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Déçus??
#16
De la tolérance pour le sieur Jackson, il faut en effet en avoir, car il faut endurer son oeuvre... Quand bien même on n'irait pas la voir, il faut la souffrir au JT, dans les quotidiens, dans les magazines de cinéma, sur nombre de forums qui ne sont pas dédiés à Tolkien, par les gens qui savent qu'on est un admirateur de Tolkien et qui veulent nous en parler, ou pire, par ceux qui citent le film quand on parle des Terres du milieu.<br>Bon, c'est sans doute l'inévitable vague médiatique, mais elle est pénible à endurer à chaque Noël, surtout lorsque l'on a été, comme moi, déçu, parfois jusqu'à l'indignation, par le traitement réservé au seigneur des anneaux dans ces films. Depuis, j'ai mis de l'eau dans mon vin, et si je reste aggacé, je les tolère, au sens de la première définition du Littré "Condescendance, indulgence pour ce que l'on ne veut pas, ou ne peut pas empêcher."(définition de la tolérance, notion qu'il est amusant de retrouver à propos du traitement réservé à Tolkien, car on se rend compte qu'elle est éminnement liée au domaine du religieux, que ce soit la tolérance par rapport au dogme, ou la tolérance civile, etc... Cela dit, tout proche de la tolérance, il y a le tolérable, ce qui est l'indice de ce que l'on peut supporter, et visiblement, pour Edouard, ces films ont franchi les limites du tolérable ;-)<p>Je voulais rejoindre Claire pour souligner le fait que dès que l'on exprime son désappointement par rapport au film, combien de personne arrivent en vague pour traiter l'importun d'intégriste (terme qui me fut attribué sur plusieurs forum, juste parce que j'esquissais une défense du film.) Heureusement, ici, ça n'est pas le cas, et j'aprécie ce forum - où je suis nouveau - car que l'on soit défenseur du film, ou détracteur, les luttes se font à grands coups d'arguements et de réflexion.<br>Mais ailleurs, il me fut dit que j'étais libre de ne pas aimer ce film, à condition toutefois de ne pas le dénigrer publiquement, pour ne pas en dégoûter les autres. Cela ne fut pas formulé ainsi, mais l'idée était que la critique construite et l'analyse n'apportaient rien. La personne revendiquait le droit de dire "j'aime/j'aime pas" et de refuser, allant jusqu'à l'aggressivité, le droit d'expliquer une vision négative du film, dans le sens où elle tendait à convaincre des défauts de celui-ci. L'idée, choquante à mon sens, mais parfaitement logique dans la société où nous vivons, est que chacun est dans son monde, et surtout qu'il ne faut pas venir troubler les petites bulles des autres. Dès lors, le seul échange toléré est celui du renvoi par l'autre de ce qu'on veut entendre : notre propre opinion.<p>Alors, il est vrai que cette attitude idiolectique est moins répandue ici, mais il faut comprendre que, la doxa étant à l'estime pour le film, ceux qui ont été déçus (voir plus) soient amers.<br>A titre personnel, quand je lis un passage comme celui de myau <p>"Quant à moi, précisons : j'ai lu Bilbo et LSDA depuis plus de 15 ans et je continue à les lire, j'ai lu la plupart de ses écrits et autres livres (la 2eme feuille de la compagnie est, à ce propos, vraiment géniale...) ET "POURTANT" (certains semblent trouver celà antinomique) j'ADORE les 3 films, j'ai encore du mal à me remettre du retour du roi...<br>et en globalité je trouve que PJ a été assez fidèle au roman...<br>c’est une ADAPTATION : dans ces 2 médias tres différents, le SDA est fantastique…"<p>Je suis sceptique, pour ne pas dire aggacé. C'est une déclaration d'amour, qui ne repose sur rien d'autre que le sentiment de son auteur, et pour dire que le film est une adaptation, encore faudrait-il le prouver ;-)<br>Imaginez une déclaration sembable en sens inverse, et à quel point elle serait qualifiée d'assertions gratuites, et saluée par un concert de huées. Petit exercice de style :<br>"et en globatlité je trouve que PJ n'a PAS PARLE du seigneur des anneaux... c'est tout sauf une adaptation, et le passage du livre au cinéma DENATURE totalement l'oeuvre de Tolkien." (note, je conserve l'emploi des majuscules, qui contribue à rendre assez impérieux et désagréable le message)<br>Bref, tout cela pour rejoindre le point de vue de Claire, déçue par le fait que l'on ne puisse pas critiquer le film de Jackson, au titre qu'on gâche le plaisir des autres, mais la sortie de ces films n'a-t-elle pas gâché le plaisir de nombres de personnes qui aiment Tolkien, et qui savent que lorsqu'ils en parleront désormais, leurs interlocuteurs auront généralement, et avant toute chose, le film en tête ?<p>Sinon, force est de constater que s'il n'argumente pas, Edouard a cependant raison sur le fait que des jeunes gens perdent leur temps et leur argent. Qu'est-ce que ce film qui sort en salles, sinon un trailer pour le vrai film, qui lui ne sortira que dans un an et en dvd ? Les coupes dans les divers opus sont suffisemment significatives pour montrer que les vraies versions sont les longues. Personnellement, payer une place de ciné pour voir un trailer, quelque part, ça me dérange... sans compter que le film est sorti deux fois en dvd, version courte, puis longue. Une forte odeur d'attrape sous plane dans l'air...<p>Donc a titre personnel, je revendique le droit de dégoûter les autres du film, tant que je le fais à grands coups d'arguments. Ils sont toujours libre de ne pas les lire, mais pourquoi devrais-je, en silence, endurer les commentaires élogieux où je ne me retrouve pas, d'autant plus s'ils ne se reposent même sur une once d'argumentation. La critique positive doit-elle répondre à moins d'exigences que la critique négative ?<p>Bref, mon propos n'est pas ici de d'élaborer une critique du retour du roi, ou d'expliquer l'impression qu'il a sur moi (la critique subjectiviste peut aussi être intéressante si on ne s'arrête pas au j'ADORE mais qu'on explique le pourquoi de cette adoration ;-) mais plutôt de stigmatiser le fait que dans le débat sur le seigneur des anneaux-The movie, les chances sont rarement les mêmes pour les deux camps, ce qui peut expliquer la verve acerbe de certains détracteurs.<p>PS : Kill Bill est la vraie révélation cinématographique de l'automne en ce qui me concerne. La manière que Tarentino a eue d'inclure dans son film les nombreux apports du cinéma asiatique (films de samouraï, films de yakuzas, et même les mangas, donc, cher Coeur de Canard, la matière est éminemment riche, en particulier sur le plan graphique, ou celui de la dynamique des images, et, à mon humble avis, bien plus porteur cinématographiquement parlant que ne peuvent l'être les travaux d'illustrateurs des Terres du milieu - mais ce n'est ni le lieu, ni le temps pour argumenter ces vues. Toutefois, je suis prêt à le faire ailleurs si quelqu'un m'y invite :-) et de les mixer avec des influences plus typiquement occidentales, dont le western n'est pas la moindre (d'ailleurs le volume 2 devrait se décliner sur une thématique western).<br>
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