06-09-2004, 08:59
<h3><b><p align=center> Plaidoyer pour Legolas. </p></b></h3><p align=center>*</p><br><p align=center><table border=5><br><small><tr><br><td>Parental Advisory</td><br></tr><br><tr><br><td>Explicit Lyrics</td></small><br></table></p> <br>Au milieu de toute la boueuse tempête médiatique et de tous les mensonges véhiculés par <i>The Lord of the Rings<small>TM</small></i>, la désormais sur-célébrée entreprise libéralo-cinématographique de la New Line inc, se retrouve un malheureux personnage dont vous avez très certainement entendu parler si vous étiez vivants et conscients ces trois deniers noëls : Legolas.<br>Cette figure fameuse du roman de JRR Tolkien est incontestablement, par la faute de l’image que donnent de lui les brumeuses arcanes des intentions jacksono-newliniennes dans une certaine <i>trilogie</i> de notre connaissance, la victime affreuse d’une méprise planétaire. Le héros, devenu malgré lui célebrissime, cristallise sur sa personne toutes formes de sentiments extrêmes, de la passion prépubère féminine la plus naïvement touchante, à la haine intolérante et mesquinement jalouse de nombreux représentants de la gente masculine, en passant par un mépris serein des « Vieux de la vieille », ceux qui ont connu Tolkien et la réforme du collège unique de M.Haby à peu près à la même époque –ou même plus tôt encore– et pour qui le fils de Thranduil est devenu, le film aidant, un personnage complètement secondaire, sans autre véritable intérêt que celui posé par son amitié atypique avec un certain maître nain. Cette tourmente, d’aucuns se sont étonnés de sa spontanéité, bien éloignée, on en conviendra, de l’univers habituel des admirateurs de JRR Tolkien…<br>Mais qu’en est-il vraiment ? Au milieu de cette sur-médiatisation malheureuse, de cette tempête de préjugés –positifs ou négatifs– se souvient-on, par ici ou par-là, que tout est en fait plus subtil et beaucoup moins spontané qu’on cherche à nous le faire croire ? Et après tout, qui est vraiment ce personnage autrefois imaginé par JRR Tolkien et présentement occulté par le faciès d’un jeune acteur blond aux sourcils noirs ?<br>Afin de mieux cadrer les choses, je vous propose de suivre le schéma qui passerait par une première partie consacrée à l’étonnant phénomène du Legolas jaxonien, sex-symbole adulé par une génération de jeunes demoiselles, et les rouages occultes de ce phénomène. Une seconde partie serait consacrée à la stigmatisation de ce personnage, en tant que porteur du fardeau de toutes les sornettes, fautes de goût, mensonges et autres aberrations lamentables des tiers-films de Peter Jackson. Une dernière partie, enfin, s’efforcerait à une tentative modeste, mais nécessaire, de rétablissement du vrai Legolas dans son bon droit et dans son authentique personnage tristement mis de côté depuis plusieurs sombres années de méprise jackonienne.<p><p><p align=center><img src=" http://img-fan.theonering.net/rolozo/ima...egolas.jpg " width=243 height=285></p><p><p><br><b>1 – Où l’on découvre le Legolas jacksonien comme un vulgaire sex-symbole préformaté.</b> <p>Souvenons-nous des premières étonnantes et terribles heures qui ont suivi la diffusion du premier opuscule de la célèbre <i>trilogie</i> de Peter Jackson. C’était en décembre 2001. Nous sortions pour la plupart perturbés –en bien comme en mal– par trois longues heures de matraquage hollywoodien sans finesse, agrémenté de lourdeurs et d’incohérences scénaristiques majeures et rarement égalées à ce niveau au cinéma (sauf à part peut-être dans un bon vieux Van Damme grand public). Mais l’abattage publicitaire hors du commun et l’immense notoriété de l’estampille <i>Tolkien</i> dont bénéficiait le film, ainsi que –soyons honnêtes– une noria d’extraordinaires effets spéciaux sans précédents dans l’histoire du cinéma, fit que pour de nombreux spectateurs, pourtant gens cultivés, censés et normalement intelligents, la pilule passa sans problème. Un peu comme un de ces médicaments nauséabonds enrobés d’une délicieuse et sucrée garniture au goût framboise-citron.<p>Parmi tous les prodigieux artifices dont usa et abusa le désormais célèbre bâtisseur de ce film, nous pouvons noter la surprenante mise en avant d’un personnage fort discret du roman, à propos duquel, jusqu’alors, peu d’intérêt était porté : maître Legolas, fils de Thranduil.<br>Tout y passa, et ce bien avant la sortie officielle de ce qui allait devenir le tiers-film d’une malheureuse <i>trilogie</i> : Posters, photos, figurines, interviews-fleuves –fort superficielles, au demeurant– de l’acteur britannique Orlando Bloom, belle gueule de jeune premier à qui échut le rôle du personnage de Legolas. <br>Ce bel inconnu au curriculum vitae bien léger ne fut élu que sur des critères bien précis : son physique et son visage répondaient aux portraits-robot du sex-symbol elfique idéal, échafaudé sur de discutables critères esthétiques longuement étudiés par les matois et les ruffians de la production auprès d’un large panel de jeunes collégiennes prépubères de l’Amérique blanche. L’équivalent masculin de Britney Spears et de tous ses <i>talentueux</i> clones délavés, en quelques sortes…<br><p align=center><table border=1><br><caption><small>Voyez vous-même les portraits-robots de l’elfe idéal... édifiants, n’est-ce pas ?