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Du rapport respect de l'Oeuvre/durée des films : on nous aurait menti ?
#1
J’ai pu avoir l’occasion au cours de ces trois dernières années de lire beaucoup de choses à propos des trois machines à engranger Oscars et Dollars de Peter Jackson.<br>Ayant pris le parti –que je crois juste– de défendre une certaine vision –que je sais partagée– de l’oeuvre de Tolkien, je me suis constamment vu opposer toutes sortes d'arguments, des plus facilement démontables aux moins recevables, au milieu desquels trônaient en bonne position la masse des railleries, les inévitables insultes et –heureusement plus rares et toujours virtuelles – quelques sordides menaces de mort.<br>En fin de compte, en terme d’antithèses à ma modeste contribution à la critique anti-jacksonienne, vraiment rien de sérieusement solide. <br>En trois ans. <br>Pour trois films croulant sous toutes sortes de doucereuses et mièvres récompenses. <br>Trois films de presque trois heures chacun. <br>Quelle absolue misère. <br>Et quel continuel et délicieux ravissement pour mon ego ;o)<p>On lit ainsi souvent, au milieu des argumentaires à la petite semaine de mes amis les défenseurs des initiatives jacksoniennes –mais aussi, curieusement, dans les textes de certains détracteurs de la <i>chose antipodale</i>– qu’une adaptation réellement fidèle à l’œuvre de Tolkien aurait nécessité de nombreuses heures supplémentaires de pellicules. <br>Cette idée solidement établie dans les esprits remonte à l’époque lointaine des anxieuses veillées précédent la sortie de la version estropiée (c’est à dire la « version salle de cinéma » ou encore « version pour les pauvres », comme vous préférez) de la <i>Communauté de l’Anneau<small>TM</small></i>.<br>Je vous propose un petit florilège de ce qui se disait alors à ce sujet, et de ce qui se dit encore aujourd’hui sur le thème du rapport fidélité/durée d’une adaptation de l’œuvre de JRR Tolkien. Ces extraits proviennent tous de la section <i>Les films</i> du forum de JRRVF. J’aurai pu en prendre des quantités d’autres du même acabit sur numenoreen.com et surtout sur elbakin.com où le simple avis critique à l’égard d’un des trois tiers-films est synonyme de bannissement et où les panégyristes de la jacksonnerie triomphante sont légion –voire légion étrangère vu le niveau et la qualité des argumentations– mais je souhaitais, me le reprochera-t-on, de rester en famille et de ne citer que certains de nos chers amis de JRRVF dont la simple présence sur les fora de ce site est déjà un gage de discernement, d’intelligence et de finesse d’esprit. <br>Ainsi lit-on :<p><small>--> <i>Si j'en crois le(s) grognon(s) (pas le grogneur), il faudrait attendre qu'un linguiste-cineaste se jette à l'eau et nous sorte un film de 40 heures pour que l'on puisse aller le voir sans avoir honte ? Pour que le film mérite simplement d'être vu ?</i><br>(Greyelm – 02/12/2001)<p>--> <i>Ne soyons pas non plus trop exigents, il est impossible de retranscrire toute l'ame du récit de Tolkien, même en 9 heures. Jackson a relevé le défi, et s'il n'est pas d'une excellence absolue, il gagne une mention très bien ! Bref, il ne s'est pas foutu du monde, et après tout, c'est tout ce qu'on demandait</i><br>(Grishnakh – 19/12/2001)<p>--> <i>6 films de 3 heures auraient été l'ultime version cinématographique, compte tenu de la richesse des livres. (ou au moins 2 films de 3 heures pour la Compagnie de l'Anneau, les 2 autres parties étant plus courtes).</i><br>(Le Yan – 21/12/2001)<p>--> <i>Il est évident que P.Jackson ne pouvait inclure dans ce premier volet toutes les milles et une petites histoires du tome premier, le film aurait dure 8 heures....