11-02-2004, 00:12
Hello Lambertine (encore sous le charme, je suis :-)))<p>Beh évidemment qu'on a le droit! Même au risque de passer aux yeux des "personnes ayant autorité" pour un sombre béotien. Il me semble que le fait d'aimer ou pas une oeuvre est avant tout une question de sensibilité et de goûts personnel. Jouent aussi, évidemment, des questions de culture, d'âge, de maturité (sans aucune nuance péjorative, nos propres goûts évoluent, et en général, on n'aime pas les mêmes films à douze ans ou quinze ans qu'à l'âge adulte (passé vingt, on ne compte plus :-D!!!).<p>Et peut-être aussi de notre degré de connaissance en matière de mise en scène, scénario, découpage, montage, etc. Un professionnel du milieu appréciera ou jugera différemment qu'un profane.<p>Tant qu'on y est, et puisqu'on s'amuse ici, voici les films qui m'ont le plus marqué ces dernières années. Je ne les ai pas vu cités sur ce fuseau et j'espère qu'au moins certains d'entre vous les ont vus (et aimés, surtout!). Sinon, courez-y, si vous avez l'occasion, ne la ratez pas.<p>Goya à Bordeaux, de Carlos Saura (Esp. 1999).<br>Flamboyant! Avec dans le rôle du peintre vieillissant, muré dans sa surdité, hanté par ses démons, sombrant dans la folie, le magnifique Francisco Rabal, tellement poignant qu'on a envie de le serrer dans ses bras!<br>Filmé d'une manière très théâtralisée : les murs de sa chambre sont des rideaux translucides, donnant au spectateur l'impression d'entrer sans y être invité, dans l'intimité d'un homme et de son âme. Les tableaux du peintre, reconstitués, s'animent et prennent vie.<br>Superbe musique aussi : castagnettes, clappements de mains, guitares et voix humaines qui déchirent l'air et les âmes (Mais noooooon!!!! pas des cris de nazguls!!!)<p>Festen, de Thomas Vinterberg (Danemark, 1998). <br>Petits incestes en famille. Dur, cru, mais jubilatoire : tout est possible aux acharnés!<p>Bloody Angels, de Karin Julsrud (Norvège, 1999).<br>Dans le genre atemi au plexus qui ne pardonne pas. Un polar noir de noir! Aucune lueur, aucun espoir. L'intégrité et l'innocence sont saccagés à tout jamais de la pire des façon. Brrr! On en sort tétanisé pour longtemps. Et sans grand guignol, sans effets spéciaux, sans dégoulinades. Rien que du vrai, et tout dans les âmes.<p>Et enfin, pour ceux qui aiment les chevaux à en perdre la raison, Mazeppa, de Bartabas (France, 1992). la rencontre du peintre Géricault, fasciné par les chevaux, la mort et la folie, avec l'écuyer Franconi. Musique géorgienne traditionnelle. Pour les chevaux et pour la folie. Faut aimer - me direz-vous - mais pour ceux qui aiment, c'est inoubliable.<p>Et Wajda? Tout le monde a oublié Wajda? Surtout Korczak, Le bois de bouleaux, Canal, La terre de la grande promesse, Cendres et diamants.<p>Et juste pour le plaisir (ce qui n'est pas rien!!) : Unforgiven (traduit par "Impitoyable") de Clint Eastwood. Un western trouble et ambigu, sans repères, où le héros et le méchant (Clint et Gene Hackman) sont en fait le même personnage, tous deux bâtis sur le même modèle. Clint Eastwood est un Grand Monsieur.

