30-12-2002, 13:26
Pour Edoras,<p>1/ Je trouve assez triste à quel point vous semblez être résigné à toute un ensemble de fatalités. Comme si les hommes (scénaristes, réalisateurs et même producteurs) étaient tous forcément soumis et serviles face aux lois d'airan du marché anglo-saxon tel que vous paraissez l'imaginez. Heureusement, je pense que vous avez tort.<br>Même s'il faut être lucide et réaliste sur l'état des civilisations occidentales, il existe encore des artistes, et même des financiers, pour croire qu'un véritable travail artistique (risqué, forcément risqué) peut être un bon pari. Certes, c'est rare. Mais ça existe encore.<br>Cherchons bien parmi les grands films de ces 10 dernières années, et nous trouverons des films dont on s'est pas senti contraint de les larder de burlesque à tous les tempi majeurs de la narration, ce qui EVIDEMMENT n'empêche pas de manier l'humour de manière subtile, puisqu'il en va "du propre de l'homme".<br>Bref, il n'y a pas de 'canons' intangibles, ou si vous préférez, il y en a plusieurs pour REUSSIR un film.<p>2/ J'admets la différence que vous faites entre les rythmes littéraires et cinématographiques, mais quelles conclusions en tirez-vous quant au statut du "comique" dans les 2T ?<p>3/ Ce n'est guère fair-play de votre part de laisser supposer que vos contradicteurs méconnaissent des vérités élémentaires, comme s'il fallait que vous les leurs appreniez (vous avez abusé de ce procédé contre doc_m et cela a nui je crois à vos propos, par ailleurs fort intéressants). Ainsi je souhaite vous rassurer : je n'ignore pas que l'écriture de scénarios à des régles (de même que je j'ignorais pas qu'il fallait différencier livre et film). Mais je n'en tire pas les mêmes conclusions que vous.<br>En effet, à nouveau vous faites appel à une espèce de déterminisme, de fatalité. A vous croire, les "les règles de l'écriture d'un scénario" semblent mener tout droit, FORCEMENT, au récit tel que Peter Jackson l'a produit avec ses scénaristes. Je ne le pense tout simplement pas. Je pense que des choix existaient, que de alternatives étaient possibles et que ces fameux choix en l'occurence n'ont pas été très bons, ou du moins auraient pu être meilleurs. Ainsi, quasiment tous les choix de l'épisode 1 me semblaient très judicieux et concouraient à faire un EXCELLENT film pour la plupart des spectateurs. Dans le 2, non.<p>4/ Les critères de l'humour... Belle et vaste question, en effet. Mais à nouveau, de grâce, ne vous enfermez pas dans des stéréotypes. Ce que vous dites n'est pas faut, mais très partiel et réducteur. Il n'existe pas qu'une façon de rire, même à Hollywood, de même qu'il n'existait pas qu'une façon de rire en 1954.<br>L'humour dans l'épisode 1 me paraissait délectable, et je vous rappelle que j'ai beaucoup aimé ce film. Dans l'épisode 2, l'humour se fait bien plus lourd, burlesque, parfois à la limite de vulgaire.<p>5/ Vous avez parfaitement de souligner la fonction de "détente" nécessaire de l'humour. Le point de mon argumentation n'était pas là mais sur la PLACE de cet humour. Dans l'épisode 1 : très judicieusement réparti, entre les zones dramatiques, et cela permettait de "souffler" sans fouler aux pieds l'émotion (quel bonheur en effet de sentir la tension se relâcher en même temps que l'action s'apaise !). Dans l'épisode 2, au contraire, trop souvent, l'humour burlesque hâche l'action, en son plein milieu, casse l'émotion, casse la tension dramatique et semble dire : "tout ça n'est qu'un film, rien de très sérieux...". Dommage.<p>Merci pour vos arguments. Au plaisir de vous lire à nouveau.<br>

