30-04-2004, 09:24
<B><P ALIGN = CENTER>Tom Bombadil, Peter Jackson et les autres…</P></B><p><br><SMALL><P ALIGN = CENTER><FONT COLOR="Blue"><I>Ils arrivèrent peu après à l'endroit où ils avaient pris congé de Bombadil sur la Route de l'Est; et ils espérèrent, et s'y attendirent à moitié, le trouver là debout pour les accueillir au passage. Mais ils ne virent aucun signe de sa présence; et il y avait une brume grise sur les Hauts des Galgals vers le Sud, et un voile épais sur la Vieille Forêt dans le lointain.</I> <p>Le Retour du Roi, chap. VII</FONT></P></SMALL><p><p>La question a été posée à maintes reprises depuis l’annonce terrible de fin 1999 qui signifiait de manière brutale aux nombreux admirateurs de Tolkien qu’ils n’auraient pas droit à l’<I>adaptation</I> du personnage éminemment sympathique de Tom Bombadil dans ce qui n’était alors que le projet de Peter Jackson et de ses philanthropes producteurs, les tristement célèbres New Line incorporated (avatar de l’ultra-libérale et ouvertement panamérikkkaine AOL-Warner), Miramax et consort.<br>Nouvelle brutale, certes, et à laquelle par la suite, d’aucuns tentèrent d’apporter une ébauche d’explication, avançant par ici que la suppression de ce personnage était nécessaire à la compréhension de la trame narrative cinématographique, ou arguant par-là qu’ôter à Tom Bombadil la très rare occasion du quart d’heure de gloire cinématographique relevait de la peine de pendaison, avec les deux yeux crevés, dans la forêt.<p>Au milieu de ces deux extrêmes, bien entendu caricaturés pour les besoins de ce texte qui ne se veut qu’aux trois-quarts sérieux (je le précise pour les esprits chafouins qui ne se priveront pas, comme à leur habitude, d’attaquer sur le caractère péremptoire et prétentieusement tranché de mes modestes et innocents propos ou plus exactement sur la forme, et pas sur le fond –faute d’argumentation disponible, bien entendu…) au milieu donc se trouvent ceux qui cherchent encore la solution à l’interminable et douloureuse question : « Mais pourquoi donc avoir supprimé Tom Bombadil de l’adaptation du Seigneur des Anneaux ? » <br>Plusieurs tentatives de réponses seront abordées ici. Mais sans volonté aucune de spéculer jusqu’à la nausée, le personnage de Bombadil m’inspirant trop de respect pour que je le confonde abusivement dans un texte où un certain Peter « 11 in ya face ! » Jackson se trouverait déjà... Libre à chacun, par la suite, de concevoir sa propre explication sur l’absence du <I>Merry Fellow</I> dans les sombres arcanes scénaristiques de l’autoproclamée « Trilogie du siècle ».<br>Nous disserterons dans un premier temps sur la soi-disant inutilité de Tom Bombadil dans la trame narrative du Seigneur des Anneaux, justificatif hâtif et poussif que d’aucuns mirent en avant pour légitimer son absence de l’adaptation. Antithèse oblige, nous tenterons de démontrer dans un second temps que le gendre de Dame Rivière est au contraire tout à fait essentiel au déroulement du récit, et que le faire disparaître revient à émasculer purement et simplement tout le charme de la trame narrative finement et longuement élaborée par Tolkien. Nous poursuivrons cette modeste démonstration en tentant d’avancer une explication aussi originale qu’inédite au fait surprenant et récurant de l’éternel sacrifice de l’homme aux bottes jaunes sur l’autel des différentes adaptations du roman de JRR Tolkien. Nous terminerons enfin sur la véritable chance que représente, pour ce personnage attachant, cette absence forcée et contre nature que lui ont imposés les Sharcoux de la haute finance hollywoodienne.<p><br><P ALIGN = CENTER><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/hildebrandt/bombadil.jpg" width=400 height=300></P><p><br>1. TB inutile ?<br>On a souvent lu ces dernières années dans certains textes visant à défendre les choix de Peter « Braindead » Jackson que le personnage de Tom Bombadil n’est pas essentiel au déroulement de l’histoire du Seigneur des Anneaux. Voire qu’il est simplement <I>inutile</I>. Et de citer Tolkien <I>himself</I> pour enfoncer le clou tordu de l’authenticité et de l’orthodoxie absolue : « <I>Tom Bombadil is not an important person - to the narrative </I>» (Lettre à Naomi Mitchison, du 25 avril 1954) La citation du maître étant en général utilisée comme un argument définitif, toute conversation pourrait s’arrêter à ce petit bout de phrase qui, sorti de son contexte, à l’avantage d’être clair… peut-être serait-il cependant utile de revenir sur ce courrier pour relativiser l’importance de la citation. Voyons par exemple le passage sus-cité, replacé dans l’intégralité de l’idée de Tolkien dans sa lettre : « <FONT COLOR="Gray"><I>Tom Bombadil is not an important person – to the narrative. I suppose he has some importance as a 'comment'. I mean, I do not really write like that: he is just an invention (who first appeared in the Oxford Magazine about 1933), and <B>he represents something that I feel important</B>, though I would not be prepared to analyze the feeling precisely. <B>I would not, however, have left him in, if he did not have some kind of function</B>.