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La Voie Royale
#1
Le troisième volet du Seigneur des Anneaux étant "Le Retour du Roi" et PJ ayant eu dans les deux premiers opus une vision très "Aragornocentrée" de l'histoire ( même s'il modifie passablement Aragorn en lui faisant porter comme un fardeau son statut de descendant d'Isildur, tout en gommant ses doutes plus personnels ), ce qui n'était pas vraiment pour me déplaire, je m'attendais à une description plus fidèles de la montée du Prétendant du Gondor vers son trône. Et, je dois l'avouer, j'ai été déçue de constater que les principales étapes de cette "voie royale" ont été purement et simplement éliminées de cette "version courte" du film. Je me doute que certaines seront dans la "version longue", mais je m'insurge en même temps contre cette pratique qui nous a valu un film massacré à la tronçonneuse. Et c'est donc de celui-ci que je vais parler. Tout en admettant que je parle en tant qu'admiratrice de Tolkien particulièrement attachée à cette partie de l'histoire.<p>1. La revendication du Palantir : si Aragorn s'est déjà présenté comme le "descendant d'Isildur", c'est la première fois qu'il revendique ouvertement son héritage dont la Pierre de Vision fait partie. Au grand étonnement de tous, et de Gandalf le premier ( c'est d'ailleurs la seule et unique fois qu'il appelle Aragorn "Seigneur", étant en celà le premier à reconnaître la Royauté du futur souverain ).<p>2. L'étendard d'Arwen : remplacé dans le film pas "Narsil reforgée". On peut accepter le changement ( tout en se demandant pourquoi, car, visuellement, la Bannière Royale aurait été d'un effet visuel et symbolique très fort ).<br>La scène d'Aragorn brandissant pour la première fois l'épée ancestrale ferait-elle donc double emploi avec la revendication précitée ? Je ne le pense pas : il s'agit ici, non d'une revendication, mais d'une acceptation.<p>3. Le "duel mental" avec Sauron : à plusieurs reprise, il est dit dans le film à Aragorn que Sauron craint l'héritier de Numenor. Et au moment où Aragorn peut "matérialiser" cette crainte en défiant son ennemi ( ce qui est d'ailleurs la vraie base de la fameuse "diversion" ).... rien. Sauron attaque donc le Gondor de sa propre initiative, à son gré, et non prématurément, sans avoir pu correctement organiser ses troupes, suite à une provocation de son ennemi qu'il croit en possession de l'Anneau...<p>4. Le Chemin des Morts : passablement résumé, mais pas fondamentalement opposé à l'esprit du livre. Reconnaissance ( moins spontané que dans le livre, mais bon... ) de la légitimité royale par les traîtres à son ancêtre.<p>5. Le recrutement des troupes du Lebennin ( zappé ) : pour la première fois, le Prétendant recrute des troupes dans son propre pays.<p>6. L'intervention de l'Armée des Morts : les morts font tout le boulot à Minas Titith. Malheureusement, celà enlève le rôle symbolique de "catalyseur de troupes" d'Aragorn en tant que Roi. Le moment où il les délie de la malédiction, par contre, aurait pu être un moment très fort, s'il n'y avait eu cette malencontreuse intervention de Gimli.<p>7. Le refus d'entrer dans la ville : et de risquer des troubles internes. Tout Roi légitime qu'il soit , Aragorn ne s'impose pas aux Gondoriens comme un chef de guerre vainqueur, mais veut attendre la fin de la guerre pour se faire reconnaître. Pourquoi diable PJ passe-t-il ce côté "humaniste" de son héros à la trappe ?<p>8. Les Maisons de Guérison : le Roi n'est pas seulement un capitaine de guerre, mais aussi un homme de savoir et de bonté. Il est reconnu comme souverain par Faramir, comme par tous les habitants de la ville ensuite, comme souverain légitime à cause de ce don de thaumaturge, complètement occulté dans le film, qui passe ainsi sur une des plus belles idées de Tolkien : faire reconnaître son Roi, en pleine guerre, non par ses actes de guerre, mais par ses actes de vie. Et montrer un Elessar dévoué jusqu'à l'épuisement à son peuple.<p>9. Le "licenciement" des soldats trop effrayés pour combattre : encore une fois, c'est un des traîts caractéristiques d'Elessar qui passe à la trappe : sa compassion pour ses propres troupes ( quitte à forcer le traît sur Denethor, autant qu'il eut servi à quelque chose par contraste avec son souverain légitime )<p>10. Le couronnement : Aragorn reçoit, agenouillé, la couronne de Gandalf. Mais pas par "choix" personnel comme dans le livre. Ce qui, encore une fois, insiste beaucoup moins sur l'idée de roi-serviteur et non "premier artisan de la victoire" que le livre.<br>La justice du Roi est elle aussi occcultée : pas de pardon des Hommes de Sauron, et pas non plus de "jugement de Beregond" puisque pas de Beregond : la miséricorde et le sens de la justice du Roi passent à la trappe.<p>11. La "redécouverte de l'Arbre Blanc" : il est en fleurs. Point. Donc, pas de doutes d'Aragorn ( bizarre quand on sait qu'il a douté tout le livre ) et pas de "bénédiction" des Valars. Dommage...<p>Bref, si ce Roi avait été n'importe quel Roi non issu de Tolkien, j'aurais trouvé son traîtement positif. Mais PJ a éludé dans cette version de son film les événements les plus symboliques de la "triple légitimité du Roi" pour globalement la réduire à celle des armes et à celle du lignage ( même si ce Roi rete un bon roi et un homme exemplaire ). Dommage.
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