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Votre nouvelle -7
#60
Rha, et moi qui avait rédigé le dernier chapitre d'Elerossë, et ne voulait pas y introduir d'Elfes pour être plus originale ! Pourquoi n'ai-je pas posté les deux chapitres d'un coup, mais pourquoi ? Je le met à la suite, histoire au moins que je n'ai pas gaspillé du temps pour rien :<br><b>L’Entraînement</b><p>Elerossë et Uialwen marchaient dans cette lande désertique. Uialwen portait une épée et une dague, mais son compagnon n’avait qu’une outre remplie d’eau. Les Ethérés sont des êtres de l’air, et ne peuvent être piégés que par l’eau et la pierre. Si l’idée d’Uialwen (qu’Elerossë avait mis du temps à accepter) était simple, son application promettait d’être difficile. Mais ils s’étaient préparés. <p>Ils arrivèrent enfin à la Place. Uialwen s’assouplit, fit siffler ses lames, avant de ramener au centre d’elle-même toute son énergie. Elerossë s’était assis devant un rocher, fermant les yeux. L’Entraînement commença.<p>Il y eut d’abord un temps de silence, comme à chaque fois, et la lande devînt autre. Le ciel sembla ensuite miroiter en longues écharpes de soie vertes et bleues, changeantes et subtiles. Uialwen commença quelques gestes lents, très lents. Insensiblement, le rythme commença à s’accélérer, et le corps de la jeune femme semblait une liane scintillante et bondissante. Méconnaissable, elle traçait une écriture inconnue dans les airs, ses lames se croisaient, et les écharpes aériennes l’entouraient, ne prenant forme que pour elle, abolissant les lois les plus communes de la réalité. Si l’Entraînement d’Elerossë avait pu sembler beau à un improbable visiteur, celui d’Uialwen dépassait les mots des hommes. La conjoncture des Astres y était peut-être pour quelque chose, mais jamais encore les Ethérés avaient été si lumineux. <br>Elerossë gardait les yeux fermés, tout entier à appeler sa mère ; il la savait présente. Le temps s’écoula, hors du monde semblait-il, et Uialwen maniait toujours ses armes sans faillir. Tout à coup, Elerossë se leva, et inonda le rocher de son outre. Les rubans dans le ciel s’immobilisèrent aussitôt, et Uialwen se recroquevilla sur le sol, concentrée à ne pas briser l’Entraînement. Elle fermait les yeux à son tour, bien que sachant ne pas voir la même chose qu’Elerossë ; mais elle respectait sa volonté d’être le seul à voir la forme éthérée de sa mère.<p>Elle était là, debout devant lui, guerrière sublime comme il l’avait vu pour la dernière fois. Mais prisonnière de la pierre et de l’eau, elle était forcée, si elle voulait être libérée, à répondre aux questions pressantes de son fils, à cette angoisse qui lui taraudait la chair. Et quand la réponse vînt, il ne put l’endurer. <p>A son cri, Uialwen comprit que Tyren avait eu, hélas, raison, et qu’il ne lui fallait plus compter sur Elerossë pour le moment. Elle du attendre que l’eau sur la roche sèche, libérant ainsi la mère d’Elerossë. Mais celle-ci ne vînt pas entourer son fils de sa forme mouvante. Les Ethérés ne sont plus humains, certains ne l’ont jamais été, et ils ne connaissent plus d’émotion. Uialwen prit soin de l’éloigner d’Elerossë, et elle enchaîna la fin de l’Entraînement.<p>Quand la mer d’herbe ondoyant sous la brise redevînt lande rêche, elle s’approcha, ivre de fatigue, de son compagnon prostré. Elle l’aida à se relever, le supporta, chancelante, sur la piste qui conduisait à la Cité dans les Arbres. <br>« Tiens bon, Elerossë, tiens encore un peu ; marcher, ce n’est que dérouler le monde sous ses pieds. C’est toi-même qui me l’as dit.<br>« Je ne suis pas moi-même, Uialwen » Sa voix semblait atone. « Je suis mon propre père. »<p>C'était une belle fin non ? Je crois que je m'arrêterai ici pour lui. Je retourne à ma propre nouvelle où il n'y aura personne pour me couper l'herbe sous les pieds.
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