</I></FONT> » Ainsi donc, Tom « représente quelque chose qui me semble important » nous indique JRR Tolkien, <I>quelque chose</I> que le sympathique professeur d’Oxford n’aurait « pas inclus dans le livre si [ce personnage] n’avait pas eu quelque fonction »… A la lumière de ces quelques phrases, nous constatons donc que Tom Bombadil n’est pas si <I>superfétatoire</I> qu’on voudrait bien nous le faire croire : S’il apparaît comme accessoire à la narration en tant que <I>personnage de roman </I>–sa <I>disparition</I> n’enlevant en effet rien à la compréhension de l’histoire (quoique… ça dépend du scénario qui en découle, comme nous le verrons…)– ce qu’il représente est cependant tout à fait fondamental : il contribue à donner une réelle et indispensable profondeur poétique et énigmatique autant au récit du roman qu’à l’univers d’Arda. Il en est de même pour les autres sacrifiés de l’adaptation, certes moins emblématiques, mais tout aussi importants : Le père Maggotte, le vieil homme-saule, Baie d’Or, l’être des Galgals… Tous ceux sans lesquels la Terre du Milieu perd très nettement en consistance.<p>Bien entendu, quand on revient sur les origines <I>externes</I> de notre célèbre cueilleur de lis d’eau, on trouve aisément de quoi argumenter sur une éventuelle utilité <I>de façade</I> du sus-nommé. <br>Souvenons-nous : Le personnage de Tom Bombadil a été inventé au début des années 30 par Tolkien à partir d’une petite poupée que possédaient ses enfants et qui, nous rappelle la légende, a fini –triste destin– au fond des goguenots du 20, Northmoor Road à Oxford. Ce personnage s’est retrouvé au cœur d’un conte poétique en vers publié en 1934 (soit trois bonnes années avant <I>The Hobbit</I>) sous le titre de <I>The Adventures of Tom Bombadil</I>. Un conte qui, soulignons-le, n’avait à cette date absolument aucun rapport avec l’univers de la Terre du Milieu. D’ailleurs, en y regardant de près et en toute objectivité, rien à la lecture de ces deux oeuvres de Tolkien ne permet de deviner qu'on pourrait se promener dans le même monde. Aussi est-il commode de conclure que le Tom Bombadil qu’on retrouve dans le Seigneur des Anneaux quelques années plus tard, ne fait <I>pas vraiment</I> partie de l’histoire, et que son amusante et poétique intrusion dans l’univers d’Arda est plus un simple plaisir que s’est offert Tolkien pendant la rédaction de son roman, qu’une nécessité absolue de la trame narrative. Un clin d’œil à lui-même et a ses enfants, en quelque sorte… Un peu comme si à la place de Tom on avait retrouvé ce bon vieux Père Noël… Comme quoi, le cours de l’Histoire littéraire tient à peu de choses…<br>Seulement voilà… même s’il existait déjà <I>avant</I> le Seigneur des Anneaux et indépendamment de lui, même si de prime abord, il peut sembler <I>à part</I>, Bombadil se retrouve faire partie désormais de la grande famille des personnages du roman. Au même titre qu’un Sylvebarbe, qu’un Celeborn, qu’un Faramir ou qu’un Glorfindel. Et c’était bien là la volonté de Tolkien lorsqu’en 1962 fut publié le recueil de poèmes et de contes <I>Les Aventures de Tom Bombadil</I>, illustré par Pauline Baynes. Le poème <I>Bombadil goes Boating</I> composé à l’occasion de la sortie de ce livre, a rendu la fameuse petite phrase de la lettre de 1954 à Miss Mitchison, « <I>Tom Bombadil is not an important person - to the narrative </I>» totalement obsolète et démontre une volonté évidente –même si tardive– de rattacher pour de bon et <B>définitivement</B> ce personnage à l’univers de la Comté, et donc par extension à l’univers d’Arda, en parfaite et agréable cohérence avec ce qu’on peut trouver dans le Seigneur des Anneaux . Et sans entrer en contradiction avec le tout premier poème de 1934... et le tout en conservant une douce et méditative opacité. Quel talent ce Tolkien !