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Du rapport respect de l'Oeuvre/durée des films : on nous aurait menti ?
#25
Cher Maître Took,<p>Loin de moi l'idée de contrer tes arguments un par un... En plus, je suis d'accord avec une bonne partie d'entre eux (quoique, la Galadriel verte, moi je l'aime bien... si, si. Allez-y, étripez moi ! ;-) ).<p>Non, je voudrais me repencher sur le soi-disant chef-d'oeuvre de Bakshi. Parce que là, désolée, et malgré toute mon affection pour tes écrits enflammés ô combien réjouissants, JE NE SUIS PAS D'ACCORD !<p>M'enfin, revois-la, cette horreur. Et surtout, re-jette un oeil sur ce rapport au temps, catastrophique, traduisant une tromperie tout aussi immonde que celle que tu dénonces. Alors oui, Bakshi va jusqu'à la moitié du récit à peu près. Mais à quel prix ? J'ai vu son film deux fois. Assez pour en garder un souvenir hilare. Mes compagnons de visionnage n'ont pas tenu, pour la plupart, après le Balrog. Fautes de goût, certes, mais aussi fautes de construction abominables.<p>Le souvenir qui reste imprimé en moi, ce n'est ni le Balrog, justement, ni les orques affreux, ni même la Galadriel-Barbie qui bat des cils au milieu de voix angéliques complètement hors de propos. Non. C'est ce sentiment que tout le métrage a été monté sur un tapis roulant qui accélère, accélère, accélère, jusqu'à ce qu tout le monde se retrouve le cul par terre. Les novices tolkieniens qui m'accompagnaient dans cette soirée haute en couleur devant la télé n'ont strictement rien compris, ni à l'enjeu, ni à l'atmosphère, ni au scénario dans son expression la plus simple. C'est bien simple... Je me suis entendu dire: "C'est CA, le SDA ?". Où est cette soi-disant cohérence, cette soi-disant mélancolie, cette poésie ? Si le livre m'en submerge, Bakshi ne m'en a offert qu'une triste parodie.<p>Relis-toi, Maître Took:<br>"Mais au moins, l’essentiel des thèmes du Livre étaient respecté. L’esprit sombre, mélancolique et poétique se retrouvait dans cette adaptation. Et le réalisateur n’en a pas rajouté des masses et des masses pour affrioler la clientèle. <br>En deux heures, deux tomes du Seigneur des Anneaux étaient bouclés sans que rien ne soit rendu absurde ou incompréhensible. Sans ajout (à part quelques dialogues sans prétentions). Avec une réelle considération pour la narration (même si Tom… ok, j’arrête.) <br>Les personnages se sont même permis de traîner un peu les pieds en Lorien. C’est dire s’ils avaient du temps devant eux…"<p>Je ne suis pas fan (ô combien !) du tiers-film jaxonoïde. Mais prendre pour exemple ce "truc" suranimé, décousu, laid et impigeable pour qui débarque, c'est un peu tiré par les cheveux, non ? J'ai peur que tu ne places la chose sur un piédestal en pardonnant toutes ses horreurs juste parce que le manque de fonds sonne comme un gage d'authenticité, d'honnêteté. Personnellement, je ne vois pas le rapport. Pire: je persiste à croire que Bakshi s'est très bien rendu compte que l'entreprise était vouée à l'échec, et qu'il a sabordé le récit pour pouvoir tout de même sortir quelque-chose, même si c'était une merde. C'est plus honorable que mal adapter un récit qu'on ne comprend qu'à moitié ? J'en suis pas si sûre... Mais bon... On pardonne l'échec commercial comme on condamne une notoriété surfaite.<p>Sur ce, je vais relire tes coupes sombres. Je me ressers un café, et je prends garde à la brumisation...<p>b. :-D
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