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Critique thématique : le statut du 'comique' dans les 2T
#1
Salut à tous,<p>Je vais sans doute faire quelque chose de déconseillé sur un forum ; je vous propose de débattre d'un sujet qui me passionne mais que j'ai déjà abordé en partie dans un autre message, inséré dans le fuseau "Jackon vs Tolkien".<p>Ceux qui souhaitent se concentrer sur cet aspect particulier de mon précédent message peuvent le faire ici.<p>J'ai discuté toute l'après-midi d'hier avec mon meilleur ami des conséquences (à tout niveau) des passages humoristiques / comiques / burlesques sur le film. Je me suis aperçu que c'était pour moi une clé majeure éclairant puissamment mon appréciation générale sur le plaisir que j'ai pris (ou plutôt, que je n'ai PAS pris) à voir le film. Plus encore, il m'a semblé que la discussion m'emmenait loin dans des considérations sur les apports profonds de l'oeuvre de Tolkien, ou si vous préférez(puisqu'il ici de débattre des films plus que des livres) sur la profondeur du scénario de Peter Jackson et sur ce que film finalement nous apporte, ce qu'il grave ou non en nous.<p>Bref, l'oeuvre de Tolkien touche (à mes yeux) au sens de la condition humaine et nous aide à vivre. En va t'il de même avec les films de Peter Jackson ? Je précise que je fais partie de ceux qui croient qu'une oeuvre n'a pas besoin d'être un monument classique pour atteindre une telle dimension ; il y a des BD, des DA ou des chansons de 3 mn qui y parviennent !<p>Mais bon, foin de considérations fumeuses pour le moment, revenons au FILM ! Voici donc le copier/coller de ce que j'ai écrit ailleurs :<p><<<br>(...) Premier problème affligeant, les insertions de répliques et situations comiques /burlesques (Gimli, surf, flamme olympique...) à L'INTERIEUR MEME des scènes dramatiques (la poursuite des Uruks-haï au début ; la bataille finale), ce qui eut pour effet de casser mon émotion, de me SORTIR du film, de m'arracher à la Terre du Milieu (genre, vous savez, le clin d'oeil "réveille toi bonhomme, t'es dans un film, c'est juste du spectacle, détends-toi").<p>Dans la Communauté de l'Anneau, il me semble que les ressorts plus légers et comiques aéraient l'action et libéraient agréablement de la tension ENTRE les scènes capitales pour l'émotion du récit, et pas en plein milieu (sauf Gimli sur le pont de Kazad-Dum, déjà, mais l'exception confirmant la règle, ça m'avait réjoui au fond :-). Et donc, c'était parfait, cohérent, infiniment agréable à suivre (selon moi).<p>Je ne prétends pas que ce défaut (à mes yeux) des 2T soit rédhibitoire pour tous les spectateurs. Beaucoup de mes ami(e)s ont apprécié et souri/rigolé à ces détails devenus si courants dans le cinéma d'aujourd'hui, comme s'il fallait absolument "rire" pour que le spectacle soit total. Ben non, pas pour moi, enfin, pas comme ça.<p>S'il existe déjà tant de block-busters qui détendent, pourquoi ne pas s'autoriser à respecter la tension noire et sublime qui règne souvent au coeur du récit originel du SdA et qui font des moments de délivrance de cette tension des souvenirs extraordinaires, qui nous élèvent au-dessus de nous-même pour atteindre les sphères tragiques de la condition humaine ? Trop risqué commercialement ? Sans doute, mais cela n'en valait-il pas la peine ? Dans l'Athènes Antique, TOUTE la Cité faisait un triomphe aux pièces comiques géniales d'Aristophane, mais TOUTE la Cité se pressait aussi pour se laisser envoûter par les tragédies terribles d'Eschylle ou de Sophocle ! Mélanger les deux artificiellement, c'est absurde. Et pourtant, il y a des moment soù l'on rit aux pièces de Sophocle, et celles d'Aristophane laissent percer des vertiges sous le burlesque. Cherchez l'erreur... (un indice : plus la Cité est devenu caricaturalement démocratique, moins on a joué les pièces tragiques) (...)<br>>><p>A vous :-)<p>PS : collectivement, ce forum est génial ;-)<br>
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