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Les dérives de la passion, les pièges du savoir :
#42
Cher Vincent,<p>On ne peut pas connaître une oeuvre en en lisant ou en en assimilant une autre. Le SdA de Tolkien est le SdA de Tolkien, le SdA de Jackson est le SdA de Jackson, basé sur Tolkien, ce qui est différent. Comme on ne peut pas juger de l'oeuvre de Proust en se basant sur le film (de je ne sais plus qui) ou Jeremy Irons joue Swann. J'admets que c'est une dérive - mais je ne dirai même pas contemporaine, une dérive tout court - de "croire" connaître une oeuvre en n'y ayant été confronté qu'à travers l'interprétation d'un autre. Que cet autre soit un cinéaste, un conteur de village ou un professeur de littérature (euh... je ne te vise pas, hein, mais je ne connaîtrai jamais Proust si je ne me base que sur Vincent Ferré sans lire A la Recherche du Temps Perdu). Et pourtant, "tout le monde" croit connaître Les Trois Mousquetaires et Les Misérables, alors que, si 5% de la population les ont lus...<p>C'est vrai que la pub autour du film peut agacer. Mais il ne faut pas plus juger le film à partir de la pub que le livre à partir du film. La pub, elle sera oubliée dans quinze jours, remplacée par la pub pour autre chose. Et que des gamines jouent avec des poupées "Arwen"... et bien je gage que certaines le faisaient déjà avant les films, à la lumière de ce que leur racontaient leurs mères... et à travers la vision que leurs mères avaient de l'oeuvre.<p>Quant au fait que le film apporte un "filtre".... mais nous avons tous nos filtres et notre personnalité. Le "filtre" d'un catholique convaincu ne sera pas le même que celui d'une miltante révolutionnaire. Et je crois que celui "imposé" par PJ ne le sera qu'au niveau d'une lecture superficielle et tombera après un simple début d'approfondissement, par lequel le lecteur arrivera à "sa" vision de l'oeuvre, à travers "ses" filtres et sa personnalité.
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