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'Le Seigneur des Anneaux' le film...
#53
Ô mes chers détracteurs goguenards et suspicieux, je vais devoir faire œuvre d’évangélisation… Non, la cinéphilie n’est pas un vilain défaut. Non, je n’ai jamais dis que PJ filmait comme un âne (les séquences de la Comté, la fuite vers le gué sont très bien faites). Non, je ne juge pas les films par le seul critère de l’innovation formelle. Allez, on répète après moi !<p>Bon, je me moque et c’est pas bien, mais vous admettrez qu’il est assez fatiguant de se voir prêter des pensées qui n’ont rien à voir avec ce qu’on a pu dire. On a suffisamment critiqué ici la caricature de Tolkien à laquelle PJ se livrait selon certains, pour qu’on évite de s’y livrer à son tour sur ce forum vis-à-vis de certaines interventions qui n’ont pas l’heur de vous plaire.<br>Quelques précisions s’imposent donc.<p>Cher Korsul tu sembles perpétuer l’image de la cinéphilie qu’ont les ignorants et autres personnes pétries de préjugés, à savoir celle de l’intello élitiste et chiant qui mate que des films d’art et essai slovaque (comme tu le fais remarquer avec une finesse toute "gimliesque"). Au risque de perturber le bel ordonnancement de tes convictions, je dirai juste qu’ici comme ailleurs le seul critère qui vaille c’est l’ouverture d’esprit. Il y a des non-cinéphiles qui rejetteront en bloc certains types de films (parce qu’il y a des effets spéciaux, parce que c’est auteurisant donc forcément ennuyeux…) tandis que certains cinéphiles, dont je suis, prendront leur pied en matant des productions 100% fun comme xXx. Je te recommande d’éviter les catégorisations rigides.<br>Encore une chose, la cinéphilie pousse à s’intéresser aux spécificités des œuvres de cinéastes, ce qui implique de rentrer dans la matière même des films, et donc de se plonger dans la technique. Donc si tu veux, l’argument « t’as pas fais d’école de cinéma alors cause pas de mise en scène » vaut pas tripette. Ceci étant dit je reprends certains de vos développements.<p>Je ne vois pas en quoi se demander si ces films apportent quelque chose de neuf au cinéma signifie, comme tu veux me le faire dire, que PJ à voulu un chef d’œuvre du 7ème art. Et puis je ne vois pas en quoi comparer Sda et Matrix est pertinent. Matrix se situe dans un univers déréalisé (la matrice n’est qu’un faux-semblant) où les mouvements de caméra participent pleinement de cette évocation ; ils sont même consubstantiel à la narration ! C’est ce qu’on appelle l’harmonie fond/forme. En plus, on peut dire que Matrix est un film qui fait date dans l’histoire du cinéma car du point du vue de la mise en scène il repousse des limites. Certes il reprend des éléments pré-existants mais les pousse à un degré d’intensité (tous les effets sont signifiants dans le contexte que s’est choisi le film) qui en fait une grande réussite artistique. <p>Ici, je ne vois absolument pas en quoi les effets apportent quelque chose à la narration. Or la répétition des effets gratuits éloigne irrémédiablement le film du statut de grand film. Par exemple, les ralentis n’ont aucune signification fictionnelle, c’est juste une grosse ficelle utilitariste afin d’exalter les sentiments supposés du spectateur ; en d’autres termes de la canalisation bien hollywoodienne de nos émotions (bon, parfois c’est plutôt discrètement fait, mais transformer le procédé en système c’est le signe d’une conception bien pauvre de la mise en scène). En outre, a quoi sert-il d’enchaîner 10 plans d’hélicoptères sur l’Anduin (si c’est pas une preuve du peu d’imagination dans le choix des prises de vue ça !) et de faire des plans saisis en diagonale, si ce n’est pour épater le vulgaire ?! La Terre du Milieu nécessitait-elle autant d’afféterie stylistique dans sa transposition à l’écran ? Les paysages sont beaux comme des chromos, mais on ne les respire pas. Revoyez les films de Terrence Malick ; voilà quelqu’un qui sait prendre son temps pour filmer la nature.<p>Pour le reste, je ne t’ai pas attendu cher Korsul pour visionner la version longue et ce qui m’a frappé dans le commentaire de PJ c’est… Pas un mot de la mise en scène ! Signe révélateur ! En plus les trouvailles que tu sembles lui accorder (sur la perspective, la galadrolight…) sont le fait de son équipe.<br>Voilà, pourquoi je disais précédemment que Sda ne serait jamais un chef d’œuvre (quand bien même l’adaptation du livre aurait été un sans-faute), car on ne peut considérer un film en faisant abstraction de son support, des techniques qui s’y rapportent et de ce qui a été fait avant lui. Or de ce point de vue, Sda ne propose rien de neuf.<br>Enfin pour te répondre Owina, je ne prône pas la recherche formelle à tous crins. Un film peut être très grand simplement en atteignant une puissance émotionnelle très forte, ce qui revient à atteindre une vérité universelle. Sda semble mal barré (les 2T est moins bon au niveau des intéractions de personnages)… <br>Bref. Toutes mes critiques n’empêchent pas que j’ai beaucoup aimé La Communauté, dont j’ai trouvé l’adaptation admirable et d’une véritable intelligence concernant la psychologisation des personnages. Et j’ai même écrasé ma p’tite larme lors de la mort de Boromir… Pour le reste, sur la différenciation versions salles/dvd, je crois que Jackson est réticent à parler de director’s cut car le fourbe nous réserve le label pour la sortie du Sda entièrement remonté en un film unique de 11h !<br>Cordialement.<p>(Ah au fait cher Tsagoï, l’Ent et le roi des wisigoths ne font peut-être qu’un…) <br>
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