</small></caption><br><tr><br><th><p align=center><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/andersonm/legolas.jpg" width=266 height=372></p></th><br><th><p align=center><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/sanchez/legolas.jpg" width=266 height=372></p></th><br></tr></table></p><p>Orlando Bloom avait pourtant étudié l’art dramatique à la célèbre <A HREF=" http://www.gsmd.ac.uk/pages/gsmd "> Guildhall School of Music and Drama de Londres... </A>Peut-être se destinait-il à une honnête carrière théâtrale, se préparant à marcher sur les pas du shakespearien Timothy Dalton… Mais ses talents potentiels ne furent pas ce qui décida ses nouveaux maîtres : seul le physique comptait. Au point que son nom ne figurait même pas sur la liste des pointures citées sur la fameuse BA de la Communauté de l’Anneau<small>TM</small> en 2001 disponible sur <A HREF="http://www.allocine.fr/film/anecdote_gen_cfilm=27070.html">Allociné</A>.<p>Le site internet officiel du film relaya cette opération en bombardant les sites partenaires existants de centaines de photos avantageuses du jeune héros elfe de Peter Jackson. Telle que celle-ci :<p><p align=center><img src=" http://www.numenoreen.com/Images/TTTLegolas.jpg" width=350 height=240></p><p>Le processus est archi-connu. Et bien rodé. Le but étant de plaire à la fois aux jeunes filles et à leurs parents, tous consommateurs potentiels de produits dérivés.<p>Cependant, quelques exemples d’articles de commande et de photos éditées longtemps avant la sortie du premier tiers-film, en <A HREF="http://www.theonering.net/scrapbook/view/1288">mai</A>, en <A HREF="http://img-nex.theonering.net/images/scrapbook/2637.jpg">novembre</A> puis en <A HREF="http://img-nex.theonering.net/images/scrapbook/3155.jpg">décembre 2001</A>, permettent de comprendre que la machine à séduire les jeunes futures clientes était lancée <b>déjà</b> très tôt. Le but étant de faire de l’acteur Bloom un sex-symbol afin d’assurer à l’avance le succès du Legolas Jaxonien. Cette méthode rappelle celles mises en place naguère pour d’autres figures pseudo-rebelles de la planète Hollywood : à voir <A HREF=" http://www.lukeperry.com/gallery/pics/perry78.jpg">ici</A>, <A HREF=" http://64.211.46.141//poster/Jason_Priestley/JP2C1.jpg">là</A>, ou encore <A HREF=" http://www.titanic-fan-france.com/images...h/bc52.jpg">par ici</A>…<p>Se cramponner alors à l’étonnement ou à l’admiration à propos d’une spontanéité du phénomène né avec la sortie de la Communauté<small>TM</small> autour de ce Legolas factice tiendrait de la naïveté la plus extraordinaire. <br>Ce phénomène ne peut, cependant pas être nié. Ainsi, en janvier 2002, la journaliste américaine Christy Lemire, dans un <A HREF="http://www.theorlandobloomfiles.com/articles/fivequestions.html">article</A> consacré à notre acteur anglais, signalait qu’une recherche sur Google avec les mots “Orlando + Bloom” donnait environ 29 000 résultats. Aujourd’hui cette même recherche donne plus de 1 150 000 réponses, soit quarante fois plus de résultats en deux ans et demi !... <br>Mais la spontanéité de cette vague d’admiration pour Legolas est donc fortement discutable et les visées mercantiles qui l’accompagnent doivent être dénoncées au grand jour.<p>Il résulte de cette vaste manipulation des esprits de véritables professions de foi aussi touchantes que candides pour lesquelles un vibrant hommage, autant qu’un irrésistible rappel, sont nécessaires…<br>Voici donc, pour le plaisir des yeux, une courte sélection des riches interventions de ces groupies des temps virtuels que d’aucuns ont hâtivement baptisé du terme rabaissant de <i>legolettes</i> :<p><br><small> «… pour ma part, je trouve legolas trop craquant » (sic). <br>- <b>Almiryann</b>, 13 mars 2002 sur JRRVF.com –</small><p><small>« Donc je suis une fille de 13 ans et demi (…) et sinon j'adore le Seigneur des Anneaux en particulier Legolas ( je m'attends aux commentaires ... ) » (sic)<br>- <b>Gold leaf</b>, le 24 juillet 2002 sur Elbakin.net -</small><p><small>« Bonjour tout le monde ! Je suis une grande fane d'Orlando Bloom alias Legolas, j'ai été schotchée à mon fauteuil quand j'ai vue le film (surtout Legolas...)je trouve qu'il est sublime et qu'il joue vraiment trés bien dans ce film comme dans tout les films qu'il a fait !! Et j'espere ne plus voir pleins de gens dire de mauvaise chose sur lui!! (sinon ils auront à faire à moi!!)Bye a+ ! » (sic)<br>- <b>Orane</b>, le 26 août 2002 sur JRRVF.com -</small><p><small> « Je voudrais savoir si je suis atteinte d'une maladie grave parce que que je trouve Legolas vraiment BEAU. (…) j'veux juste savoir si chu toute seule a le trouver craquant. Les filles qui sont du même avis que moi : réponder moi au plus vite » (sic).<br>- <b>Miliana</b>, le 20 avril 2003 sur numenoreen.com -</small><p>On peut également trouver une riche sélection d’interventions <A HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum4/HTML/000451.html">à cet endroit</A> de notre forum favori.<br><p align=center><table border=1><br><caption><small>Enfin, voici un petit échantillonnage visuel, pour le plaisir des zygomatiques... </small></caption><br><tr><br><th><p align=center><img src=" http://www.hottopic.com/Assets/product_i...882_md.jpg" width=130 height=200></p></th><br><th><p align=center><img src=" http://www.orlandocentral.net/pics/fans/kate04.jpg" width=267 height=200></p></th><br><th><p align=center><img src=" http://www.hottopic.com/Assets/product_i...089_md.jpg" width=130 height=200></p></th><br></tr></table></p><p>Bref, on aura vite fait le tour des effets de ce personnage du film sur ces demoiselles. L’originalité des commentaires n’ayant d’égale que le catalogue exhaustif des titres des éditions <i>Arlequin</i>©<p>Bien entendu, contrebalançant cette hystérie collective prépubère essentiellement féminine se cale une autre hystérie également collective, mais plus sourde, plus agressive. Celle des anti-Legolas, majoritairement prépubères –eux aussi– mais masculins.<p><b>2 – Où l’on voit que le Legolas jacksonien cristallise autour de lui toute les faiblesses d’un scénario absurde.