<p><SMALL>Notons au passage que le procédé n’était pas inédit puisque Tolkien avait déjà intégré un poème de 1923 –et sans lien aucun avec l’univers de la Terre du Milieu– <I>Cat and Fiddle</I> dans le chapitre IX « A l’enseigne du Poney Fringant » de <I>La Communauté de l’Anneau</I> (c'est la chanson que Frodon chante à l'auberge de Bree avant de disparaître devant ses spectateurs, « <I>Aussi le chat sur son violon joua, hey-diddle-diddle…</I> »). Ce poème fut à nouveau intégré plus tard dans Les Aventures de Tom Bombadil (le livre de 1962) sous le titre Man in the Moon Stayed up too Late.</SMALL><p>Quoiqu’il en soit, on a bien compris que Jackson et ses acolytes (ne devrais-je pas dire « ses complices ») avaient pour but de faire un film entièrement dédié aux lucratives scènes d’actions, et ce au détriment de toute finesse psychologique, de toute évocation poétique, de toute profondeur et de tout mystère –à l’exception, bien entendu, de celui de l’alambiquage incertain d’un scénario sans cohérence. A quoi bon, donc, s’encombrer d’un Tom Bombadil auquel de toute façon le public américain de base (qui forme, rappelons-le, la principale clientèle visée par la production) ne comprendrait rien ? De toute façon, Peter Jackson et les deux apprenties-scénaristes dont il s’est lamentablement encombré n’ont absolument rien compris au personnage ! Qu’ont-ils pu saisir lorsque Frodon, dans le roman de Tolkien, demande à Baie d’Or : « Who is Tom Bombadil ? » Et que celle-ci lui répond poétiquement et énigmatiquement : « He is »… Alors forcément, il n’y a rien de surprenant à ce que Jackson, qui je le rappelle est –et restera toute sa vie– celui qui a commis « Braindead », « Bad Taste » et autres scies pour amateurs du genre néandertalien, reste définitivement perplexe, flottant, vacillant dans ses certitudes antipodales… <br>« Douce et méditative opacité », avons-nous dit ? Voilà bien une formule dont le barbu en short ne cherchera même pas la signification, car être obligé d’y réfléchir fait bien entendu très mal au cerveau…<p>Mais au-delà de cette fonction symbolique essentielle de notre bon vieux Tom, la question de l’inutilité du personnage dans le cadre <I>stricto sensu</I> de l’adaptation jacksonienne ouvre la voie à tout un tas de contradictions que je me fais un malin plaisir de vous rappeler.<br>Prenons par exemple le cas de Merry, dont le rôle <I>adapté</I> se retrouve profondément abêti et diminué. Son importance dans le cadre de l’aventure dans le Vieille Forêt était primordial puisqu’il était le « chef » en quelque sorte de la bande des hobbits. <br>Exit Tom, exit la Vieille Forêt. Exit Merry ? Eh bien non : on décide de garder Merry sous la cape d’un abruti fini pour en faire un ridicule faire-valoir comique (au sens hollywoodien du terme, c’est dire si on s’marre !) d’un pénible et laborieux bouffon crétin (baptisé Pippin uniquement pour les besoins de coller à la lucrative estampille <I>Lord of The Rings</I><SMALL>TM</SMALL>). Pas de contradiction dans cette exemple, me direz-vous. Certes, juste de la bêtise crasse. C’est déjà une bien triste conséquence de la disparition de Bombadil…<br>La contradiction commence lorsqu’en supprimant notre ami commun du scénario de l’innommable trilogie, on en revient très logiquement à éliminer impitoyablement et sans état d’âme cette pauvre vieille créature des galgals. Ce qui pose alors l’épineux problème des épées des quatre hobbits. Des épées au rôle capital et incompressible (rappelons pour le néophyte que l’épée de Frodon blesse une première fois le Grand Nazgûl sur le Mont Venteux, que l’épée de Merry blesse une seconde fois ce même Grand Nazgûl sur le champ de bataille de Minas Tirith et que l’épée de Pippin lui sauve la vie aux portes du Morannon). <br>Pour remédier à ce souci que pose la récupération des épées en dehors du cadre des galgals, les <I>adaptateurs</I> ont combiné l’abracadabrante, antinomique et grotesque livraison par Grand Pas –bombardé représentant officiel en lames de Tolède– des quatre épées sorties de nulle part (si ! de Tolède, qu’on vient de dire !) dans l’improbable et kitchissime décors du pseudo-Mont Venteux… Autant d’incroyable bêtise, livrée en vrac au spectateur bovin sans la moindre étiquette de traçabilité, laisse sans bras ! Et force est de constater qu’en ce bas monde, la bêtise fonctionne, hélas, plutôt bien…<br>La logique interne d’un script fort mal ficelé –ou en tout cas enrobé de bons gros nœuds de boudin– aurait raisonnablement du conduire à la suppression d’un autre personnage présentant les mêmes défauts –à savoir de ne pas être important « <I>to the narrative</I> » comme aurait dit l’Ancien– que notre cher Tom Bombadil.