23-01-2003, 12:33
Bonjour JC<p>Intéressante question que celle-ci, tant les éléments d'ambiance des films dits -horrible expression- "techniques" (photo et BO) semblent emporter l'adhésion de la majorité, même chez les plus critiques (d'ailleurs ... oscars). Pour ma part, je suis sorti des projections sans souvenir précis de la musique. N'y vois pas une critique, c'est tout au contraire la preuve, je pense, qu'indissociablement liée au tout, elle se fond harmonieusement dans l'ensemble. Et c'est exactement ce que j'attend d'une BO : suffisamment présente pour accompagner l'image, sans toutefois s'imposer; Une enluminure, un surlignage discret, qui approfondit les couleurs et les émotions, en quelque sorte.<br>Il a donc fallu (douce obligation ;-) que j'acquière le CD de la CdA, pour découvrir isolément les morceaux. "Isolément", c'est d'ailleurs beaucoup dire, puisqu'à leur écoute, des pans entiers du films me revenaient en mémoire, preuve supplémentaire que le pari musical est, à mon sens, globalement très réussi.<br>Pour répondre à ta question, je retiendrais pour ma part deux moments musicaux, hélas trop courts (même dans le CD, dommage) :<br>- la sortie de la Moria, quand la fureur du combat, la peur, la fuite et l'ombre (percussions massives et guttural choeur Maori) laissent place au chant poignant qui souligne la peine qu'éprouvent les Compagnons à réaliser la perte de Gandalf. Une seule voix, quand nul ne parle. La simplicité absolue, le dépouillement, après la profusion de sons et d'action. Le chagrin qui emplit l'espace retrouvé, après le confinement des souterrains. Tout sonne juste : musique, décor, jeu des acteurs. C'est excellent.<br>- Un peu plus tard, la complainte des Galadhrims pour Mithrandir. Elle n'est qu'évoquée dans le livre mais flotte là, dans le soir calme de Caras Galadhon attristée. Je trouve qu'elle rend fidèlement hommage à ce que Tolkien écrit sur les Elfes du Troisième âge : Evanescente, à l'image de leur départ prochain de la terre du milieu; intimiste, comme cette nation est pudique et repliée sur elle-même; triste,comme ces êtres mélancoliques, qui vivent la fin de leur monde. Les chanteurs sont invisibles, comme cette race est secrète. Le rythme en est auguste et les harmoniques, raffinés, images de la lamentation digne d'un peuple poète. C'est très beau ... mais c'est trop court. Quel dommage que PJ se soit cru obligé, au mieux d'écourter, au pire de sacrifier des instants méditatifs tels que celui-là sur l'autel de la "nécessaire", donc systématique et parfois artificielle, alternance action-émotion ! Elle existe, certes, dans le livre, mais c'est l'inversion des proportions, au bénéfice de l'action que je regrette. Mais c'est là une autre histoire, une autre paire de manches et... le thème d'autres fuseaux!<p>Voilà, j'espère ne pas t'avoir lassée avec mes élucubrations. J'attends avec impatience la livraison de la 2ème BO pour me faire une idée...<p>Bien à toi<p>Doryalis, Ecuyer d'armes d'Imrahil.