</b><p>Comment peut réagir le jeune mâle occidental –alors qu’il est à un âge où il s’auto-persuade (avec l’aide préformatée des médias désintéressés) de son sex-appeal naissant– face à cette attirance qu’éprouvent tous ses flirts potentiels à l’égard de cet espèce de shaman pathétique au look oscillant à la fois entre la caricature de métis bellâtre irlando-dakota et celle de métalleux prépubère fan des étudiants attardés de Slipknot, de Blink 182 ou des bûcherons scandinaves ringards de Hellacopters (les connaisseurs apprécieront l’allusion) maniant l’arc plutôt que l’habituelle six-cordes ? Il ne peut réagir qu’avec un dédain haineux mâtinée de médisante jalousie.<p>Reconnaissons qu’il a de quoi énerver, le blondinet aux sourcils d’ébène. Entre deux dialogues mesquinement chapardés aux librettistes de <i>Hélène et les Garçons</i> et du <i>Miel et les Abeilles</i>, fameuses super-productions télévisuelles françaises des années 90, il sautille d’exploit en exploit, synthétisant habilement les activités philanthropiques de Robin de Locksley, du <i>Surfer d’Argent<small>TM</small></i>, de Lucky Luke et de monsieur Skywalker fils. Avec le charisme et la conversation d’un bouquetin de Falconer.<br>C’est très énervent, à la fin.<p>S’ensuivent forcément d’intolérables railleries envers l’héroïque éphèbe et ses <A HREF=" http://groups.msn.com/LiGProOrli">innocentes admiratrices</A>, candides légionnaires stakhanovistes de l’amour platonique. Ces railleries devenant avec le temps et l’usage, le fait de meutes organisées sévissant sur des fora de sites internet de haute renommées qu’il est inutile de citer céans. <p>Doit-on lire dans cette odieuse et railleuse campagne un problème pour tous ces jeunes taquins à s’identifier au personnage, si innaccessible, sans peur, sans reproche, à la beauté asseptisée et platine, le héros parfait , indestructible et immortel de surcroit ?<p>Seulement voilà. Le personnage du film ne bénéficiant ni d’une qualité de dialogue, ni d’un scénario digne de ce nom, on en vient un peu hâtivement à concentrer sur sa seule personne toutes les bêtises du film. Et en trois ans notre pauvre petit elfe peroxydé et son fan-club adolescent sont devenus les symboles de tout ce que le film comporte d’idiot. <p>Et la foule d’applaudir en coassant lorsque Orly-Legolas surfe sur un bouclier pour descendre quelques marches au <i>Fort-les-trompinettes <small>–copyright Michel Pluen–</small></i> ; et d’hurler de rire gras lorsqu’il ouvre la bouche pour sortir de fameuses sentences que ne renierait pas un Lagaf en plein Bigdil ; et de se lever pour l’ovation ultime lorsque tombe l’Olifant, au milieu de la fanfare des lourdeaux du village conduite par le mélomane de brasserie bavaroise, le ci-devant Howard Shore.<p>Ces moqueries rapides et ces amalgames irréfléchis sont une manière un peu facile et dangereuse d’occulter les <b>vrais</b> problèmes posés par la diffusion et le succès de ces trois arnaques commerciales et artistiques… <br>Autrefois (il n’y a pas si longtemps que ça) une jeune helvète au verbe brutal et provocateur parlait de manipulation à tous les niveaux… personne ne la prenait au sérieux… N’empêche que…<p><p align=center><img src="http://chroniqueschantdefer.free.fr/forum/images/smiles/rego4_icon.gif" width=80 height=78></p><p><br>Mais en fin de compte, au milieu de cette puérile et pathétique tourmente, qui est donc le vrai Legolas ?<br>Les textes manquent, hélas, pour obtenir une réponse efficace et rapide.<br>Hélas, l’usage actuel veut qu’à défaut, les trompés de la forfaiture jaxonienne se tournent gauchement vers ce qui –malgré notre vigilance– prétend se substituer insidieusement aux textes de Tolkien, c’est à dire les interviews des acteurs au sujet de leurs personnages dans les tiers-films.<br>Laissons la parole momentanément à ce jeune acteur au faciès d’ange complaisamment rebelle, ce type à qui on a laissé le choix entre l’honnête authenticité ou le succès planétaire facile, ce gendre idéal au pelage parfois brun, parfois blond au gré des modes plus connu par l’état-civil sous le patronyme d’Orlando Bloom, pour en savoir un peu plus sur sa vision pathétique et biaisée de la nature de Legolas. <p>« <font color="purple"><i>My place in the Fellowship is that I represent the Elves. I use my Elven qualities, which are my superhuman strength - which doesn't come into use that much - my eyes, my ears and my senses. Legolas seems to know when there's danger around the Fellowship. In the first movie especially, that's his role You see him with his bow and arrows. He's kind of an assassin. But Legolas is really the eyes and ears of the Fellowship</i></font> », disait l’acteur bellâtre à Ian Spelling, journaliste à <i>Starlog</i> en avril 2002, entre deux hurlements hystériques de jeunes fans prépubères.<p>Plus fort et plus révélateur encore : « <font color="purple"><i> I got halfway through when I was 14, but then I got interested in girls and sports and stuff. I picked it up and finished it when casting began. It’s great to have a book like that which, like the Bible, people refer to it if you need to. Tolkien was so detailed, a professor of history </i></font> <small>(sic)</small>… » confiait-il naïvement à une vingtaine de pseudo-journalistes acquis à la cause pour le compte de Ringbearer.org, célèbre et malfaisant site de propagande new-linien, lorsqu’on lui demanda à quel âge il avait lu le roman. Cette réponse révélatrice de l’étendue de son inculture tolkienienne est extraite d’une fameuse <A HREF="http://www.theorlandobloomfiles.com/articles/tworockstars.html"> interview-catastrophe</A> en mai 2001, à laquelle participa M’zelle Tyler. (A lire absolument ! Un sommet du genre… une pure merveille d’interview de deux stars planétaires à côté de la plaque, pourtant entourés d’amis