31-08-2004, 18:19
Rohan :<br>Je peux très facilement me remettre dans la peau d'un lecteur qui n'a lu que le SdA (AVEC les Annexes!) puisque je ne connais le Légendaire depuis moins de 3 ans (grâce au premier film), et que je n'ai toujours pas lu en entier le Silmarillion (rooohhh).<br>Je peux dire que ce qui m'a poussé à lire le SdA jusqu'au bout fut justement de constater tout l'écart entre le traitement de Tolkien et celui de Jackson de trois thèmes : espoir, compassion, volonté. Dès le second livre, je constatais que Tolkien faisait vibrer des cordes particulières dans mon inconscient littéraire et croyant. <br>Un exemple crucial de ma première lecture : la disparition de Gandalf. <br>L'émotion de la disparition de Gandalf, mais certainement pas que l'émotion, la manière dont cette émotion était amenée, cette manière indiquait une signification : <i>"Je suis le serviteur du Feu Secret"</i>...<br>Et que lisais-je juste après dans la bouche d'Aragorn ?<br><i>"Venez! Je vais vous conduire à présent! Nous devons obéir à son dernier commandement. Suivez-moi!"</i><br>La fuite, le spleurs, les battements de tambour qui roulent derrière eux, la lumière mais au dernier moment des orques qui barrent la route, et Aragorn, seul avec son "courroux", qui "abat" le "capitaine" permettant à la Compagnie de passer le seuil de la Moria.<br>Et le texte d'ajouter :<br><i>Ainsi, <b>contre tout espoir</b>, ils avaient enfin retrouvé le ciel, et ils sentirent le vent sur leurs visages.</i> (SdA, II.5 {364}<p>Aragorn est donc celui qui, face au mal, "abat" l'orque de son épée(<i>smote to the ground</i> {363}) comme Gandalf "abat" le pont de son bâton (<i>he smote the bridge before him</i> {362}. Ainsi, Aragorn était, comme Gandalf, celui qui combat pour les autres et, ouvrant une brêche, leur donne accès à une lumière inespérée. Celui qui redonne de l'espoir <i>contre tout espoir</i>. Ces mots, je me souviens combien ils ont résonné en moi.<br>Plus loin, j'apprendrai qu'Aragorn s'appelait Estel et qu'il y avait une autre Capitaine parmi les terreurs du Mordor qui s'appelait le Roi-Sorcier, ou encore Lance de terreur dans la main de Sauron, ou encore ...le "Capitaine du désespoir".<br>Mais je ne le savais pas encore.<br>Alors, attristé, je découvrai l'arrivée de la Compagnie en Lorien :<br> <br>- <i>Mais notre affliction est grande, et notre perte irréparable, dit Frodon. Gandalf était notre auide, et il nous a conduits à travers la Moria; et <b>quand nous avions perdu tout espoir de salut, il nous a sauvés</b>, et il est tombé.</i> {389}<p>Tous les thèmes était là, celui du guide, celui du serviteur qui souffre et meurt pour le salut de ses amis, celui de l'espoir d'un salut au delà de tout espoir (en VO : <i>when our escape seemed <b>beyond</b> hope he saved us</i>), celui d'une chute également sans espoir de relèvement... <br>à moins que? après tout, Galadriel, juste avant, parlais bien au présent en demandant des nouvelles de Gandalf : "je ne puis le voir de loin, (...) une brume grise l'environne" {388}! Se pourrait-il que...? <p>Et quelques instant après, dans la même conversation, la même Galadriel :<br><i>"Mais, à présent encore, il reste de l'espoir. (...) Mais je vous dirai ceci : votre quête ne tient qu'à un fil. Faites un seul faux pas et elle échouera, et ce sera la ruine de tous. L'espoir reste cependant, tant que tous les membres de la Compagnie seront fidèles." </i>{390}<p>Il me fut impossible de laisser passer la thématique de l'espoir par la suite. La fin m'était connue, mais assurément, elle allait advenir <i>au-delà de tout espoir</i>, par miracle.<br>Je n'étais pas loin ;-)<p>Sosryko.<br>

