26-11-2003, 13:43
Dans le fuseau du Légendaire intitulé <a href="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum1/HTML/000959.html"target="Le militarisme de Tolkien ">Le militarisme de Tolkien </a>, MJ a posé la question suivante (au sujet de la phrase *Il y a des choses qui valent la peine qu'on se batte pour elles*) : « Je n’arrive pas à retrouver cette phrase dans le livre ! Pitié, ne m’agressez pas ! Est-elle de Tolkien ou de PJ ? »<p>Ce sont les scénaristes du film, Philippa Boyens et Fran Walsh, qui sont à l’origine de cette phrase et la présente section est donc mieux appropriée pour en parler.<p>Situons l’action dans le film : Frodon vient (Grrrrr) de dévoiler l’Anneau à un Nazgul sur les ruines d’Osgiliath. Sam le tire d’affaire en le faisant rouler au bas d’un escalier pendant que Faramir transperce d’une flèche la panse de la monture ailé du Nazgul.<br>Le film est sur le point de s’achever. c’est un bref moment de répit. Frodon a, selon les scénaristes, été ramené à la réalité par Sam et ce dernier fait un commentaire sur les grandes *histoires* et sur les héros qui y ont participé alors qu’ils auraient eu le loisir de rentrer chez eux mais ne l’ont pas fait « <i>parce qu’ils avaient foi </i>». Le commentaire de Sam est fait en voix-off et c’est l’occasion pour le réalisateur de survoler toutes les différentes histoires du film qui sont en train de s’achever (victoire au gouffre de Helm, victoire en Isengard,…etc…).<p>La tirade sur les héros qui auraient pu rentrer chez eux est inspirée par le livre (SdA, Les Deux Tours, Les Escaliers de Cirith Ungol) : <br><font size=1> SAM: ”<i> - Oui, c'est vrai, dit Sam. Et nous ne serions aucunement ici, si on en avait su plus long avant de partir. Mais je pense qu'il en va souvent ainsi. Les vaillantes choses dans les vieilles histoires et les vieilles chansons, Monsieur Frodon : les aventures, comme j'appelais ça. Je pensais que les merveilleux personnages des contes partaient à la recherche de ces choses parce qu'ils les désiraient, parce qu'elles étaient excitantes et que la vie était un peu terne - que c'était une sorte de jeu, pour ainsi dire. Mais ce n'était pas comme ça avec les histoires qui importaient vraiment ou celles qui restent en mémoire. Il semble que les gens y aient été tout simplement embarqués, d'ordinaire - leur chemin était ainsi tracé, comme vous dites. Mais je pense qu'ils avaient trente-six occasions, comme nous, de s'en retourner, mais ils ne le faisaient pas. Et s'ils l'avaient fait, on n'en saurait rien parce qu'ils seraient oubliés. On entend parler de ceux qui continuaient tout simplement - et pas toujours vers une bonne fin, notez; du moins pas à ce que les gens qui sont dans l'histoire et pas en - dehors appellent une bonne fin. Vous savez : rentrer chez soi et tout trouver en bon état, quoique pas tout à fait pareil - comme le vieux Monsieur Bilbon. Mais ce ne sont pas toujours les meilleures histoires à entendre, si elles peuvent être les meilleures dans lesquelles être embarqué! Je me demande dans quel genre d'histoire nous sommes tombés.”</i></font><p>Dans le bonus du DVD4 intitulé « du livre au film » (ou « du scénario au film »), Philippa Boyens dit ceci :<br>« <i>L’amusant, c’est qu’on séchait à ce moment-là. On a repris la réplique du livre ‘’parce qu’ils avaient la foi’’</i> <font size=1> [réplique que je n’ai pas retrouvée pour le moment en ces termes là]</font>.<i> On l’a mise en scène dans la bouche de Sam et naturellement Frodon ajoute ‘’En quoi avons-nous foi, Sam ?’’. Et là, on a séché. On s’est regardés en pensant ‘’En quoi ont-ils foi ? De quoi parlent-ils, bon sang ?’’ <u>L’idée était de faire attendre le public. C’est de ça qu’il s’agit à la fin du deuxième film</u>. Il s’agit d’attendre. Je me souviens qu’on se regardait en fixant les murs. Il fallait que ça reste vrai. J’ai dit à Fran : ‘’J’ai une réplique que tu vas détester, car c’est le genre de phrase qu’un écrivain qualifierait de casse-gueule’’. Mais si elle est dite avec sincérité, ce qui doit être le cas, ça peut marcher. A savoir ‘’Il y a du bon en ce monde, M. Frodon.’’. Fran a adoré et a dit qu’il fallait ajouter ‘’qui mérite qu’on se batte’’</i> ».<p>Voilà hélas, MJ, d’ou viendrait cette phrase que tu trouves, à juste titre, attachante… De la nécessité de faire attendre le public…!!!<p>Heureusement, ce n'est pas le seul point de vue exprimé puiisque dans le commentaire du film, Fran Walsh dit «<i>On doit se demander quelle est la morale du film, quelle idée maitresse le gouverne. S'il y avait un isntant dans le film où l'on pouvait tout rassembler sous la banière d'un thème unique, c'est bien celui-ci. Cette grande idée, c'est l'importance des Histoires, ce qu'elles sont, ce qu'elles nous apportent et l'idée qu'il existe un sens universel du bien. Que cela trouve ou non un écho dans la réalité. Mais en définitive, nous en avons tous besoin. Les Histoires sont nécessaires. Le bien est une valeur universelle qui n'est pas sujette aux caprices de l'existence.</i>[...] <i>La question que pose Frodon ''en quoi avons-nous foi?'' hante également Gollum/Sméagol car lui aussi se trouve entre deux eaux. Quand il entend qu'il y a encore du bon dans ce monde, il comprend qu'il ne sera jamais comme lui.</i>» Et Philippa Boyens ajoute «<i>Cette Beauté, il l'a perdue et il ne la retrouvera jamais. Frodon peut la retrouver grâce à Sam. Il </i>[Sméagol]<i> a pu croire qu'il y avait encore du bon en ce monde, il a tenté de s'y accrocher mais il a échoué.</i> [...]<i> Sans que nous l'ayons voulu, il y a aussi une grande tristesse dans ce personnage numérique</i>».<p>Voila de quoi alimenter aussi les opinions sur ce pauvre Sméagol.<p>Silmo<br>

