04-12-2004, 21:57
">sont capables de faire la part des choses. Il ne faut pas non plus sous-estimer les autres juste parcequ'ils n'ont pas eu l'occasion de lire le livre avant la sortie des films.<p>dans mon post, il ne s'agissait pas de mépris envers les personnes qui n'ont pas lu le livre..."<p>Hum, désolée Vincent, je me suis sans doute mal exprimée, je ne voulais absolument pas dire que tu méprisais les personnes qui n'ont pas lu le livre, je suis navrée que tu aies interpreté ma phrase ainsi, ce n'était pas mon intention. Ce que je voulais dire c'est que l'on peut s'imaginer que les personnes n'ayant pas lu le livre sont plus vulnérables aux images imposées par le film, mais que personnellement, je ne pense pas que ce soit le cas car j'en ai fait l'expérience à plusieurs reprises concernant d'autres adaptations... je n'essayais qu'en tout début de lecture de faire coincider le film et le livre, mais au fur et à mesure des variantes et des descriptions les visions du film s'effaçaient et je me récréais ma propre vision. <br>Parfois, cependant, si une scène, un dialogue, ou la description physique d'un personnage dans le film me semblait convenir parfaitement à ce qui était décrit dans le livre, je pouvais choisir de la conserver. Désolée, je parle beaucoup de mon cas personnel, cela peut sembler un peu égocentrique, mais je ne connais pas le ressenti des autres personnes. En fait je suis même assez étonnée par le texte cité par Sosryko... Si M.Gracq n'a pas adhéré aux représentations données par le film "le Rouge et le Noir", comment peut-il les substituer à son propre imaginaire, même pour un temps ? C'est une vaste question, et je vais sans doute me faire huée pour ça :-) mais il me semble que c'est notre volonté qui contrôle notre imaginaire, et que l'on peut tout à fait rejetter une vision imposée si on le souhaite. Ou alors peut-être ai-je mal interprété le texte et qu'il fait référence à quelques remontées involontaires et soudaines des images du film... Ce qui au fond est relativement normal, notre cerveau se "rappelant" tout simplement l'espace d'un instant d'avoir déjà vu une scène ou un personnage similaire dans un film.<p><br>"Mais il ne faut pas oublier s'agit d'une utilisation métaphorique du terme, et que les "images" littéraires ne sont pas des "images" au sens pictural/photographique/cinématographique"<p>Certes, mais une image, perçue par nos sens ne se distingue de l'image forgée par notre esprit qu'à l'instant même ou elle est perçue. Une fois la sensation elle-même passée, il ne nous reste finalement qu'un souvenir de cette image. Le souvenir d'une image est aussi, en quelque sorte une image mentale, puisque l'on ne se souvient jamais exactement de ce que l'on a perçu, et notre esprit la recrée. Une image-souvenir et une image forgée par l'imaginaire ne sont finalement pas si éloignées, il me semble. Je ne vois donc pas pourquoi l'une aurait plus de force que l'autre (mais il est possible que je m'égare totalement). <p>Enfin, je souhaitais répondre brièvement à la réflexion d'Errantgris : "Hélas parfois plus on connaît et moins on éprouve."<br>Pas tout à fait d'accord sur ce point : connaître plus renforce aussi le plaisir éprouvé, à l'instar d'un spécialiste des parfums, des vins ou des chocolats, capable de détecter le plus subtil arôme caché, on apprécie mieux par exemple une allusion aux jours anciens et à l'ouest dans le Seigneur de Anneaux lorsque l'on a lu le Silmarillion. Et la compréhension nouvelle de ce qui nous semblait obscur est un véritable emerveillement.<br>La dérive que tu supposes, peut exister je pense, en cas d'"overdose", trop du même texte ou du même auteur peut conduire à l'indigestion, et il faut veiller à s'aérer l'esprit avec d'autres types d'oeuvres, qui peuvent, en outre, permettre d'élargir indirectement notre réflexion sur Tolkien. Il est vrai que sans cela, on peut finalement s'anesthésier complètement et ne plus voir à travers Tolkien qu'une suite d'arguments et de contre-arguments pour des débats... et c'est vrai que c'est dommage. :-)<p><br>Amicalement aussi :-)<br>