fidèles –les journalistes triés sur le volet– qui leur soufflaient les réponses…)<p>Le point de vue d’Orlando Bloom sur son personnage de Legolas et sur la gent elfe en général rejoint la célèbre et aléatoire citation de Peter Jackson (disponible sur Elbakin.com) déformant gravement la vision du rôle des Eldar dans le Légendaire Tolkienien : « <font color="purple"><i> C’était vraiment une partie de son message, [Tolkien] était alarmé et frustré par tous nos défauts, il a créé la race elfique comme sa vision d’êtres parfaits. Ils sont sages, artistes, nobles, sensés. Ils sont plein de bon sens, si vous voulez décrire les elfes d’une autre manière (…) </i></font>. <br>Cette conception a été –hélas– reprise par de nombreux complices involontaires, dont la maîtrise rudimentaire du Légendaire s’est retrouvée passablement polluée par la désinformation Jacksonienne. Ainsi de l’analyste de cinéma Alaric Robert qui, dans un <A HREF="http://www.artelio.org/article.php3?id_article=245"> article</A> intéressant et documenté, bien que teinté de naïve subjectivité, affirmait que « <font color="purple"><i> Le comportement très sérieux de l’Elfe correspond donc à la perfection à la distance qui ressort de la conception tolkienienne de cette race. </i></font><p>Nous naviguons sur une mare de fadaises.<br>Qu’on ait ici affaire à de savants mensonges ou à de la bêtise improvisée de néophyte, peu importe. Ce ne sont que des billevesées (terme que j’autocensure afin de ne pas paraître <i>ordurier</i> aux yeux des tenants du politiquement correct et du concensus mou qui errent, inutilement aggressifs, en meutes de vigiles attentifs au moindre écart de langage non conforme aux canons de leur morale sordide. Le terme choisi au départ était « <i>pures conneries</i> »)<br> On pourrait alors penser que ces graves erreurs de compréhension de le <i>chose</i> elfique auraient malencontreusement et péniblement marri le travail d’adaptation du personnage de Legolas… donnant un Legolas tout faux…<p>Que nenni !<br>Elles ne servent qu’à justifier une forfaiture supplémentaire !<br>Où se trouve donc cette sacrosainte <i>adaptation</i> annonée depuis trois ans et plus par les moines-soldats obtus de l’abrutissement obscurantiste new-linien dans cette triste affaire ? <br>Nulle part. <br>Le Legolas jaxonoïde qui fait rougir les minettes et enrager les blaireaux n’est qu’une <b>invention pure et simple</b>. Certainement pas une adaptation.<br>Tout comme Tom Bombadil, Baie d’Or, Glorfindel, Imrahil et bien d’autres personnages essentiels, le Legolas de JRR Tolkien a, dans la « <i>plus meilleure trilogie du siècle</i> », bel et bien été évacué, supprimé, anihilé… La différence avec les glorieux collègues est que le scénario embrouillé du trio des scénaristes amateurs de Wellington –ces fameux « <i>plus grands fans de Tolkien de tous les temps</i> »– a choisi de remplacer le fils de Thranduil par une espèce de blondinet peroxydé sans charisme. Un personnage susceptible d’apporter une dimension <i>héroïque</i> à la portée des publics américains essentiellements visés par la production. C’est à dire capable de réaliser des exploits hors-norme, irréalisables pour le commun des mortels. Le super-héros américain typique, quoi. Avec juste ce qu’il faut de superficialité. D’ailleurs, Alaric Robert expliquait candidement dans l’article que nous avons évoqué plus haut que pour le personnage du Legolas jacksonien « la superficialité n’est ici qu’un faux semblant ». Il ne croyait pas si bien dire. Tout est calculé. Cette création du scénario vise à rentabiliser la chose au maximum. Et la superficialité du personnage n’est qu’une façade de séduction pour les publics prépubères, avides de ne pas avoir à réfléchir.<br>Mais le fait est là. Ce n’est plus à un Legolas, même faux, mais à un véritable <i>faux</i> Legolas, que nous avons en fait affaire depuis le début de cette forfaiture cinématographique hâtivement annoncée comme la « trilogie du siècle »<p><p align=center><img src="http://gifs.toutimages.com/images/argent/argent_011.gif" width=80 height=78></p><p>Et quid du <i>vrai</i> Legolas, alors ?<br>Il est temps d’y revenir et de rappeler quelques éléments avérés par les textes et, bien entendu, joyeusement occultés ou déformés par les activités suspectes de Peter Jackson.<p><p align=center><table border=1><br><tr><br><th><p align=center><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/price/legolasfellbeast.jpg" width=247 height=350></p></th><br><th><p align=center><img src="http://www.numenoreen.com/Images/CZLegolas.jpg" width=265 height=350></p></th><br></tr></table></p><p><br><b>4 - Qui es-tu vraiment, Legolas Vertefeuille? </b><p>Il est toujours malaisé de comparer un personnage de livre et celui du film qui est censé faire l’<i>adaptation</i> de ce livre. C’est d’autant plus délicat que dans le cas présent, nous avons donc affaire à deux personnages très différents qui n’ont de commun que le nom.<br>Essayons tout de même de mettre en évidence certains points de comparaison afin de remettre dans son bon droit le <i>vrai</i> Legolas de Tolkien, massivement occulté par le <i>faux</i> Legolas de Jackson et Cie.<p>Nous pouvons mettre en avant une première différence entre le faux personnage inventé par le scénario et Legolas, fils de Thranduil : une différence immédiatement perceptible au premier regard, avant même de soupir l’épreuve du visionnage du premier des <i>tiers-films</i> jacksoniens : l’aspect physique.