<br>Tout comme Tom, ce personnage accueille à domicile les héros qui viennent de courir de bien grands dangers pour qu’ils puissent se reposer ; tout comme Tom, ce personnage leur présente son conjoint ; tout comme Tom, ce personnage refuse l’Anneau que lui tend Frodon ; tout comme Tom, ce personnage donne de bons conseils ; tout comme Tom (heu… vous dites si vous en avez marre, hein ?) ce personnage leur offre des cadeaux et des moyens de locomotion. Et puis, tout comme chez Tom, la demeure de ce personnage semble être située hors du temps et loin des événements de la Terre du Milieu…<br>Ce personnage, que la bande des New Liniens n’a pas cru bon de supprimer, est bien entendu la belle et blonde Galadriel. Il est clair que, physiquement, l’aimable maître Bombadil ne faisait pas le poids : un homme, de « trop forte carrure et trop lourd (…) pas tout à fait d’assez haute taille (…) d’épaisses jambes (…) une longue barbe brune (…) une figure d’un rouge de pomme mure… » face à la rude concurrence elfique, forcément, c’était pas du jeu ! Allez hop ! Dehors le petit gros barbu !<p>Bref, autant de contradictions, de bêtises et de déséquilibres issus de la suppression d’un personnage et des éléments qui lui sont liés, ça laisse perplexe sur la pseudo inutilité dudit personnage, n’est-ce pas ? <p><br><P ALIGN = CENTER><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/hildebrandt/goldberry.jpg" width=400 height=304></P><p><br>2. TB essentiel ?<p>Ayant donc établi l’incongruité et la petitesse des arguments à la petite semaine des tenants de l’inutilité du personnage, nous constatons que Tom Bombadil apparaît en pleine lumière comme essentiel au roman de JRR Tolkien. Aussi bien en élément fondamental de la profondeur poétique, de la réalité et de la féerie d’Arda qu’en tant que personnage de l’histoire. Il est également et surtout essentiel à la structure même de l’histoire du Seigneur des Anneaux.<br>En supprimant le luron aux bottes bleues, les jaxono-stérilisateurs de la forfaiture néo-zélandaise, non contents d’avoir édulcoré, aseptisé, une des œuvres les plus riches de notre temps, ont simplement maladroitement déstructuré la charpente du récit. Ainsi, tout scénario issu d’une éventuelle suppression bombadilienne devient, de fait, bancal, biaisé, boiteux. Gibbeux, oserais-je même ajouter, si je n’avais pas autant de respect pour le célèbre locataire de la rue Quincampoix.<br>Nos amis jacksonophiles auront tôt fait de signaler la fluidité du film d’animations de Ralph Bakshi, auteur de la toute première adaptation de notre roman favori (en 1978). Une adaptation dans laquelle Tom Bombadil avait, rappelons-le, déjà été tristement évincé, également pour des motifs d’inutilité. Sa disparition, ainsi que celle de ses voisins de palier (Vieille Forêt et Galgals) n’aurait, à priori, pas entraîné de dysfonctionnement particulier… mouais… certes. <br>L’apparente fluidité ne tient ici qu’au talent même de Ralph Bakshi (un talent certes méconnu et souvent discutaillé) et à sa volonté manifeste d’avoir malgré tout souhaité rester proche de l’esprit du roman (si, si…). Ainsi, le coup des épées est réglé par une pirouette bien plus sagace, évidente et respectueuse du talent et de l’intelligence de Tolkien que les acrobaties rituelles entrée-de-gamme des apprenti-scénaristes de la clique de Wellington : Chez Bakshi, les hobbits quittent simplement la Comté <B>avec leurs propres épées</B>. <p><P ALIGN = CENTER><img src="http://www.numenoreen.com/Images/halflingdeftness.jpg" width=253 height=190></P><p>L’esprit du roman, que Ralph Bakshi semble avoir beaucoup mieux cerné que son malheureux et mythomane collègue en short, ne tient pas seulement à sa profondeur philosophico-poétique, à la force de l’histoire et des thèmes abordés et à la riche individualité des personnages. Il ne tient pas non plus qu’à une histoire d’épées de hobbits, contrairement à ce qui pourrait m’être hâtivement et bassement rétorqué. Il tient aussi à la puissante et habile structure littéraire qui compose le roman (l’entrelacement), au rythme des chapitres…<br>Il est toujours aisé de brandir son Larousse© tel un taliban en skateboard, fan de Blink 182, en hurlant rituellement la définition du mot adaptation et en blanchissant moralement toutes les trahisons jacksoniennes derrière ce simple mot. Mais une adaptation d’œuvre littéraire n’autorise pas un cinéaste à bafouer le patient travail de l’écrivain en déstructurant la charpente du récit, en minant l’histoire de monceaux d’absurdités et d’incohérences, et en ridiculisant certains des personnages principaux… C’est pourtant ce droit que se sont arrogés Jackson et le gang des menteurs de New Line incorporated, le fielleux et vénal Marc Ordesky en tête, en imposant au monde une vision déformée, falsifiée et avariée de l’œuvre et du travail de Tolkien. Sans le moindre respect pour sa mémoire et ses ayants droit… Un scandale permanent qui se déroule chaque jours avec l'engourdie connivence de millions de fans drogués à la crétinine, la bêtisine, la staracadémine par les télévisions du monde entier.