, que la possession de Théoden sert à simplifier l'intrigue tout en personnifiant le "méchant" d'une manière plus claire, ou que le comique du Nain est là pour adoucir l'athmosphère longtemps tendue; ce n'est pas en le sachant que ces scènes me paraîtront moins ridicules, déplacées et contraire à ce que je sais de Tolkien. <p>Ta citation en conclusion de Tolkien parlant par la bouche de Gandalf pourrait s'appliquer à toi-même, Edoras. Ne soit donc pas trop prompt à accuser ceux qui ne font qu'exprimer leur déception, et ne te prend pas pour le vaillant défenseur des réalisateurs opprimés, lequels réalisateurs auraient bien moins besoin de compassion aujourd'hui que le pauvre Tolkien est ses héritiers. <p>>Nico<p>