<br>Orlando Bloom –qui, soulignons-le– est à l’origine un acteur <A HREF=" http://img46.photobucket.com/albums/v142...YELLOW.jpg ">brun</A>, nous joue un personnage d’une blondeur dont le naturel n’a d’égal que les rejets toxiques d’une raffinerie venezuelienne dans les eaux usées de la mer des Caraïbes. Décoré (travesti ?) par l’équivalent néo-zélandais de la célèbre Harry Winston Jewellery, habillé par un Giorgio Armani maori dans des tons évoquant les costumes des héros de la série TV <i>Young Hercules</i>, nous nous retrouvons avec un personnage qui physiquement n’a pas grand chose à voir avec l’elfe décrit par Tolkien.<br> <p align=center><img src="http://www.numenoreen.com/Images/ElbLegolas.jpg" width=160 height=224></p><br>Les hardis et puérils défenseurs de la version peroxydée de la matérialisation du personnage du roman, dont Saul Zaentz, propriétaire de tous les droits cinématographiques et de toutes les productions dérivées de la marque Tolkien© (si c’est pas malheureux…) et Ralph Bakshi (quoique prisonnier de la production et des maigres moyens qu’on lui avait accordé, on peut se demander s’il avait eu le choix, à l’époque, de choisir en toute indépendance la couleur de cheveux de son Legolas animé…), ces partisans de la décoloration, donc, auront tôt fait de citer un passage de <i>Bilbo le Hobbit</i> de JRR Tolkien dans lequel est décrite la scène suivante : <br>« <i><font color="#008080">(…) et à la tête d'une longue rangée de convives siégeait <b>un roi sylvestre</b>, qui portait une couronne de feuilles <b>sur sa chevelure dorée</b> et ressemblait fort au personnage que Bombur avait décrit d'après son rêve. Les elfes se passaient des coupes de main en main et <b>par-dessus les feux</b> ; certains jouaient de la harpe, et beaucoup chantaient. Leur <b>chevelure miroitante</b> était entrelacée de fleurs (…)</font></i> »<br><small>(chapitre VIII, Mouches et araignées, p185-186)</small><p>Je me suis permis de souligner les passages-clés de la citation. La fameuse « chevelure dorée » attribuée à Thranduil, papa de Legolas –si ce « roi sylvestre » décrit ici (par les yeux de Bilbo, rappelons-le) est bien Thranduil, ce qui n’a, à ce jour, jamais été possible de démontrer pour ce passage du livre– mais aussi les « chevelures miroitantes » et les « feux ». <br>Je rappelle pour les néophytes de la langue de Ronsard, que <i>miroiter</i> signifie « réfléchir la lumière » et n’indique nullement la blondeur des sujets. Au contraire, les cheveux très bruns peuvent, beaucoup plus que les cheveux <i>décolorés</i> tels que les imaginent Jackson et cie, renvoyer la lumière (Fëanor et Eöl, par exemple, avaient les cheveux « noirs comme le jais », c’est à dire d’un noir très brillant (<i>Silmarillion</i> pp 78 et 170)<p>A cette citation de <i>Bilbo le Hobbit</i> j’opposerai une autre citation, celle de Didier Willis, plus connu en ces lieux sous le respectable pseudonyme d’Hisweloke, qui reprend clairement, références à l’appui, la conception de Tolkien à propos la chevelure de ses Elfes et qui –souhaitons-le– mettra un terme à ce débat puéril et stérile sur la couleur des cheveux de Legolas (le vrai, pour ceux qui sont perdus) : <br>« <i><font color="#008080">Galadriel est blonde dorée, d'accord... Mais son époux Celeborn a la chevelure argentée (Seigneur des Anneaux, p. 387). Le Silmarillion apporte des précisions supplémentaires sur la couleur des cheveux des elfes, ainsi que les volumes de la série History of Middle-earth : <br>Les Vanyar (en Valinor) ont généralement les cheveux blonds ou dorés (The War of the Jewels, p. 382). <br>Les Noldor ont souvent les cheveux noirs et foncés (Ibid., p. 382), notamment Fëanor. <br>Les Sindar, en général, sont bruns, bien que Thingol ait eu les cheveux légèrement argentés (Ibid., p. 382). <br>Mais il y a aussi des exceptions... Des Noldor roux, par exemple Mahtan, père de Nerdanel, l'épouse de Fëanor (The Peoples of Middle-earth, p. 353). Míriel, la mère de Fëanor, a aussi des cheveux argentés (Morgoth's Ring, p. 257).</font></i> »<p>Les Sindar sont bruns, même si les écrits de Tolkien laissent la possibilité d’imaginer des exceptions. Cependant, <b>rien</b> dans aucun des nombreux textes publiés à ce jour ne permet de noter une exceptionnelle décoloration des pigments capillaires chez Legolas. Un phénomène qui aurait <b>obligatoirement</b> sauté aux yeux de ceux qui ont côtoyé le personnage et qui n’aurait absolument jamais échappé à l’auteur du <i>Seigneur des Anneaux</i>.<br>Legolas est donc brun. CQFD.<p><p align=center><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/kaluta/legolas.jpg" width=320 height=285></p><p>Ajoutons pour terminer, que même dans la clique des jaxoniens, des doutes ont percé, et la couleur des cheveux –et des yeux– de Legolas fait encore l’objet de débat. Du coup, le Legolas jacksonoïde, bien que définitivement platine, grâce à la magie de l’image-qui-bouge, « <i>peut être bruns aux yeux verts ou blond aux yeux bleus…</i> » pour Chris Smith, le coupable auteur de <i>Le Seigneur des Anneaux<small>TM</small> - Armes et Guerres</i> (p112 ; éditions Pré-aux Clercs, 2003), un redoutable livre de propagande et de désinformation anti-Tolkien… ce qui est quand même le comble de l’imprécision salvatrice et de la perfide désolidarisation...<p>L’évocation des yeux permet également de préciser que Tolkien ne perd pas son écriture à s’étendre sur leurs couleur. Mais juste sur leurs performances.<br>Ainsi, dans <i>Le Seigneur des Anneaux</i>, l’écrivain parsème son texte d’allusions : <br>« <i><font color="#008080">(…) et Legolas, qui avait les yeux perçants, formait l’arrière-garde</font></i> » (Les Deux Tours) ; « <i><font color="#008080">(…) et, dans le lointain au sud, scintillait l'Anduin, qui allait se perdre, hors de la vue meme de Legolas (…)</font></i> » (Le Retour du Roi) ; « <i><font color="#008080">[Les Nazgûl] volaient toujours plus haut et hors de la vue de tous, hormis Legolas.</font></i> » (ibid.)