<br>Ahem… Et donc, pour revenir à Bombadil et à son rôle fondamental dans la structure du récit, nous constatons que sa disparition dans l’adaptation hollywoodo-wellingtonienne provoque un irréparable déséquilibre.<p>Un des procédés narratifs de Tolkien, brillamment évoqué par Vincent Ferré dans son ouvrage <I>Tolkien : sur les Rivages de la Terre du Milieu</I> est l’entrelacement. C’est une formule qui, dans un texte aussi vaste que celui du <I>Seigneur des Anneaux</I>, permet d’éviter toute monotonie par l’alternance des personnages et des situations, par des accélérations, des ralentissements, par la maîtrise du suspens. <br>Bien que procédé narratif de l’entrelacement soit sans doute assez difficile à retranscrire au cinéma, Jackson a choisi de tenter la formule en la singeant jusqu’à la nausée en une sorte de brouillon de découpage syncopé et stroboscopique… <br>Quel rapport, me direz-vous, entre l’entrelacement narratif parfaitement maîtrisé par JRR Tolkien et Tom Bombadil ? Tout d’abord cette aparté sur l’entrelacement permet d’enrichir notre culture tolkienienne personnelle (ce qui, en ces temps de quiproquos jaxoniens, ne peut pas faire de mal !), puis elle permet de souligner –une fois de plus– les incohérences des choix néo-zélandais préférant tenter ici l’adaptation casse-gueule d’une technique narrative compliquée tout en supprimant un personnage fluide et essentiel de l’histoire. Enfin, cette évocation de l’entrelacement forme une habile mise en bouche vers notre partie suivante.<p>L’importance fondamentale de la narration dans le Seigneur des Anneaux est en effet illustrée parallèlement par la puissance et la logique du rythme. Comme si l’aventure se déroulant sous nos yeux attentifs et ébahis de simple lecteur était une agréable et entraînante harmonie, un couplet délicieusement et régulièrement martelé avec une logique aussi poétique qu’implacable. Une sorte de répétition musicale, sur des épisodes successifs, d’une seule et unique vaste trame mélodique. <br>Ce rythme est construit selon un schéma qui se répète ainsi : Un départ ; une montée progressive et angoissante vers le danger ; un péril immédiat ; une intervention salutaire ; une période de repos. Ainsi, l’entrée en scène de Tom Bombadil et de son petit monde s’inscrit dans ce même schéma : <p><SMALL>- Le départ des hobbits de Cul de Sac / apparition des cavaliers noirs / Le cavalier noir en haut du talus / arrivée chez le père Maggotte /les hobbits s’y ressourcent. <br>- Départ de la Haricotière / Brume sur la chaussée et qui-vive des hobbits / Présence suggérée du cavalier noir / Arrivée de Merry / pause pour remercier Maggotte qui offre un panier de champignons à Frodon. <br>- Les hobbits reprennent la route en direction du bac / traversée silencieuse et angoissante de la rivière / La forme noire reniflant le ponton / la rivière joue le rôle de l’intervenant en s’imposant entre le poursuivant et les hobbits / arrivée Châteaubouc puis repos à Creux-de-Crique. <br>- Départ de Creux-de-Crique / la traversée de la Vieille Forêt jusqu’à la vallée du Tournesaules / l’agression du Vieil homme-saule / l’intervention de Tom / le repos dans la maison de Tom et de Baie d’Or. <br>- Nouveau départ en direction des hauts des galgals / errance dans la brume et disparition des compagnons de Frodon / le sinistre et mortel rituel de l’être des galgals / nouvelle intervention de Tom qui guide les hobbits jusqu’à la route de l’est / repos à l’auberge de Bree.</SMALL><p>Ce schéma continue ainsi jusqu’à la fin du livre I et au salutaire relâchement à Fondcombe. Puis dans les livres suivants, il prend une ampleur différente, comme si la mélodie montait en puissance. Mais Tom Bombadil n’étant plus concerné par la suite de cette vaste trame musicale, nous laisserons donc céans cette passionnante question.