13-01-2004, 21:20
En allant revoir pour une deuxième fois le Retour du Roi j’ai inévitablement été témoin de réactions qui m’ont vraiment fâché de par le manque de sérieux et de respect de certaines personnes. Elles s’étaient comme crues dans leurs salons visionnant un film que par pur divertissement d’un soir où elles pouvaient agir en démontrant leurs ridicules exubérances. C’était futile et je ne vous cache la peine que cela m’a fait. Voici ce que je me souviens.<p>Avant que le film débute j’entends derrière moi une fille chuchoter à son copain de lui expliquer ce qui se passe lorsqu’elle lui demandera parce qu’elle n’a pas lu les livres. Ce n’est pas bien dérangeant à mon avis s’ils le font en chuchotant puisque je fais les oublier facilement, mais ce ne fut pas le cas. Leur ridicule intervention commence dès le début, au prologue. Elle dit en voyant Déagol : «C’est d’Artagnan !». Ce qui inévitablement fait rire une autre dame insignifiante plus loin qui ne la connaissait sûrement pas, ainsi que son copain qui semblait bien assuré de pouvoir agir comme dans son salon en riant bien confortablement. Ensuite, elle poussa un rire en voyant apparaître Gollum réveiller les hobbits. Un vrai petit singe ce Gollum, que c’est comique, on ne pouvait vraiment pas passer à côté de cette observation. Ensuite plusieurs autres stressants rires quand on aperçoit Pippin et Merry s’accorder de bons moments, puis tout gai de retrouver la compagnie. Et ce Gandalf qui vient confirmer la vocation d’accessoire comique de ces deux hobbits pour ce public superficiel : «Les hobbits.», dit-il non étonné par ce genre de plaisanterie sachant qu’il n’y peut rien. Ensuite, quelle autre connerie encore...trouver drôle de savoir que Gollum a autrefois croqué de la chair d’orc. Il n’y a vraiment plus de limite à la stimulation. Plus tard, comme à son habitude de dénigrer Pippin, Gandalf dit de lui qu’il est crétin (ou stupide). Il n’en fallait pas plus pour déclencher l’hystérie de quelques personnes. Il y eut une accalmie qui malheureusement ne m’inspira aucun espoir. C’était le calme avant la tempête. Parce qu’une fois arriver à Minas Tirith, Gandalf semblait encore très amusant en mettant en garde Pippin de ces propos, pour finalement lui dire de ne pas parler devant Denethor. Et ce Pippin toujours à cours de mots devant ce réprimant Gandalf ; un vrai gamin. Par-dessus tout quoi de plus drôle encore que de voir Pippin vulgairement repoussé d’un coup de bâton par Gandalf. Que de situations propices où s’esclaffer. Cependant j’étais encore loin de douter que le paroxysme des éclats de rires et d’énervements était sur le point de se produire. Mais avant cela, il y eut plusieurs réactions notamment au moment où Gollum réussit à mettre Sam à dos de Frodon, un indispensable, mais juste, «Ostie de sale!» (signifiant l’acte vil de Gollum) fut lancé et lorsque Denethor psychiquement vanné avoue qu’il aurait souhaité la mort de Faramir à la place de Boromir où un «Je l’aurais tué, moé!»(vis-à-vis Denethor) fut gracieusement envoyé. Que de preuves épatantes de la sensibilité humaine! À moins que ce ne soit des preuves de son obnubilation égocentrique?! Une fois cette foire bien rodée, tout ce qu’il fallait pour eux était une scène qui avait le potentiel à être perçue comme une intentionnelle farce ou soit un contexte d’une intense charge émotionnelle pouvant être «exubéremment» exprimée par tous ces attentifs illuminés. Ce qui ne manqua pas durant la projection des cette vaste comédie. Que de fortes exclamations de soulagements et de joies accompagnées de courts applaudissements, j’ai entendues d’un groupe d’environ huit personnes manifestant leurs frivoles béatitudes durant la charges des cavaliers du Rohan. J’étais surpassé, ne saisissant presque plus rien du sens que je m’étais fait de non seulement de la trilogie cinématographique, mais aussi de la consciente portée de l’œuvre de Tolkien. J’étais embrouillé. C’est un peu fou de remarquer à quel point l’humain peut faire considérablement preuve d’un manque de conscience sociale si on ne le lui rappelle pas. De plus, c’est continuel. Quelques rires nerveux viennent ajouter à la conviction d’Eowyn face au Roi Sorcier en lui avouant qu’elle est en fait une femme. Sauf que le moment suivant s’enfonça trop pour moi dans le ridicule délire inconscient quand ce même octuor amateur de plaisanteries ne put réussir à étouffer leurs rires à la vue de Théoden terrassé sous son cheval. Je me suis entendu m’emporter spontanément et comme distancié de cette atmosphère : «Qu’est-ce qu’il y a de drôle?!»( dit presque violemment). J’ai eu l’effet désiré d’un silence presque soudain sur ce dérangeant groupe et qui, heureusement, est devenu calme jusqu’à la toute fin. Sinon d’ailleurs dans la salle, j’ai pu entendre ce envoûtant «Ostie de Gimli!». Traduction : «Sacré Gimli!» (ce farceur inventif). Ainsi qu’une remarque perspicace du genre <br>«Ils comptent encore!» (le décompte entre Gimli et Legolas). <p>Pourtant, finalement, ils sont aptes à saisir, d’après la déchirante conclusion, que cette trilogie à une certaine profondeur qui se cache bien au-delà de ce scénario trop aplani pour eux pour avoir antérieurement et plus tôt capter ce message...car ce fut le silence complet qui les aspira durant les toutes dernières minutes qui suivirent la destruction de l’anneau!<br>