</i><br>(Kruger – 22/12/2001)<p>--> <i>On ne pouvait pas attendre du film une adaptation totalement fidele du livre, notamment parce qu'il n'aurait pas fallu 3 mais 6 heures. Et allez trouver un producteur pour un film de 6 heures !!</i><br>(NasGul – 28/12/2001)<p>--> <i>M'enfin on m'enlevera pas de l'esprit qu'il aurait fallu un film de 20 heures, pareil que les livres</i><br>(Ghorghor – 20/12/2002)<p>--> <i>Un film ne dure que 3H et il est impensable de développer proprement la noria de personnages secondaires du livre. C’est ce qui explique notamment la disparition de Glorfindel au profit d’Arwen, et probablement d’Erkenbrand au profit d’Eomer : trop de noms et de visages différents pour le grand public, ça serait devenu imbittable</i><br>(Korsul – 03/01/2003)<p>--> <i>Si PJ avait du mettre tous les éléments essentiels pour que tout se tienne, il aurait fallu des films de 6 ou 7 heures...</i><br>(Gawain – 28/04/2004)</small><p>Mais d’où peut donc bien provenir cette idée étrange et si généralement admise ? <br>Des vieux admirateurs de Tolkien ? Pas certain. <p>Des propagandistes de la New Line ? Du gang des <i>auteurs</i> de cette « triffouillogie » ? C’est nettement plus probable. Le mensonge étant, depuis les premières heures –qui remonteraient, nous dit-on, à 1995– le moyen de communication favori à destination des futurs clients.<p>Ainsi peut-on lire en janvier 2002 : « Le film aurait pu être nettement plus long si nous avions adapté le livre de Tolkien à la lettre. Il aurait fait dans les 5 ou 6 heures » (interview de P.Jackson, Ciné Live n°53 à propos de la Communauté de l’Anneau<small>TM</small>)<p>Ben voyons. Jolie démonstration de désinformation. Ou bien maladroite façon de justifier son incompétence en manoeuvrant avec de pathétiques explications mensongères.<p>Les décideurs de cette vaste entreprise savaient dés la première heure que l’adaptation serait biaisée et tronquée de certaines scènes et de certains personnages majeurs. Les raisons ont déjà été supposées <A HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum4/HTML/000552.html">ici.</A> <br>Le seul réalisateur a avoir accepté le boulot, un néo-zélandais naïf et rustique qui n’avait lu le Seigneur des Anneaux qu’une seule fois à l’âge de dix-huit ans sans vraiment le comprendre, ne fut pas difficile à convaincre.<p>Seulement voilà, avant Jackson avait sévit un sympathique réalisateur avant-gardiste qui, produit par Saul Zaentz, avait pondu un étonnant film d’animation <i>adapté</i> du Seigneur des Anneaux de JRR Tolkien : Ralph Bakshi.<br>Son film a certes ses défauts : pas de Tom Bombadil, des orques affreux, une vision originale et surprenante de Boromir (ah ! ce casque à cornes…), l’humeur surjouée de Gandalf (« vous êtes tous des déments ! Des déments ! »), les mimiques proches du trouble obsessionnel convulsif de maître Sam… et bien entendu une fin brutale et frustrante sur la sortie des armées de Saruman de l’Isengard…<br>Mais au moins, l’essentiel des thèmes du Livre étaient respecté. L’esprit sombre, mélancolique et poétique se retrouvait dans cette adaptation. Et le réalisateur n’en a pas rajouté des masses et des masses pour affrioler la clientèle. <br>En deux heures, deux tomes du Seigneur des Anneaux étaient bouclés sans que rien ne soit rendu absurde ou incompréhensible. Sans ajout (à part quelques dialogues sans prétentions). Avec une réelle considération pour la narration (même si Tom… ok, j’arrête.) <br>Les personnages se sont même permis de traîner un peu les pieds en Lorien. C’est dire s’ils avaient du temps devant eux…<p>Hélas, se fut un échec commercial. Et la suite du film de Bakshi ne vit jamais le jour au cinéma.