…<br>Mais rien de spécial sur le puéril sujet de la pigmentation oculaire… <p>Dans le cas désolant du <i>faux</i> Legolas des tiers-films, la couleur des yeux est cependant un détail qui a été travaillé jusqu’aux extrêmes les plus ridicules, comme nous le rappelle notre co-forumiste Vëannë, spécialiste des sciences elfico-ophtalmiques, dans un post instructif daté du 17 mars 2004 :<p><small> « Les yeux (…) il est vrai que Legolas a principalement les yeux brun ou bleu foncé dans le premier film. Par contre, ils changent quelques fois de teintes lors des deux autres films. Il sont parfois même bleus clairs (presque turquoise). Mais seulement dans des cas précis: <br>-quand il y a une lumiere aveuglante qui l'eclaire, comme lors du retour de Gandalf dans Fangorn où il baigné dans un allo de lumiere, lorsque Gandalf se devoile face a Théoden (soumis au pouvoir de Saroumane)ou quand il y a un eclair avec la foudre au gouffre de Helm <br>-quand il fais appel a ses pouvoirs, quand il force ces sens, comme dans Fangorn ou il sent approcher le Magicien Blanc, quand le cor des Elfes sonnent a Helm, ou lors des batailles, quand il est concentré. <br>Je crois que la couleur est adaptée suivant la situation dans laquelle est le personnage (ambiance sombre ou éclairé) et suivant l'état d'esprit du personnage, s'il est concentré dans sa bataille, s'il est en colère (il a les yeux bleux azur quand il est en colere contre Eomer ou Théoden)ou s'il utilise et exploite ces sens. »</small><p>Comme le notait judicieusement Vëannë, la réalisation insiste à de nombreuses reprises sur des détails qui laissent pantois, tant le reste du film est mal ficelé et maladroitement (euphémisme que je ne souhaite pas trop <i>ordurier</i>) mis en scène... Mais ces détails sont d’importance hautement discutable et certaines des caractéristiques attribuées au personnage paraissent bien fantaisistes dans le contexte du film : « <i>Legolas apporte des capacités uniques et très utiles à la communauté ( …). Les Elfes ont le pouvoir surnaturel de se déplacer beaucoup plus légèrement que les autres peuples. Legolas est capable de courir rapidement et sans efforts sur les terrains les plus difficiles, sans pratiquement laisser d’empruntes, même sur la neige nouvellement tombée</i> », nous explique un extrait de <i>The Fellowship of the Ring<small>TM</small> Visual Companion</i>, le fameux « livre du film » de Jude Fisher (2001). <br>L’aspect guerrier du personnage y est particulièrement approfondi (si on peut parler de profondeur pour tout ce qui touche à ces tiers-films, bien entendu). Le blondinet tir <i>merveilleusement</i> bien à l’arc et « <i>fait mouche à tous les coups de ses flèches elfiques qu’il met au service de Frodon Sacquet</i> » (Jude Fisher), il bute orques, uruk-Haï, trolls, haradrim et oliphants à la chaîne en prenant soin de comptabiliser la boucherie pour un sordide concours. Le raffinement dans cette débauche de valeurs suspectes et aggressives (en parfaite contradiction avec tout ce en quoi Tolkien croyait, précisons-le au passage pour les néophytes et pour les têtus) va jusqu’à préciser que le pseudo fils de Thranduil « <i>porte aussi deux couteaux blancs aux lames filigranées, des armes mortelles car les elfes fabriquent les lames les plus aiguisées de la Terre du Milieu </i>(sic)» (Jude Fisher, encore…) <p>Mais ce n’est pas tout. On sait que Tolkien n’a jamais précisé l’âge de notre authentique Legolas Thranduilion. Quelques allusions glanées au hasard des pages du Seigneur des Anneaux laissent supposer qu’il pourrait avoir entre 500 et 2000 ans (voir <A HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum1/HTML/000557.html">par ici</A> pour plus de précisions.)<br>Cependant, on sait que « <i><font color="#008080">[les Elfes] ne comptent pas les années qui s’écoulent, en ce qui les concerne eux-même</font></i> » (<i>Le Seigneur des Anneaux</i>, chapitre IX, Le Grand Fleuve). On peut se demander alors pourquoi se borner à donner un âge précis à Legolas, surtout si c’est, comme pour les petits malins qui ont commis LOTR<small>TM</small>, avancer sans aucun matériel le chiffre tout à fait discutable de 2931 ans !<p>Il est à noter toutefois que le <i>vrai</i> Legolas peut être considéré comme un jeune elfe. Cela se traduit par un caractère souvent joyeux, prompt au rire et au sourire. Le fameux concours d’orques tués à la bataille du Gouffre de Helm –atrocement singée et amplifiée par <i>qui-vous-savez pour vous-savez-quoi</i>– montre aussi un côté joueur et insouciant. <br>Ouvert à tout ce qui l’entoure, il semble souvent « découvrir Arda », pour reprendre les termes de notre co-forumiste et très chère amie Laegalad. Citons à titre d’exemple la traversée de l’étrange bois des huorns, après la bataille du gouffre de Helm, qui montre un Legolas prêt à abandonner ses compagnons pour filer explorer la forêt –et rappelé à temps par Gandalf : « <i><font color="#008080">Legolas fit mine de revenir en arrière. - Restez, Legolas Feuilleverte! dit Gandalf (…)</font></i> » (<i>Le Seigneur des Anneaux</i>, chapitre VIII, La route de l’Isengard)…<br>Le fils de Thranduil n’en reste pas moins raisonnable quand il le faut, et sage et réfléchi en toutes occasions. Et sa grande fidélité à ses amis est constante, forçant l’admiration du lecteur.<br>Cet aimable et harmonieux cocktail de caractères en fait un personnage très attachant, même s’il peut sembler, d’un point de vue strictement narratif, un peu plus en retrait que ses estimables compagnons dans les événements de la Guerre de l’Anneau.