02-01-2003, 22:25
Je sais que plusieurs contributeurs à ce forum se sont déjà exprimés au sujet de Faramir. Hélas, ces textes fort intéressants, pertinents et originaux sont désormais éclatés en de nombreux endroits et d'autant plus difficiles à retrouver qu'ils ne constituaient souvent qu'une partie d'un message plus général.<p>On a bien voulu considérer que le petit paragraphe assez emporté que j'ai écrit récemment sur le sujet n'était pas totalement mauvais. Je vous le propose donc en tête de ce nouveau fuseau, de même que je l'avais déjà fait pour la question du comique dans les Deux Tours.<p>Ceux qui ont déjà écrit sur le sujet pourraient faire un copier/coller ici de leurs idées et arguments. On réunirait ainsi de façon utile et pratique une réflexion sur la question. Ce n'est qu'une modeste proposition, et si elle n'agrée pas au forum, je le comprendrai très bien.<p>Voici ce paragraphe annoncé (très légèrement retouché) :<p><< Certes, il a déjà été dit plein de choses ici à tort et à travers (je déplore en l'occurence la confusion des premiers fuseaux, pas le fond des critiques concernées) sur la question ; mais le personnage me paraît mériter amplement une focalisation et une synthèse. Il y a un risque toutefois : que l'on se réfère trop étroitement au livre pour crier (c'est sans appel) à la trahison.<p>Si je m'en tiens au personnage du film (effort d'abstraction sincère), je dirais qu'il me semble parfaitement antipathique, voire quelques fois abject (chantage pervers au lac sacré ; manipulation méprisante de l'anneau au cou de Frodon à la pointe de son épée, sans AUCUNE once de noblesse, de sagesse ou de modestie - je sens au contraire à ce moment là la bassesse de sa tentation et son indécision lâche de s'en emparer). Pour moi, c'est une sous-version fourbe et sans relief de Boromir, pour lequel en comparaison j'admire rétrospectivement l'énergie désespérée et la volonté farouche ! Et la conclusion (Faramir "libère" Frodon) est un point d'orgue calamiteux à la veulerie du personnage tel que je l'ai perçu. Détestable !<p>Et pourtant, OUI, je puis apprécier (avec une noire ironie) ce personnage du film, à une condition : que je me dise que c'est là l'un des "méchants" de l'histoire, image de la déchéance humaine. Alors oui, là, tiens, c'est réussi, ça fonctionne, je marche ! Miracle grinçant !<p>Allons, je me suis emporté, pardonnez-moi. Je suppose in fine que le "Faramir" de Tolkien était un personnage trop exceptionnel et subtil pour être à la portée de ce film. Je respecte Peter Jackson, mais il me semble tristement toucher du doigt ici les limites de son empathie avec l'oeuvre de Tolkien (et je remets pas en cause la liberté de l'adaptateur ; Tsagoï, au détour de sa critique récente, vient de s'exprimer admirablement sur ce problème).<p>Au fond, c'est bien difficile pour chacun de nous de s'élever à l'humanité sublime de Faramir.>><br>

