31-01-2003, 12:29
J’ai envie de précisez un peu ma pensée, parce que je me sens un peu responsable du pourrissement passager de ce fuseau, quant le questionnement sur le « racisme » de Tolkien à ouvert sur des argumentations extrêmement courtoises…<p>Bref, ce qui me gène ce n’est pas tant la vision et l’idéologie de Tolkien, dont la connaissance relève plus du travail d’historien, que la vision de Jackson sur le livre de Tolkien. Et je précises vite que je ne considère absolument pas le film de Jackson comme raciste. Je lui reproche plutôt son conformisme esthétique, son côté « World Cinéma ». Tolkien prend bien soin de ne jamais décrire les lieux ou les personnages d’une manière suffisamment précise pour les rattacher à une culture historique connue. Et je trouve que c’est vrai aussi de ses illustrations.<br>Et quant bien même Tolkien aura it été un raciste convaincu, cela ne change pas le problème à mon sens. Les choix esthétiques de Jackson sont ceux qui comptent, car ils sont révélateurs de la perception d’un contemporain. Et pour moi, ce que révèlent ces choix c’est une certaine bêtise, ou en tout cas le conformisme d’une adaptation « le nez sur le tableau ». Et ce conformisme esthétique se double d’un approche fétichiste, dans laquelle le détail (la pierre à affuter sur le fourreau d’Aragorn) devrait valoir pour le tout (une vie passée à errer et dormir dans les bois.).<p>Pour parler d’autre chose, mais sur un sujet corollaire, parlons de la réception du film auprès du public. Je n’arrive pas à me détacher de l’idée que si les Deux Tours obtient plus de succès encore que la CdA- il semble que cela soit le cas- c’est dû, en grande partie à la moitié guerrière du film, dans laquelle on a une éloge assez caricaturale (même si entraînante, j’en conviens) de la résistance à un ennemi commun, de l’union face à l’adversité…Autant cracher le morceau, j’ai l’impression que la réception américaine du film est favorisée par le contexte post –11 septembre, qui conditionne beaucoup la production grand public américaine (voire Spider-Man…). Il est curieux de constater d’ailleurs à quel point cette partie du film écrase les autres dans le souvenir du specateur, alors qu’il me semble évident que la partie avec Gollum contient ce que le film a de plus délicat, subtil et évocateur. Je ne sais pas du tout ce qu’en pense Jackson, ni si c’est un hasard total ou pas…En tout cas, l’attitude récente de Viggo Mortensen, qui proclame partout son opposition à la guerre USA/IRAK revèle une certaine gêne, peut-être, vis-à-vis de l’accueil du film…même si à mes yeux son engagement est tout à son honneur.<p>Pierre Brrr.<br>

