10-03-2004, 10:33
Anardaiel,<br>Je pense que la trilogie de Jackson n'est pas du tout réductrice des livres, parce qu'elle en est une très belle introduction. Tolkien était philologue, mais le but de Jackson n'était pas d'égaler ou d'approcher les subtilités philologistes (cet adjectif existe ?) de Tolkien : ces films sont une introduction au monde de Tolkien. Le Seigneur des Anneaux de Tolkien est rempli de thèmes très élaborés, d'un style littéraire aussi très élaboré, ainsi que d'un scénario béton sur fond d'action épique. Je pense qu'il est impossible de fidéliser ce livre en une trilogie de "seulement" 11 heures. Mais 11 heures sont suffisantes pour être fidèle à l'esprit général et d'aborder ces thèmes.<br>Tu précises que ce ne sont pas quelques mots d'elfiques qui vont y changer quelque chose. Je pense que c'est là que tu te trompes (à mon avis). Cette introduction à la présence élaborée d'un (deux langage elfique est suffisante pour rester dans l'esprit du livre et ouvrir la curiosité des gens qui découvrent Tolkien par le film. Evidemment cela nécessite un brin de curiosité, mais je pense qu'il faut être curieux pour apprécier Tolkien au-delà de la simple aventure réductrice des détracteurs.<br>Que peut proposer une adaptation ? Une mise en valeur des thèmes : dans ce cas, elle ne pourra jamais égaler l'oeuvre de Tolkien, tout simplement parce qu'elle est inégalable. Une adaptation peut aussi proposer l'aventure épique de l'histoire. Là, ce serait vraiment réducteur de s'arrêter à cela : c'est ce qu'aurait fait un Michael Bay : le spectacle pour le spectacle. Il se trouve que PJ nous met en avant les aspects du livre qui sont le plus apréciables sur un support audiovisuel. Mais un film intelligent, cela existe (heureusement!). Et il se trouve que Jackson a inclus les thèmes de Tolkien : ils sont suffisamment présent pour ne pas être superficiels, et attirent l'attention de celui qui veut en savoir plus : lire les livres. S'il y a uen adaptation qui incite à lire un livre, c'est bien celle-ci, car les thèmes sont présents, mais non poussés comme Tolkien l'a fait.<br>L'exemple que tu cites les langues, en est un bon exemple : tout spectateur aura compris qu'il existe une langue imaginaire derrière. Et quiconque veut en savoir plus va se tourner vers Tolkien. Je trouve que ce n'est pas réducteur, mais au contraire, valorisant pour l'auteur. Un certain public a pu (ou va) découvrir cet auteur alors qu'il n'en avait pas connaissance (ma soeur par exemple). Le film est une magnifique introduction à l'oeuvre complète (on notera que PJ inclus parfois des détails qui sont hors Seigneur des Anneaux), et, en tant que tels, sont de bons films.<br>

