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D'Aragorn
#11
Oh! un sujet comparatif sur l'Aragorn du film et du livre, voilà qui promet de bien jolis échanges, surtout avec Lambertine en chef d'orchestre ;)<br>Il semble que le même passage nous ait beaucoup marqué l'une comme l'autre, celui ou Aragorn est en proie au doute et laisse entrevoir son humanité. Je craignais en fait, lorsque j'ai appris qu'un film était en cours que ce passage ne soit complètement éludé et Aragorn transformé en super guerrier bien bourrin. Effectivement, la phrase "allons chasser l'orc" est peut-être mal venue à ce moment là (même si une phrase semblable se trouve dans le roman). Cependant, des doutes il en a tout au long du film. Des doutes sur son héritage tout d'abord : là je ne suis pas tout à fait d'accord avec Lambertine, je ne pense pas que, dans le film, Aragorn ait honte de ses ancètres, il a simplement peur de succomber, comme Isildur. Le livre insiste d'ailleurs beaucoup moins sur une éventuelle faute commise par ce dernier, mais Aragorn sous entend au conseil d'Elrond qu'il doit rattraper l'erreur de son ancètre. Je ne pense pas que ce soit un mauvais choix, cela diverge par rapport au livre, mais je trouve que cela créé un lien plus intime entre Aragorn et l'anneau et donne un enjeu supplémentaire. <br>Ensuite, deuxième point de doute pour Aragorn, cette fois totalement inventé pour le film, c'est à la fois un questionnement sur son désir et sa capacité à s'intégrer aux Hommes et à régir ce peuple. C'est principalement dans la version longue que ce point est mis en relief : on y voit qu'il a été élevé par les elfes et plus particulièrement par Elrond (qui visiblement ne porte par les Hommes dans son coeur), on voit ses échanges calmes ou houleux avec Boromir, qui lui, tente de lui redonner foi en ce peuple, et y parvient d'ailleurs à la fin de la communauté. Là aussi je trouve cet ajout au livre bien venu car il permet de complexifier à la fois les personnages d'Aragorn et de Boromir.<br>Enfin, il doute par rapport à Arwen : ne souhaitant pas la priver de ce qu'il pense être une grace (son immortalité), il se culpabilise. Même si l'idée de départ n'était pas mauvaise au depart, il me semble que cette partie du scénario a été surdéveloppée et enrobée d'un sirop parfois incongru.<p>Il est clair que les scénaristes ont tenté d'accentuer l'aspect humain du personnage. C'est une bonne chose, mais comme dit Lambertine, il manque l'autre facette : celle de l'homme décidé, qui accepte son destin et qui est capable de juger de lui-même les différentes situations (sans avoir besoins d'intermédiaires comme Elrond pour lui "suggérer" ce qu'il doit faire). En fait l'Aragorn du film est peut-être devenu un peu trop humain justement, ce qui le rend commun. On n'a plus vraiment l'impression que ce personnage a quelque chose de particulier, une noblesse qui le fasse sortir de l'ordinaire.<br>Personnellement, l'un des plus gros reproche que je ferais à l'Aragorn de PJ est son instabilité trop évidente...au lieu de le nuancer par petites touches, ils l'ont transformé en une vrai girouette. L'exemple le plus choquant est, selon moi, un "Estel" qui ne cesse de perdre, puis de retrouver l'espoir... Le personnage perd en crédibilité, et cela ne correspond pas vraiment à celui du roman qui incarne, justement, l'espoir, et ne devrait jamais le perdre.
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