<br>On ne peut s’empêcher de songer ici à l’<I>Ainulindalë</I> et à la Grande Musique des Ainur…<br>Mais les arnaqueurs néo-zélandais n’ont pas lu le Silmarillion. « Ainulindalë » n’évoque pour eux rien d’autre qu’un éventuel pseudonyme <I>elfik</I>d’une quelconque fan prépubère d’Orlando Bloom, prête à dépenser des centaines de dollars en posters, figurines et autres DVDs des diverses et médiocres versions du <I>Seigneur des Oscars</I> et de son atroce et interchangeable bande pas originale. Et pour les rares d’entre eux qui ont glissé un groin poisseux dans le Silmarillion, il n’y ont rien compris et l’ont donc écarté, tout comme ils écartèrent Tom et les siens, provoquant une sinistre discordance dans cette partie de la Grande Musique qu’est le Livre I du Seigneur des Anneaux… Est-ce utile de rejouer pour mémoire la cacophonie que provoque l’irruption <I>subtile</I> et <I>travaillée</I> de Merry (qu’il fallait bien recaser quelque part) et Pippin auprès de Frodon et Sam, la scène ratée du bac, véritable fausse note en triple croche pour triples buses ; le tintamarre visuel que constitue la poursuite digne des heures de gloire de Benny Hill entre le cavalier et les hobbits (il ne manquait plus que le célèbre générique au saxophone), puis l’arrivée discordante des héros à Bree… ? Musicalement, la trame de l’adaptation est au roman ce que les What for de popstar sont aux Fabs Four de Liverpool…<p>Toute cette démonstration ne peut que nous conforter dans l’idée que Tom Bombadil est un personnage essentiel à l’histoire, et que sa suppression de l’adaptation déséquilibre complètement et définitivement toute tentative de scénario.<br>Et de cette suppression malheureuse, le rythme et la cohésion de la Communauté de l’Anneau<SMALL>TM</SMALL> de Peter Jackson ne se remettra jamais.<p><P ALIGN = CENTER><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/nasmith/goldberry.jpg" width=300 height=272></P><p>3. TB méprisé ? <p>Tom est essentiel. Alors, pourquoi cette suppression ? Où se trouve le problème ?<br>Ce Personnage était déjà, comme on l’a vu, le grand sacrifié du film d’animation de Ralph Bakshi. Un film dont Peter Jackson s’est, largement, <A HREF="http://www.numenoreen.com/phorum-3.2.11/read.php?f=3&i=15414&t=15414">inspiré</A> pour de nombreuses scènes. <br>A nouveau, dans le Seigneur des Anneaux<SMALL>TM</SMALL>, Tom Bombadil n’a pas été retenu par l’admirable et oscarisable casting, au milieu duquel, rappelons-le, se trouvent quelques pures merveilles d’acteurs de classe interplanétaire, comme Orlando « Diversion » Bloom, Elijah « Fish-eye » Wood, Cate « I’m blue and I’m proud » Blanchett et bien entendu l’infâme et grotesque Gimli jaxonoïde. Bref, notre ami se retrouve sans emploi pour la seconde fois de sa délicieuse carrière, certes, mais il évite ainsi de se retrouver au milieu de ces Nice People© ringards et pathétiques qui prêtent leurs noms au générique de <I>Vous savez quoi </I>, il n’y a donc pas de quoi avoir honte pour ce bon vieux Tom… Au contraire, l’estampille « recalé d’office au casting New Linien » est à mon avis un gage de respect éternel.<br>La coïncidence entre ces deux évictions pourrait passer inaperçue.<br>Mais le soupçon arrive comme un cheveu sur la soupe, dés lors qu’apparaît discrètement sur les crédits des deux « œuvres », le nom du détenteur de tous les droits cinématographiques du <I>Seigneur des Anneaux</I>, du <I>Hobbit</I>, et de tous leurs dérivés... Saul Zaentz.<br>Mais qui est donc ce sinistre inconnu au nom qui résonne comme un patronyme de forgeur d’anneaux ? <br>A priori, c’est un producteur hollywoodien pur jus. Blindé d’oseille, une villa à Bel Air, un appartement dix pièces sur Hollywood Boulevard, plusieurs grosses bagnoles, une épouse blonde et pulpeuse, un caniche nain avec un collier de diamants… La différence tient à une respectable passion pour le jazz de Coltrane et celui de Miles Davis. L’argent que lui rapporterait sa boite de production de disques (Fantasy records) lui aurait permis de financer certaines œuvres cinématographiques comme <I>Vol au-dessus d'un nid de coucou</I>, <I>Amadeus</I>, <I>Mosquito Coast</I>, <I>l’insoutenable légèreté de l'être</I> ou <I>patient Anglais</I>… et bien sûr <I>Le seigneur des Anneaux</I> de Ralph Bakshi.<br>Un type qui aime <A HREF="http://www.alwaysontherun.net/coltrane/bio1.htm">Coltrane</A> ne peut pas être un type suspect, serait-on tenté d’avancer… Seulement voilà, Saul Zaentz, fan de Jazz, a visiblement un gros problème avec Tom Bombadil. Et pas seulement avec Bombadil, mais avec toute la profondeur poétique dont Tolkien a imprégné le <I>Seigneur des Anneaux</I>. En témoigne l’absence totale des chants et des poèmes dans les films de Jackson. <br>On peut aimer en même temps le jazz et la féerie poétique de Tolkien, ce n’est pas incompatible. Votre modeste serviteur en est une preuve vivante. Mais Zaentz n’aime <I>que</I> le jazz. Et les fantaisies bombadiliennes l’exaspèrent, les <I>Hey dol merry dol ! Ring a dong dillo !