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D'Aragorn
#1
Loin de moi l’idée de vouloir lancer une polémique quelconque : juste l’envie de revenir sur le traîtement que PJ a fait subir à quelqu’un qui est probablement le personnage littéraire qui m’a le plus « pris à la gorge » de tous les personnages qui ont croisé ma route. A savoir le Roi du Retour, à savoir Aragorn.<p>Qu’on ne vienne pas me faire dire ce que je n’ai pas dit : j’ai bien aimé l’interprétation de Viggo Mortensen. C’est juste que… il y a un truc qui manque, plusieurs trucs, même, et qui n’ont rien àvoir avec Mortensen, mais plutôt avec le scénario de Mme Boyens.<p>Bien. Dans le film, on voit un Aragorn qui, en quelque sorte, refuse son destin de Roi. L’Aragorn du livre ne le refuse pas. Non qu’il soit un homme ambitieux : il aurait sans doute préféré une vie de Rôdeur et un mariage tranquille au poids du pouvoir. Il préférait aussi l’amour à l’aventure pour l’aventure. Mais… il y a un mais : Aragorn est un homme de devoir, et quand il apparaît que son devoir est non seulement d’escorter Frodon, mais également de reprendre la direction des opérations à Minas Tirith, il ne lui viendrait pas à l’esprit de refuser. Même s’il se rend compte de la chappe de plomb du pouvoir. Et même s’il lui arrive de douter.<p>Parce qu’il doute, l’Aragorn du livre. Et il est curieux que ces moments de doute profond ne soient pas évoqué dans le film ( entre autre après la mort de Boromir, qui est pourtant très émouvante dans le film, le « allons chasser de l’Orc » sur un ton décidé n’est pas du tout dans le ton du roman qui nous montre un homme presqu’en état de choc). Il doute, mais de ses décisions propres, de lui-même. PAS de sa lignée. Il est le digne descendant d’Isildur – qui s’il a failli là où tous auraient failli et là où Frodon faillira reste un homme honorable – de Beren, de Tuor, d’Elendil, d’Earendil, de Turgon, de Melian … et on peut continuer ainsi longtemps. Il n’a pas honte de sa lignée parce qu’il n’a PAS à en avoir honte. Il a au contraire à s’en montrer DIGNE et ce n’est pas évident. C’est sans doute encore plus difficile que de racheter la faute d’un aïeul.<p>De plus, il manque un « petit quelque chose » à la progression de l’Aragorn du film : c’est l’importance de sa force de volonté. Qui est bien plus présente dans le livre, surtout lors de la course des trois chasseurs, justement alors qu’il est lui-même à bout de nerfs, ou lors de – oui, c’est mon dada, je sais – lors de sa « revendication » du Palantir qui est selon moi son premier acte royal, et dans le duel mental qui l’opposera à Sauron – et qui est le véritable point de départ de la fameuse « diversion ».<p>Deux choses encore : l’Aragorn du livre n’est ni hautain, ni hiératique. C’est un homme fier, conscient de ce qu’il est mais tout autant charnel et foncièrement « humain ». Un homme discret, voire secret, mais qu’un souvenir transfigure, et que le mépris de ses contemporains (voire Bree) fait souffrir. Qui après la bataille passe la nuit entière, jusqu’à l’extrême limite de ses forces, à soigner ses sujets malades.Et qui n’aurait jamais songé un instant à embrasser sa Reine en public.<br>
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