05-04-2003, 00:28
Rha, et moi qui avait rédigé le dernier chapitre d'Elerossë, et ne voulait pas y introduir d'Elfes pour être plus originale ! Pourquoi n'ai-je pas posté les deux chapitres d'un coup, mais pourquoi ? Je le met à la suite, histoire au moins que je n'ai pas gaspillé du temps pour rien :<br><b>LEntraînement</b><p>Elerossë et Uialwen marchaient dans cette lande désertique. Uialwen portait une épée et une dague, mais son compagnon navait quune outre remplie deau. Les Ethérés sont des êtres de lair, et ne peuvent être piégés que par leau et la pierre. Si lidée dUialwen (quElerossë avait mis du temps à accepter) était simple, son application promettait dêtre difficile. Mais ils sétaient préparés. <p>Ils arrivèrent enfin à la Place. Uialwen sassouplit, fit siffler ses lames, avant de ramener au centre delle-même toute son énergie. Elerossë sétait assis devant un rocher, fermant les yeux. LEntraînement commença.<p>Il y eut dabord un temps de silence, comme à chaque fois, et la lande devînt autre. Le ciel sembla ensuite miroiter en longues écharpes de soie vertes et bleues, changeantes et subtiles. Uialwen commença quelques gestes lents, très lents. Insensiblement, le rythme commença à saccélérer, et le corps de la jeune femme semblait une liane scintillante et bondissante. Méconnaissable, elle traçait une écriture inconnue dans les airs, ses lames se croisaient, et les écharpes aériennes lentouraient, ne prenant forme que pour elle, abolissant les lois les plus communes de la réalité. Si lEntraînement dElerossë avait pu sembler beau à un improbable visiteur, celui dUialwen dépassait les mots des hommes. La conjoncture des Astres y était peut-être pour quelque chose, mais jamais encore les Ethérés avaient été si lumineux. <br>Elerossë gardait les yeux fermés, tout entier à appeler sa mère ; il la savait présente. Le temps sécoula, hors du monde semblait-il, et Uialwen maniait toujours ses armes sans faillir. Tout à coup, Elerossë se leva, et inonda le rocher de son outre. Les rubans dans le ciel simmobilisèrent aussitôt, et Uialwen se recroquevilla sur le sol, concentrée à ne pas briser lEntraînement. Elle fermait les yeux à son tour, bien que sachant ne pas voir la même chose quElerossë ; mais elle respectait sa volonté dêtre le seul à voir la forme éthérée de sa mère.<p>Elle était là, debout devant lui, guerrière sublime comme il lavait vu pour la dernière fois. Mais prisonnière de la pierre et de leau, elle était forcée, si elle voulait être libérée, à répondre aux questions pressantes de son fils, à cette angoisse qui lui taraudait la chair. Et quand la réponse vînt, il ne put lendurer. <p>A son cri, Uialwen comprit que Tyren avait eu, hélas, raison, et quil ne lui fallait plus compter sur Elerossë pour le moment. Elle du attendre que leau sur la roche sèche, libérant ainsi la mère dElerossë. Mais celle-ci ne vînt pas entourer son fils de sa forme mouvante. Les Ethérés ne sont plus humains, certains ne lont jamais été, et ils ne connaissent plus démotion. Uialwen prit soin de léloigner dElerossë, et elle enchaîna la fin de lEntraînement.<p>Quand la mer dherbe ondoyant sous la brise redevînt lande rêche, elle sapprocha, ivre de fatigue, de son compagnon prostré. Elle laida à se relever, le supporta, chancelante, sur la piste qui conduisait à la Cité dans les Arbres. <br>« Tiens bon, Elerossë, tiens encore un peu ; marcher, ce nest que dérouler le monde sous ses pieds. Cest toi-même qui me las dit.<br>« Je ne suis pas moi-même, Uialwen » Sa voix semblait atone. « Je suis mon propre père. »<p>C'était une belle fin non ? Je crois que je m'arrêterai ici pour lui. Je retourne à ma propre nouvelle où il n'y aura personne pour me couper l'herbe sous les pieds.