</I> n’étant pour lui qu’une grotesque et méprisable réplique anglaise des très respectables <I>Yakety-Yak !</I> ou <I>Wap doo-wap !</I> des <A HREF="http://coasters.dmusic.com/home">Coasters</A>…<br>Car il ne faut pas s’y méprendre. Zaentz ne produit du cinéma que pour l’argent que ça peut lui rapporter, afin de le réinvestir dans sa passion pour le jazz ! Et non le contraire, comme j’ai pu le lire parfois. Ainsi, pour le Seigneur des Anneaux<SMALL>TM</SMALL> de Peter le maladroit, New Line incorporated assurerait –si mes sources sont bonnes, ce qui est loin d’être garanti concernant cette occulte et complexe boue financière– la majeure partie du financement des films. Miramax ne participerait qu’à la production exécutive, en vertu des conditions de cession des droits que ce studio détenait à l’origine ; Et Saul Zaentz, toujours propriétaire des droits cinématographiques et de tous les dérivés empocherait une énorme part du jackpot sans participer financièrement à la production et sans avoir engagé un seul dollar dans la cataclysmique et dégradante forfaiture. <br>Malin le petit Saul. Et homme de bon goût. L’échec commercial du dessin animé de Bakshi l’avait rendu plus que méfiant… et la lecture du script merdique de Jackson et Cie lui a inspiré de conserver une grande prudence. Mais en tant que propriétaire des droits, et conservant une certaine mainmise sur l’élaboration et l’affinement (mwarf !) du projet, il exigea l’exécution du sautillant compagnon de Baie d’Or qu’il n’a jamais pu souffrir.<br>Il n’eut sans doute pas de mal à convaincre un Peter Jackson qui, en fin de compte, n’en avait rien à ficher de ce Tom Bombadil. Après tout, contrairement à la mensongère et mythomane légende entretenue autour de lui, ce Seigneur des Anneaux<SMALL>TM</SMALL> n’était rien d’autre qu’un film de commande pour lequel il a proposé sa <I>naïve</I> candidature… un tremplin possible pour réaliser –enfin– son seul véritable rêve : King Kong ! <br>Et puis rappelons qu ‘avec Peter Jackson, il y avait déjà sur le plateau un homme de « trop forte carrure et trop lourd (…) pas tout à fait d’assez haute taille (…) d’épaisses jambes (…) une longue barbe brune (…) une figure d’un rouge de pomme mure… ». Et il ne pouvait pas y en avoir un deuxième !<p>Ainsi, avec cet éclairage nouveau et cette théorie qui flirte tristement avec le hautement probable, nous pouvons sans nous tromper annoncer solennellement que Tom Bombadil –une fois de plus !– ne figurera pas au générique de la fameuse comédie musicale londonienne annoncée par la production pour 2005 et qui se trouvera être la prochaine adaptation du Seigneur des Anneaux de JRR Tolkien issue des petits carnets occultes de Saul Zaentz…<p><P ALIGN = CENTER><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/kortich/kortich-05.jpg" width=400 height=577></P><p>4. TB absent : une chance ?<br><FONT COLOR="Gray"><I>(…) je ne regrette pas ce raccourci. Je doute que le film aurait pu restituer le mélange si détonnant d'insouciance et de sagesse que représente maître Tom</I></FONT>, nous disait Sébastien Mallet, alias Fangorn, à propos de l’élimination de Tom du scénario frelaté des Jackson, Walsh & Boyens. Cette pertinente remarque, lourde de prémonition et de vérité, nous permet d’introduire notre ultime partie (ouf ! ! diront certains de mes indécrottables détracteurs ! –mais je doute qu’il aient pu tenir jusqu’ici…) sur l’aubaine salutaire que représentent les absences de Tom, de Baie d’Or, du vieil homme-saule et de l’être des galgals.<br>En effet, outre le fait que figurer à l’affiche des fameux blockbusters des soi-disant « <I>Plus grands fans de Tolkien de tous les temps</I> » représente à mes yeux une véritable et définitive tare dans un curriculum vitae (encore que <I>La Communauté</I>, où auraient logiquement du figurer ces personnages, reste de loin la moins ratée des trois épluchures jaxoniennes !), on constate que la profondeur poétique, le mystère, la charmante et agréable bizarrerie que dégagent nos chers disparus dans le roman de Tolkien, restent ainsi purs, frais, naturels, et surtout inaltérés par toutes les inepties pondues par les vues antipodales (dans tous les sens du terme) de ces adaptations mensongères et déformatrices de l’œuvre originale.