<p>Rien à voir, donc –à part pour la jeunesse– avec l’ersatz de personnage proposé par le scénario jacksonien. Un personnage qui se caractérise par sa superficialité, son absence de tempérament (je compte pour nulle le « coup de colère » ridicule et hors sujet en néo-sindarin au Gouffre de Helm, pour les raisons évoquées <A HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum4/HTML/000562.html#ancre">ici</A> et par la platitude affligeante des interventions que lui ont reservé les fins dialoguistes de la clique de Wellington. <p>Pas grave. En lieu et place du caractère déficient, c’est sur l’aspect exceptionnel et surhumain de ses activités –beaucoup plus proches, dans l’esprit, de celles d’un sous produit Marvel<small>-TM</small> que de celles d’un véritable résidant de faërie– que se retrouve noté le beau blond aux sourcils noirs.<p>Héros sans peur et sans reproches, Le Legolito de Jackson, en bon nénelfe d’une race <i>supérieure</i>, ne craint pas d’affronter un Oliphant équipé pour la guerre et l’intégralité de son équipage, là où le pauvre petit Legolas ne tuait modestement que le meneur d’une meute de loups dans les solitudes de l’Eregion... <br>Legolito ne connaît pas la peur. C’est normal, c’est un <i>gentil</i>. Et la peur, dans l’imaginaire héroïque américain, est un sentiment de <i>méchant</i>, synonyme de couardise (La peur ne conduit-elle pas au côté obscur de la force, nous aurait confirmé maître Yoda ?)<br>Est-il utile de rappeler que le Legolas de Tolkien, en authentique enfant d’Ilúvatar, est susceptible d’éprouver de grandes et légitimes craintes ? Cette citation du <i>Seigneur des Anneaux</i> (le vrai, c’est à dire le livre de Tolkien, pour ceux qui ont du mal à suivre) le démontre, sans pour autant rabaisser le personnage : <br>« <i><font color="#008080">Legolas se retourna et encocha une flèche, bien que le tir fût long pour son petit arc. Il banda la corde, mais sa main retomba, et la flèche glissa à terre. Il poussa un cri de désarroi. Deux grands trolls parurent; ils portaient de grandes dalles de pierre, qu'ils jetèrent à terre en guise de passerelle au-dessus du feu. Mais ce n'étaient pas les trolls qui avaient empli l'Elfe d'effroi.(…) - Aie! Aie! gémit Legolas. Un Balrog! Un Balrog est arrivé!</font></i> »<br><small>(Chapitre V, Le Pont de Khazad-Dûm)</small><p>Il n’en reste pas moins toujours aux avant-postes quelle que soit la situation, en particulier aux côtés d’Aragorn, lui sauvant la vie au Gouffre de Helm : <br>« <i><font color="#008080">Un grand escalier montait du Gouffre au Rocher et à la porte de derrière du Fort le Cor. Au pied, se tenait Aragorn (…) Legolas était agenouillé derrière, sur les marches supérieures. Son arc était bandé, mais il ne lui restait plus qu'une seule flèche qu'il avait glanée, et il demeurait en observation prêt à tirer sur le premier Orque qui oserait approcher de l'escalier. - Tous ceux qui pouvaient sont maintenant en sécurité à l'intérieur, Aragorn, cria-t-il. Revenez! Aragorn se retourna et monta l'escalier en courant; mais la fatigue le fit trébucher. Ses ennemis bondirent aussitôt. Les Orques montèrent en hurlant, leurs longs bras tendus en avant pour le saisir. Celui qui était en tête tomba, la dernière flèche de Legolas plantée dans sa gorge, mais les autres sautèrent par-dessus lui.</font></i> »<br><small>(Chapitre VII, Le Gouffre de Helm)</small><p>Remarquons qu’<i>adaptée</i> au cinéma, la même scène éloigne étrangement Legolas vers l’abri des remparts (afin d’épargner sa permanente platinée, sans doute) et le cantonne à tenir la corde salvatrice pour aider Aragorn, tandis que la courageuse fraternité du combat échoit au ridicule Gimli <i>trilogique</i>… dans le but hautement probable de caser la grossière citation <i>100% Jaxon</i> du « lancer de nain » chère aux faibles d’esprit d’outre-atlantique et d’ailleurs…<p>Remarquable transition pour dire quelques mots sur l’amitié qu’entretient Legolas avec Gimli. Une amitié honteusement singée et ridiculisée par le film, tandis que le fils de Gloïn se retrouve <i>adapté</i> en créature casquée, attardée mentale et barbue hâtivement nommée Gimli alors que « Gnî-Gnîîî » aurait mieux convenu…<br>Cette caricature nauséabonde de la véritable amitié entre les deux personnages de Tolkien est réduite dans l’adaptation à quelques bonnes vannes de campus et à un morbide et pitoyable concours de tueurs en série. Et l’<i>Infâme et grotesque Gimli jaxonoïde</i> <small>©Moi-même</small> n’est rien de plus qu’un atroce faire-valoir comique du héros nénelfe tout-beau, tout-blond… En résulte un sordide rapport entre ce héros auquel <i>on</i> peut facilement s’identifier et son « second » (l’idiot du village qui est censé faire rire), un rapport qui sert à valoriser le complexe de supériorité de la clientèle américaine blanche de Peter Jackson –qui je le rappelle une nouvelle fois à l’attention des sceptiques et des naïfs, est le principal public visé par la production de cette « trilogie »– tout en flattant sa bonne conscience grâce à l’amitié entre les deux personnages… C’est un phénomène à visée commerciale hélas récurrent dans le cinéma grand-public hollywoodien : pensez à Jar-Jar Bings dans <i>Star Wars, Episode I</i> ; au personnage joué par Chris Tucker dans <i>Rush Hour</i> 1 et 2 ; Dory, le poisson idiot du <i>Monde de Nemo</i> ; Léo Getz (joué par Joe Pesci) dans la série des <i>Lethal Weapon</i>, etc… (exemples pris au hasard… on pourrait en trouver des dizaines d’autres, mais je préfère ne pas insister car j’ai bien compris que cette triste réalité qui pollue le cinéma moderne –pas seulement hollywoodien, j’en conviens- est niée avec une aimable vigueur par certains de nos co-forumistes distingués.)