20-03-2003, 00:20
Comme quoi... Les goûts et les couleurs... Je suis ressorti des "Deux Tours" dans une humeur violente... enragé à l'idée de m'être encore rapproché de ma mort de trois heures tout en ayant payer pour compter anxieusement les secondes qui me séparaient de la fin de ce cauchemar populeux qui ressassait mes pires souvenirs cinématographiques... <p>Mon cher Greyelm, nous ne devons pas avoir la même conception de la cohérence de la "profondeur"... et surtout du cinéma... <p>Tu auras peut-être du mal à me croire, mais "Gangs of New York" m'a plus ému qu'aucun film depuis... "A tombeau ouvert"... Scorsese est pour moi l'un des derniers grands réalisateurs dans un paysage cinématographique morose. Comparer PJ à Martin, c'est un peu comme dire (pour mes critières de valeurs seulement... cela s'entend) que le "Jeanne d'Arc" luc Besson est plus cohérent et profond que "Shadows" de Cassavetes... ou que les illustrations de John Howe montrent une meilleure maitrîse de l'espace du mouvement et des couleurs que Francis Bacon ou Chagall (je pense à ce dernier à cause de la superbe expo au grand palais que je conseille à tout le monde)... <p>En dehors du misérable "Kundun", il n'a quasiment fait que des chefs-d'oeuvres. Day-Lewis est pour moi, dans ce film à la hauteur de DeNiro dans "Raging Bull" ou "Taxi Driver", d'Al Pacino dans "l'impasse" ou "Scarface".<br>L'histoire, magnifique, est pour moi une Enéide américaine - une anti-Enéide même, pour tout ce qu'elle montre d'anti-romain. Scorsese décrit la naissance mythique de NY comme Virgile le fit pour Rome. La qualité picturale du film immortalise le NY du XIXième comme la Sicile du Parrain: elle en devient du beauté irréelle. <br>Enfin, bref... tout ça pour dire que nous n'avons pas tout à fait un point de vue identique... :-)<p><br>Cirdan

