17-01-2004, 22:19
Ce nouvel « édito » est effectivement un plaisir pour la lecture , une référence pour la critique.<br>Difficile Semprini, de te contester l’analyse ;et certainement il n’est pas un dérapage technique qui ait pu t’échapper. Je me fierai sans hésitation à ton jugement sur la conception du film, sur ses erreurs, ses faiblesses du point de vue de la technique cinématographique.<br>Quant au rapport à l’œuvre je crois que tout a été dit déjà et ton argumentation à juste titre ne se situe plus à ce niveau, la condamnation étant sur ce point sans appel !.<br>Mais un peu de contestation ou plutôt une exploitation de quelques uns de tes arguments pour tenter de revaloriser une vison différente :<br>Dans ton introduction tu évoques ce que le film révèle : » une frontière entre ceux qui perçoivent d’abord le cinéma comme une expérience sensorielle et ceux qui y recherchent une vision porteuse d’un sens s’offrant à la réflexion du spectateur » <p>Il me semble que cette phrase résume bien nos divergences d’opinions exprimées dans les différents fuseaux consacrés à l’adaptation.<br>Les deux approches sont à mon sens tout aussi légitimes et ne sont pas révélatrices de nos attitudes vis à vis de l’œuvre écrite.<br>Il n’est pas impératif de souhaiter retrouver sur un écran la réplique exacte de notre univers de lecture. ( Je dis bien non impératif mais je comprends que certains y aspirent !)<br>En dépit de toutes les erreurs techniques accumulées par PJ et que tu soulignes certainement fort à propos , il faut bien reconnaître que la première catégorie a été comblée peut-etre grâce à ces quelques grands moments que tu lui reconnais quand tu déclares notamment « qu’il (PJ)a porté à son plus haut degré un type de splendeur visuel »et en insistant plus loin par cet avis : »Le Retour du Roi réserve d’ailleurs des scènes spectaculaires au spectateur, comme l’arrivée de Gandalf et de Pippin à Minas Tirith, l’exaltant allumage des feux d’alarme de Minas Tirith, ou la charge des Rohirrim. » <p>Aussi, je ne peux pas manquer de me réjouir de cette appréciation même si elle est réductrice : « il y a des moments de très grande beauté plastique dans son adaptation qui pourraient suffire à combler ceux qui retiennent avant tout chez Tolkien son génie visuel. ». Oui !: La splendeur glaciale du hall de Denethor,le départ de Faramir sacrifié, la veillée d’armes de Pippin, jusqu’à la beauté cuivrée de Frodon dans son ultime résistance à l’Anneau et la chute dantesque de l’empire de Sauron !<p>Ce sont ces grands moments qui nous font oublier les évidentes fautes de goût, celles que tous ont relevées et que je complèterai encore par : la porte mélodieuse de la Moria , le palais « féérique » de Galadriel, (dans le 1, mais qui ne passent vraiment pas !) la pièce montée de la vue générale de Minas Tirith, l’éclair « transpatial ??, » de Minas Morgul et ses illuminations glauques ……..<p>Tu termines par ce constat : « Par quoi l’on voit que depuis le début des débats soulevés par l’adaptation du Seigneur des Anneaux se confrontent et s’affrontent aussi bien des lectures différentes du livre que des conceptions différentes du cinéma. » J’ajouterai que l’adaptation cinématographique d’une grande œuvre littéraire et en particulier du genre du SDA qui allie sujets de thèses et pure narration d’un récit merveilleux constitue encore à elle-seule un genre particulier : n’est-il pas raisonnable de scinder les deux approches , de renoncer à rechercher devant un écran la profondeur du livre en s’abandonnant plutôt à ce que l’image peut nous offrir pour enrichir notre imaginaire c’est à dire cet aspect visuel !<br>Une salle de cinéma est-elle vraiment propice aux investigations intellectuelles ? l’aspect épique ou d’épopée s’accommode bien par contre du grand spectacle !<br>Mj<br>