<p>Dans les Deux Tours<SMALL>TM</SMALL> et le Retour du Roi<SMALL>TM</SMALL>, le traitement nauséabond de Sylvebarbe par les bouseux de Wellington adoucit à lui seul l’absence Bombadilienne et fait frémir de terreur quand on envisage ce qu’aurait alors pu donner une apparition <I>made in New Line</I> de notre ami « le plus ancien et le sans père », de Baie d’Or et des autres... <br>Je ne m’étendrais pas sur le malheureux cas de ce Sylvebarbe ridiculisé, sali par des dialogues sans consistance, affublé d’une voix aphone et atone et amputée de ce fameux regard si bien décrit par Tolkien. Rendu absurde par un scénario qui fait de lui un être aussi obtus que changeant, tandis que son intérêt dans l’effilochement de ce qu’il convient d’appeler le récit, est plus que douteux puisqu’on ne comprend pas, en fin de compte –et surtout après l’inexplicable disparition de Saruman de la troisième scorie de la « trilogie »– à quoi l’ent sans personnalité (je dis « ent » car il faut bien donner un nom à cet créature superficielle et ennuyeuse) peut bien servir… <br>Bref. Un Tom Bombadil mitonné à la même sauce écœurante aurait été moralement et artistiquement criminel. Mais nous avons, hélas, depuis longtemps bien compris que les droits d’adaptation du Seigneur des Anneaux sont entre les mains d’individus peu scrupuleux pour lesquels <I>art</I> et <I>morale</I> n’ont de sens qu’à travers la somme de dollars qu’ils peuvent rapporter…<br>C’est une magnifique chance, donc, que Tom Bombadil et les siens ne figurent définitivement pas au générique final (c’est à dire celui que vous trouverez dans le super DVD version extra longue, série limitée-collector, dans un coffret en forme d’arbre blanc entouré de véritables runes elfikes –<I>designed by John Howe©</I>–, entre le rayon sanitaire et le rayon charcuterie de votre supermarché préféré, pour 74,99 € seulement, entre le 20 décembre et le 10 janvier uniquement et sur réservation, parking gratuit.) et que la poésie, la féerie et la magie d’Arda soient, par leur absence <B>totale</B> des trois blockbusters des noëls 2001,2002 et 2003, restées non souillés par les doigts saturés d’arachide de l’infâme charlatan qu’est Peter Jackson.<br>Et puis ça nous évite aussi le lamentable spectacle d’une pathétique figurine cachée à l’intérieur d’une œuf de plastique jaune, lui même escamoté à l’intérieur d’un œuf en chocolat dont je ne citerai pas la marque… ou encore la pénible vision de la poupée Barbie-Baie d’Or avec sa brosse à cheveux, exposée aux côtés de l’être des Galgals qui fais « KSSS-KSSSS ! » quand on l’agite…<p><P ALIGN = CENTER><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/gely/tom_bombadils_country.jpg" width=372 height=420></P><p><br>5. Conclusion : Qui est TB ?<br>A la lumière de cette modeste analyse de la non-présence du sautillant au chapeau plumé dans la trilogie jacksonienne, peut-être pouvons nous apporter notre contribution à l’éternelle question que tout admirateur de Tolkien s’est posé au moins une fois dans sa vie, en se réveillant en sueur dans son lit au milieu d’une nuit sans lune : « Mais qui est donc Tom Bombadil ? »<br>La réponse est en fait aussi simple que définitive. Et peut-être pouvons nous remercier –toute proportion gardée– le Seigneur des Anneaux<SMALL>TM</SMALL> d’avoir ouvert la voie vers la solution : Tom Bombadil, ce mystérieux personnage du roman de Tolkien, est en fait tout ce que n’est pas et ne sera jamais l’univers fétide des trois pelures bourino-manichéenes oscarisées de cet aigrefin de Peter Jackson.<p>Enfin, forts de cette ébauche de réponse, peut-on assurément se féliciter –même si la justification officielle passe par de fallacieux arguments évoquant l’inutilité du personnage– de ne pas avoir eu à <I>subir</I> un Tom Bombadil Jacksonien, à l’image de celui, atroce, que nous proposent<A HREF="http://perso.wanadoo.fr/sanjuro/film/photos/imgnews/bombadil1.jpg"> ici </A>les escogriffes de Decipher©. <p>Merci d’avoir tout lu jusqu’au bout.<p><SMALL>Les images de Tom, Baie d’Or et du Vieil homme-saule viennent du site <A HREF="http://fan.theonering.net/rolozo/">Rolozo</A>(sauf la photo de Pippin, empruntée aux abysses de <A HREF="http://www.numenoreen.com/"> Numenoréen.com</A>).</SMALL><p>I. <p><P ALIGN = CENTER><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/cimatoribus/Tom_Bombadil.jpg" width=334 height=322></P><p><p><SMALL><FONT COLOR="Blue">Avec une dédicace spéciale et amicale à Michel Pluen ;o) </FONT></SMALL><br>

