08-01-2003, 18:09
Bon, alors je copie-colle la discussion en cours dans une autre partie de ce forum. Je disais alors :<p>"J'ai lu ici des réflexions très intéressantes sur Faramir et ce que PJ cherche à montrer à travers lui. Je ne conteste pas le choix de PJ d'insister sur la puissance de l'anneau, mais je pense que Tolkien avait un autre objectif pour Faramir. On dit souvent que Tolkien était pessimiste sur l'humanité. Son livre montre combien il est difficile pour un homme (ou un hobbit) de résister à la tentation du pouvoir. L'échec de Frodo au Mont du Destin conforte ce sentiment desepérant.<br>L'unique exception est ce Faramir (Tom Bombadil étant un être à part auquel l'humanité ne peut s'identifier). Lui seul, dans tout le livre, se montre totallement détaché du pouvoir. Ce n'est pas qu'il résiste mieux que les autres, c'est plus profond que ça : ça ne l'intéresse tout simplement pas. <br>Alors que son père et son frère sont furieux contre Aragorn qui vient reprendre le trone de Gondor, Faramir laisse la place avec une facilité déconcertante. De même qu'il laisse partir l'anneau, il s'écarte du trone et se choisit une vie libre et paisible auprès de sa belle.<br>C'est peut-être mon seul regret pour le film : on perd ce personnage unique et résolument positif. Mais on gagne un double de Boromir, enfin capable de renoncer au pouvoir quoique péniblement."<p>Keren a répondu <br>"je ne suis pas sur que l'on perde cet aspect du personnage (c'est trop tot pour le dire en tout cas, il faudra attendre le retour du roi et sa confronttaion à Aragorn pour en être sur).<p>Dans le film, il est pour moi évident que Framir ne veut pas l'anneau pour lui même ou par appétit de puissance, puisqu'il ne le prend pas lui même (c'est à mon avis le sens du jeu de l'épée avec l'anneau, pour montrer que s'il l'avait voulo, il aurait pu le prendre), mais qu'il l'améne à son père à la fois par devoir de Gondorien, par devoir filial, et pour rehausser l'estime de son père pour lui.<p>Par cela il ne montre pas de volonté de pouvoir pour lui même, au contraire je pense"<p>A la reflexion, ce n'est pas faux : même dans le film, Faramir n'est pas directement attiré par l'anneau. Ce qui change par rapport au livre, c'est le détachement et la noblesse dont fait preuve Faramir-du-livre. <br>Comme le faisait très justement remarquer Gil Galad, Faramir-du-film n'est pas dénué d'une certaine cruauté et son besoin de reconnaissance par son père est prépondérant dans ses décisions. <br>Et puis, le Faramir-du-film est présenté avant tout comme un capitaine de guerre, ce qui le rapproche de Boromir alors que Faramir-du-livre ne fait la guerre que par nécessité. Dans le livre, Faramir explique à Frodo qu'à ses yeux, la valeur d'un homme n'a rien à voir avec ses capacités guerrières. Cela lui permet de respecter vraiment Frodo, au contraire de Boromir. <p>L'approche du film est également intéressante mais elle fait un peu doublon avec Aragorn : dans le film, fin du premier épisode, Aragorn aussi laisse partir Frodo alors que l'anneau est à portée de sa main et que tous les témoins sont occupés avec les orcs.<p>Et pour répondre à Morkeleb : je ne regrette pas non plus l'absence de Bombadil dans le film. D'abord, on ne peut pas rendre un tel personnage à l'écran, et puis il fait partie de ces trésors accessibles seulement au lecteur, qui font que le livre sera toujours intéressant à lire. Par contre, je ne le trouve pas déplacé dans le livre : il rappelle au lecteur qu'il est des personnages au-dessus du combat du "bien contre le mal" et que d'autres forces sont à l'oeuvre dans ce monde. C'est moins manichéen.<p>Amicalement.<p><p><p>