<p>Les vieux admirateurs, les connaisseurs, ceux <i>à qui-on-ne-la-fait-pas</i>, qui –il faut le dire– étaient déjà à l’époque assez nombreux mais quelque peu dispersés et pas vraiment conscients de la force qu’ils pouvaient représenter, connaissaient le film de Bakshi, ses qualités, ses défauts. Et surtout sa durée...<br>Ces roublards n’étaient certes pas faciles à piéger. Et l’annonce de la préparation d’un film retraçant les aventures de leurs héros préférés les remplit d’espoir autant que de naturelle méfiance.<br>Pour les convaincre –étape délicate, voire épineuse– il a fallu par le biais d’une propagande savamment distillée, les persuader à la fois de l’immensité de la tâche en cours de réalisation et –ô subtile façon de caresser dans le sens du poil– les assurer de la correspondance des labeurs des équipes de montage, tournage, maquillage, etc… avec la grandeur, la puissance et la complexité inégalée dans la littérature planétaire de l’œuvre à <i>adapter</i>. <br>On peut sans doute trouver par cette explication une des raisons qui ont poussé des passionnés comme David Salo, Alan Lee, John Howe et bien d’autres, moins connus mais tout autant <i>connaisseurs</i> à s’engager en faveur de cette adaptation et à se rendre complice –en toute bonne foi– de la vaste forfaiture en cours.<p>Tous ces arguments mensongers, et suffisamment séduisants pour convaincre, sur la potentielle ingérable durée d’une adaptation cinématographique strictement fidèle à l’œuvre de Tolkien ne sont destinés qu’à couvrir et à justifier les choix douteux, erronés et stupides du <i>scénario</i> –enfin, de ce que les propagandistes de New Line, qui font les beaux dans les appendices des jolis DVD, osent appeler « scénario »– <p>En effet, un scénariste organisé et rigoureux, ayant une bonne maîtrise de l’œuvre à adapter, à savoir le <i>Seigneur des Anneaux </i>de Tolkien, aurait très facilement pu obtenir une bonne et fidèle adaptation du livre en deux films de trois heures ou bien trois films de deux heures. Par « fidèle », entendez « respectant les schémas et les thèmes du livre » et « évitant les écarts hasardeux et fantasques dignes d’apprenti-cinéastes… » ou « ne traitant pas que de thèmes de façade subjectivement choisis pour leurs fortes potentialités à ratisser les foules ». On aurait alors retrouvé Tom Bombadil et les siens, Glorfindel, mais aussi la vraie Arwen et plus loin, l’incontournable prince Imrahil. Et le tout sans que ça pèse sur le scénario et l’ensemble du ou des films, n’en déplaise aux menteurs de la jacksonnerie internationale et leurs nombreux complices, volontaires et involontaires…<p>Au lieu de ça, toutes les bêtises et bouffonneries –qu’on appellera « digressions » eut égard au long et fastidieux travail titanesque du ci-devant Jackson et de ses acolytes– du pseudo-scénario plombent mortellement le timing aléatoire de la « trilogie » et désunissent complètement l’ensemble de l’<i>œuvre</i>.<p>Un inventaire –non exhaustif, je suis pas maso, hein !– des scènes inutiles et absurdes de la pesante brochette de boulets du barbu de Wellington et un subtil chronométrage de tout cet indigeste mixture vont nous permettre de mesurer la quantité de temps idiotement perdu. Le critère de sélection est plutôt facile : la scène doit être en parfaite incohérence avec le reste de l’histoire et sans aucun rapport avec l’esprit du livre qu’on est censé adapter. Certaines scènes révèlent également une certaine incompétence dans le jeu d’acteur ainsi que dans la réalisation (mais ce critère n’est que secondaire car très subjectif…)<br>
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