04-12-2004, 22:11
>>errantgris<p>Tes mots engendrent des images terrifiantes... <p>J’ai foi en l’éblouissant talent d’illusionniste de Tolkien. <p>Donc Tolkien est un illusioniste. <p>Je n’avais pourtant pas d’attente « magique » envers P.J. (...)(...) <br>« John Howe est un magicien. Pas un illusionniste qui par une habile manipulation, nous fait miroiter l’inexistant, mais un alchimiste qui s’approprie l’existant pour la transformer. » <br>Je partage cette analyse et je la transpose à P.J. <p>Donc PJ est -- tout comme John Howe -- non pas un "illusioniste" comme Tolkien (car les illusioniste font "miroiter l'inexistant", donc n'offre que du vide)...mais bien un (vrai) "magicien/alchimiste"... <br>C'est bien cela que tu es en train de dire? <p>La première (et seule ?) donnée objectivable, au jour d’aujourd’hui, concernant l’impact des films c’est la ruée vers les livres ! <p>Tu sais bien que c'est incomplet. En ce qui concerne la réalité bien objectivable de la caisse enregistreuse, la ruée a autant lieu (si ce n'est plus) sur les DVD. 11 oscars pour un film, c'est une (dure) réalité qui n'est pas rien... <p>Je n’ai pas d’inquiétude personnellement en ce qui concerne la lutte « choc des photos contre poids des mots ». Et comme je l’avais déjà écrit plus haut je pense que les pourcentages de lecteur abandonnant, se limitant à une lecture ou approfondissant resteront les mêmes. Mais les tentatives seront plus nombreuses. <br>La puissance narrative, la science du merveilleux de Tolkien, ce que son œuvre insuffle en nous reste inchangée. Reste le même impact à susciter le questionnement. <p>Voilà la véritable illusion et magie noire : sous estimer le pouvoir de sugestion d'une image sur celui d'un mot. Ce n'est pas pour rien que l'Oeil est en Mordor et la Voix vient d'Aman. Or la Voix, qui est Gandalf, sait qu'elle ne peut faire le "poids" face à l'Oeil. <p>je reprendrais pour conclure une phrase qui sonnait comme un avertissement dans mon introduction à ce faisceau : Hélas parfois plus on connaît et moins on éprouve. <p>Trop facile. On pourrait répondre que celui qui connaît bien Tolkien ET qui éprouve peu est celui qui ne le connaît pas assez. <br>Mais cela serait encore simple rhétorique. <br>La réalité, c'est que ce qu'on éprouve et ce qu'on a besoin d'éprouver (et que Tolkien appelle le Recouvrement) n'a rien à voir avec la connaissance. <br>Reprenant mes mots en <a href="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum1/HTML/001116.html#ancre">un autre lieu</a>, on ne peut entrer en Faërie qu’à la condition d’accepter d’être émerveillé avant tout, alors même qu’il n’y aura pas réponse à tout (« Maître, qui êtes-vous ? »). <br>Je rajouterais aujourd'hui qu'on peut être totalement émerveillé et n'avoir réponse à rien (ne rien connaître donc; exemple de Sam qui n'a pas la chance de partager les visions de Frodo dans la maison de Tom et qui pourtant, des deux, sera le seul à penser à Tom et à Galadriel dans l'antre de Shelob). <br>

