09-02-2004, 19:28
<font size=1>Comme quoi, Lothiriel, des goûts et des couleurs... il est toujours difficile de discuter... à commencer par le "goût de la Cerise" :-) ... mais nous hors-sujettons terriblement)<br>Je ressitue très vite: (rien a voir ici avec PJ) il s'agit d'un film lent, effectivement, du réalisateur iranien Abbas Kiarostami (film de 1996 - Palme d'Or à Cannes, quand même...) décrivant un homme cinquantenaire qui veut mettre fin à ses jours et cherche quelqu'un qui acceptera de l'enterrer... (on comprend au départ qu'a prioori l'important pour lui est moins la mort qu'il va se donner que la nécessité d'avoir une scépulture). Il propose successivement ce "travail" à un soldat, un etudiant en theologie et un gardien de musée.... Manque de chance, aucun des trois n'accepte ce marché sans en discuter (le dialogue avec le gardien de musée est le meilleur des trois). le Film ne montre rien d'autre que le personnage faisant sa demande d'aide aux trois autres - chacun grosso modo 1/2 heure - puis montant en voiture une route en lacets jusqu'à l'endroit choisi et ses discussions avec les protagonnistes. C'est un peu morbide, faut aimer, mais c'est d'une technique cinématographique impecable : le même paysage de montagne vu pendant presque tout le film et pourtant jamais filmé de la même manière.<p>Le suicidaire demande si peu...: quelque pelletées de terre et rien de plus, pourtant, aucun des trois (qui représentent la société: soldat; religieux, civil) n'accepte le deal... et plus le presonnage central veut convaincre, plus on se demande s'il est toujours déterminé à mourir (et si plutôt qu'un coup de pelle, il ne demande pas surtout un coup de pouce pour accomplir l'acte fatidique... ne serait-ce le goût de la cerise...)<p>Ici, le gros plan est efficace, il sert le film (très différent des trop nombreux gros plans reprochés à PJ)<p>Voila ce que j'y trouve au "Goût de la Cerise"... long en bouche avec de l'amertume et pourtant de la douceur, de la rondeur (une belle forme... un beau fruit)...<p>Silmo<p>PS: au fait, L'Anguille, c'est de Shohei Imamura (très beau aussi)</font>

