26-01-2004, 11:10
Les édito de Semprini, bien que superbement écrits, sont aussi à relativiser. Lorsqu'on parle de "Calamiteuse scène du Mont Venteux" pour désigner une scène que d'autres considèrent comme étant une référence de mise en scène, un chef d'oeuvre au sein d'un film, il va de soit que ce sont des édito à relativiser et à prendre au sens le plus subjectif qui soit, même si la forme voudrait montrer l'inverse. ;-)<p>Le même parallèle est à faire avec la scène de Deagol/Smeagol où Fran Walsh évite les règles classiques (vues et revues maintes fois) et nous propose une mise en scène cloitrée, malsaine et qui instaure un malaise qui n'est pas sans évoquer le désastre qui est en train de se dérouler sous nos yeux : le meurtre de Deagol qui conduira à tous les événements que nous connaissons.<br>La mise en scène en gros plans, le jeu extrême des acteurs met le spectateur tout de suite dans une position inconfortable qui va aller jusqu'à l'inévitable. L'effet est parfaitement maîtrisé et nous évite une scène larmoyante, ultra classique, où on aurait eu deux bons copains intelligents que le méchant Anneau arrive à corrompre. Non. Ici, on rentre dans le lard du spectateur et le malaise de l'événement majeur qui est sur le point de venir est, non pas dans le scénario, mais dans la mise en scène qui affecte, si j'ose dire, le subconscient du spectateur. Fran Walsh nous propose une scène de génie, surréaliste, parfaitement maîtrisée. C'est ce genre de scène qui font du Seigneur des Anneaux par Jackson un film bien au dessus du lot, de la masse. Evidemment, ce n'est pas de la mise en scène "grand public" (certains préfèreraient le triste terme "commercial"), mais rentre plutôt dans le domaine de l'intimiste et du film d'auteur personnel, ce qui est d'autant plus remarquable pour un film censé être grand public.<p>Comme quoi, tout est à relativiser ;-)<br>