<p>Une telle conception de l’amitié entre deux êtres différents est à vomir, bien entendu. Pour ceux qui ont fait l’effort d’analyser la chose…<br><small>Mais on peut aussi regarder cette trilogie sans réfléchir, comme on mangerait un cheesburger en regardant <i>Fear-Factor</i><small>TM</small> ou l’<i>Île de la Tentation</i><small>TM</small>… </small><p>Leur véritable amitié –celle évoquée par Tolkien– est toute autre. Elle est véritablement profonde, lourde de symboles et basée sur un respect mutuel et une équité naturelle des rapports. <br>On constate à la lecture du <i>Seigneur des Anneaux</i> qu’elle se développe progressivement et qu’elle évolue page après page, fruit des concessions successives et des épreuves qu’affrontent ensembles, au sein de la Communauté puis aux côtés d’Aragorn, les deux personnages. Un véritable <i>apprentissage de la tolérance</i> (Vincent Ferré) pour ces deux personnages qui est totalement absent du scénario venu des antipodes.<br> <p align=center><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/eiszmann/eiszmann73.jpg" width=425 height=240></p><br>Le fait qu’elle concerne deux êtres aussi différents, aussi dissemblables qu’en elfe et qu’un nain peut l’expliquer. Mais l’histoire même de la vie de JRR Tolkien et sa conception des relations amicales pèse inévitablement dans la balance de toute analyse des rapports entre Gimli et Legolas. Comme ce n’est pas tout à fait notre propos, je vous invite à vous plonger dans le livre de Humphrey Carpenter, <i><A HREF="http://www.jrrvf.com/tolkien/index_biographie.html"> J.R.R. Tolkien, Une Biographie</A></i>, ou à parcourir les pages du forum évoquant le sujet… <A HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum1/HTML/000028.html">ici</A>, par exemple.<p><p><p align=center>*</p><p>Peter Jackson nous affirmait que JRR Tolkien voyait dans ses elfes des « êtres parfaits et sensés ». Une rapide et non exhaustive lecture superficielle de quelques paragraphes glanés au hasard du Silmarillion suffit à contredire cette affirmation. De nombreux éléments du roman <i>Le Seigneur des Anneaux</i> (l’attitude des Elfes de le Lórien envers les visiteurs, la tentation de Galadriel, certaines attitudes puériles de Legolas…) démontrent que nous ne sommes pas non plus aussi proches de la perfection qu’on voudrait bien nous le faire croire du côté de Wellington, New Zeland.<br>Cette vision erronée des Elfes mâtinée d’une conception fortement hollywoodienne, c’est à dire essentiellement physique (beauté, habilité, endurance…), de la perfection a donc donné naissance au personnage du Legolas jacksonien. Un personnage fort éloigné de Legolas Thranduilion qui méritait bien d’être enfin rétabli dans son bon droit après toutes ces années d’errances et de méprise.<br>Mais l’erreur et la diffusion extraordinairement large de cette vision faussée par le biais du média cinéma et de ses avatars (sites internet complices, magazines de cinéma mal informés, jouets, posters, livres sur les films…) ne s’applique pas uniquement à Legolas.<br>Elle touche l’ensemble des Elfes de la « trilogie du siècle »… Aucun n’y échappe ! <br>Et c’est Elrond et sa méfiance fort désagréable (aux relents suspects) envers les Hommes, et c’est Galadriel et son électrocution schtroumpfée, Celeborn en fantôme rigide d’évêque cathare, Haldir en commandant d’une phalange d’infanterie lourde (dans tous les sens du terme) d’origine douteuse, Arwen en pauvre petite fille tellement triste qu’elle n’arrive plus à articuler son néo-sindarin… et tous ces anonymes, les sans-grades, ces nénelfes en robe du soir particulièrement silencieux et assoupis, tout comme des poissons évoluant sous une lumière tamisée dans un bocal de chloroforme. <br>Et puis cette manie curieuse de les couvrir de cheveux tout platines en Lorien ou tous noirs à Fondcombe. Un moyen pour les différencier des hommes qui ont des couleurs de cheveux moins tranchées dans le film (châtain clair pour Faramir et très clair pour Eomer et Eowyn, châtain foncé pour Aragorn et Boromir, grisonnant pour Theoden…) ? Bof, pas très conforme à l’esprit de Tolkien, cette façon de présenter les choses…<br>Bref, si les descriptions précises de Legolas dans le chef d’œuvre de JRR Tolkien manquent pour cerner le personnage du fils de Thranduil et laissent une certaine liberté d’interprétation, il n’en reste pas moins que certaines de ses caractéristiques sont, avec un minimum de connaissances du sujet, faciles à reconstituer et à respecter.<br>Mais nous savons depuis longtemps que dans l’aventure du Seigneur des Anneaux au cinéma, le respect et les connaissances ne sont que deux concepts de façade. <br>Legolas Vertefeuille et son image auprès du public se retrouvent ainsi pitoyablement saccagés sur l’autel de la rentabilité optimale. Et c’est bien dommage car le personnage reste malgré tout, pour ceux qui savent reconnaître l’authentique fils de Thranduil, particulièrement attachant.<p><p align=center><img src="http://img-fan.theonering.net/rolozo/images/lynch/legolas.jpg" width=258 height=340></p><p><br><small>Merci à Laegalad pour son aide précieuse. Ces modestes paragraphes lui sont dédiés ;o)<p>Les photos du Legolas jacksonien viennent du site <A HREF=" http://www.numenoreen.com">Numenoreen.com</A>. <br>Les dessins et peintures représentant Legolas Vertefeuille viennet du site <A HREF="http://yrch.com/redirect.php?id=25">Rolozo</A>, hébergé par Theonering.net. <br>Les photos des Legolettes viennent de différents sites dédiés à l’acteur Orlando Bloom.<br>On peut signaler aussi un site dédié à <A HREF="http://www.geocities.com/prico3/lotr/gtr.html">Thranduil</A>, le père de Legolas, qui traite d’une amusante mais nécessaire réhabilitation du roi des Elfes sylvains (merci Philomythus pour l’info)<p>Merci enfin à ces mêmes Legolettes, fort nombreuses, pour le vent de fraîcheur candide et de bons sentiments juvéniles qu’elles ont apporté sur le poussiéreux monde des admirateurs de JRR Tolkien. <p>I.</small><br>

